‹ Les anciens forts de Lachine et Cavelier de La Salle [microforme]Chapitre 6 sur 23 · LE SITE DE L' HABITATION DE LA SALLE · texte numérisé non relu

LE SITE DE L' HABITATION DE LA SALLE

Je crois avoir démontré, dans mon Vieux Lachine, que l'établissement de La Salle se trouvait à l'endroit où fut bâtie l’ancienne église, près du pont du Pacifique. Cette preuve résulte de la convention de Millot avec le Séminaire au sujet du moulin à farine ; elle se trouve au livre-terrier et sur la plus ancienne carte de la côte, déposés dans les archives du Séminaire ; elle est écrite dans le mémoire des Sœurs, reproduit plus haut ; elle existe enfin dans l'acte de rétrocession de La Salle au Séminaire et de sa vente à Millot en janvier et février 1669, (Vieux Lachine, pp. 16,21, Margry t. 1, pp. 103, 104, 107.) Hors de doute, la terre de Millot était à l'ancienne église. Le jour même où il l’achetait de La Salle, il en abandonnait ‘ quatre arp. qu'il a cédés en superficie sur la devanture pour la construction de l’église et presbytère et du moulin des seigneurs,” (Vieux Lachine, p. 16.) Le 16 avril 1687, il détachait de son fief 26 perches pour agrandir le jardin de M. Remy, le curé de la paroisse.

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Comme je l'ai déjà observé, de La Salle n'avait pas de titre écrit de sa seigneurie de Saint-Sulpice, mais il en avait la possession, De là, la nécessité de la rétrocession du 9 janvier 1669. Par cette rétrocession, il remit au Séminaire, ‘la seigneurie ‘appelée Saint-Sulpice, située en la dite isle, au dessus du sault ‘ Saint Louis... à la réserve qu'il se fait de sept arpents de terre ‘“ de large sur soixante de profondeur pour son domaine, au lieu ‘6 où il a déjà fait faire quelques défrichements de terre et basti- ‘ ments commençant sur le bord de la Grande Rivière, fleuve # Saint-Laurent.” Prix 1080 livres.

Ce domaine formait, je crois, la borne occidentale de sa seigneurie. En effet, les colons à l’est de ce domaine avaient seuls droit à la commuue.

Le prix de cette rétrocession indique que ies améliorations de La Salle en dehors des limites du domaine réservé étaient de peu de valeur. Le 3 février 1669, La Salle vend ce domaine à Millot pour 2800 livres. Il le décrit comme suit:

‘ La consistance de quatre cent vingt arpens de terre sise en ‘ la dite isle, au-dessus du sault Saint-Louis, commençant sept ‘ arpens de large sur le bord de la grande rivière ou flouve “ Saint Laurent, sur soixante arpens de profondeur, tirant au nord, tenant d’un côté à la concession de Nicolas Moisan dit le ‘“ Parisien, d’autre costé à Pierre Perusseau (les deux voisins “ de la terre de l’ancienne église), sur lesquels lieux il y a ‘ environ dix ou douze arpens en culture défrichés, trois environ “ de bois débité ou amassé, et huit ou neuf arpens parti débitté et ‘ abattu, et ensemble les commencemens de bastiments et autre ‘ généralement les dépendances de la dite terre présentement ‘ vendue..…...le tout en fief noble,” etc., etc.

Nous avons sous les yeux trop de mutations et d'actes de toutes espèces, tant dans les greffes des notaires que dans les délibérations de la fabrique de Lachine, pour pouvoir douter que la terre de Jean Millot ne comprit le domaine réservé de M. de La Salle, et que ce domaine ne formât ce que l’on a appelé pendant près de deux siècles la terre de l'église ou des Mallette, aujourd’hui la propriété des Pères Oblats et de leurs voisins à l’ouest, le Pacifique et les héritiers Mooney. C’est à, près du chemin de fer du Pacifique et du chemin public, que le patriotisme élevera, un de ces beaux jours, un monument au premier habitant Européen de

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Lachine, Son ancien domaine de Lachine vient d’être divisé en lots de ville que l'on a appelés avec raison ‘ La Salle. ” La population de cette ville encore au berceau élevera ce monument.

A l'époque de la vente à Millot, en 1669, il n'y avait ni moulin ou redoute, ni palissade de pieux. Les actes ne font aucune mention de cette palissade, quoique les notaires du temps ne manquassent jamais de la faire. D'ailleurs, de La Salle le déclare lui-même dans les actes ; il n’a que 10 à 12 arpents en culture, quelques arpents abattus ‘et ensemble les commencemens de ‘ bastimens.” Le mot ‘ culture ” veut nécessairement dire qu’elle avait été faite antérieurement, au moins durant la saison de 1668 et peut être celle de 1667. Ces commencements de bâtiments étaient de bois, car s'ils eussent été faits de pierre, le notaire Basset n'aurait pas manqué de donner ce détail selon son habitude. Pour la même raison, ces bâtiments ne formaient pas un fort, dont la nécessité ne s'imposait pas encore, vu la paix qui régnait avec les Iroquois, et en vue du but que de La Salle se proposait, savoir la construction d’un village et d'un fort, ils n'étaient que des commencements de bâtiments. Ils formaient purement et simplement une ‘ habitation,” ainsi que de la Salle les désigne dans le reçu du prix de vente qu'il donna à Millot et qui se trouve au bas de l'acte de vente, (Margry, t. 1, p. 105; Vieux Lachine, p.22.) Dans une relation officielle des entreprises de La Salle, on lit: “Il acheta une habitation dans l'isle de Montréal, à l'endroit appelé la Chine,” (Margry, t. 1, p. 436.)

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