IIABITATION DE LA SALLE
Cette habitation devait consister en une maison, une grange pour recevoir sa petite récolte et uno étable formant partie de la grange, puisque dans le plan des lieux fait par de Cathalogne, vingt ans plus tard, la maison et la grange sont seules indiquées, {Vieux Lachine, p.73.) Ajoutons que de La Salle récoltait aussi sur sa ferme en roture, sans y avoir de maison. C'est ce que constate la vente qu'il en fità MM. Le Ber et Le Moyne: ‘ Et ‘“ ensemble tous et chacun des bastimens construits sur icelle ‘ pièce de terre, leurs appertenances et dépendances et friches ‘“ pendant par les racines.” Prix 660 livres. Pas de mention d'une maison.
jus 17
L'on peut se faire une idée de ces habitations primitives, lorsque l'on sait que Nicolas Moisan, un des voisins à l'ouest de La Salle, n'avait le 10 août 1670 ‘* qu’une cabane de pin couverte de planches.”
Le ler Mai 1674, il n'y avait sur la terre de Pérusscau, le premier voisin à l’est de Millot, ‘ qu'une cabane qu'a présentement bâtie le dit Pérusseau.”
Le 26 avril 1676, sur la terre de Jean Fournier dit Chevalier, deuxième voisin à l'est, il n'y avait qu’une petite “cabane,” bâtie depuis le 31 décembre 1674. Avant cette dernière date, il y avait un “ hangar de pieux,” (Vente par Chevalier à Pérusseau, 31 décembre 1674.)
Le 7 janvier 1674, Vincent Chamaillard avait sur sa concession du bas de la côte, ‘‘ une cabane de bois de pièces sur pièces ‘ couverte de madriers et écorce et un hangar de pieux.”
Le 5 janvier 1676, Mathurin Thibodeau acheta la terre voisine à l'est de Jean Brillon dit LaBonté ‘et un hangar aussi de “ pieux couvert d'écorce, construit sur la dite concession.” Tous ces actes sont au greffe de Basset.
Le lecteur est-il curieux de connaître l'intérieur de ces loge. ments souvent sans plancher, Qu'il lise la description qu’en fait un procès-verbal du fort Niagara, cité textuellement au tome 5 de Margry, page 4. Parlant de la cabane du commandant, il est dit qu'elle a ‘‘ une bonne cheminée, une porte et deux fené- ‘tres garnies de leurs gonds, pantures et serrures, laquelle ‘‘ cabane est couverte de quarantequatre planches de sapin, ‘ six autres planches ajustées dans le dedans, avec une espèce ‘“ de bois de lit.” Une autre cabane a ‘deux chambres qui ont ‘ chacune leur cheminée lambrissée de planches et chacune une ‘ petite fenêtre et trois bois de lit, couverte de planches de
‘ sapin.”
Il ne faut pas croire que le logement de La Salle n'était qu'une cabane, Il nous dit lui-même dans un contrat du 16 décembre 1668, que c'était une maison. (Faillon t. 3, p. 298.) Le prix payé par Millot, 2800 livres, indique que cette maison et les bâtiments commencés étaient assez spacieux et importants, la terre valant peu de chose, La Salle rétrocède en effet toute sa seigneurie pour 1080 livres, y compris les améliorations, telles que chemins et ponts. Il vend sa ferme en reture pour 660 livres. En
RE vu
1685, cette terre en roture vendue à M, Le Ber et Le Moyne, sur laquelle ils avaient construit, en 1671, une maison et un hangar de pierre couverts de bardeaux (1) ne fut évaluée à l'inventaire de Le Moyne qu'à 2000 livres, la terre ne valant presque rien, ajoute l'inventaire. (Histoire de Longueuil, p. 40, 77.)
La Salle occupa sa seigneurie de 1666 à l'hiver de 1669, Mais quand a-t-il construit son habitation de Saint-Sulpice ? Elle existait à l'automne de 1668 : dans un contrat du 16 décembre 1668, La Salle dit : Fait en notre maison de la côte Saint-Sulpice. (Faillon, t. 3. p. 298.) IT venait de rentrer chez lui après avoir passé deux mois à la ville dans la maison du sieur Claude Robutel de Saint-André, suivant bail devant Basset, à la date du 15 novembre 1668, Son habitation a dû être construite durant l'été ou l'automne de 1666, pour permettre le défrichement que nécessitait une culture de 10 à 12 arpents, en sus de 11 à 12 arpents défrich’s, mais non en culture. Le mémoire de sa famille au Roi, que nous avons cité plus haut, dit formellement qu’il commença le village de Lachine en 1666,