‹ Les anciens forts de Lachine et Cavelier de La Salle [microforme]Chapitre 9 sur 23 · SET · texte numérisé non relu

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‘entend quatre ou cinq langues des sauvages et a beaucoup * de facilité pour apprendre les autres.”

Ses variations de nom et mêmede signature indiquent un esprit changeant, peut-être irréfléchi. Aussi le Séminaire lui refusa-til tout d’abord un titre écrit. Ce n’est seulement lorsqu'il se décide d'aller plus loin, à la découverte de pays nouveaux et pour l'aider à poursuivre ses nouvelles entreprises, que le supérieur lui passe un acte de son habitation. Voici ce que dit d’ailleurs M. de Galinée, dans la relation de leur voyage. Ce fut en ce lieu ‘“ (Québec) que M. de Courcelles le pria (M. Dollier) de vouloir ‘“ s’uni ‘avec M. de La Salle, frère de M, Cavelier, pour faire ‘ ensemble le voyage que M. de La Salle avait prémédité depuis “longtemps.” M. de Galinée exprime la crainte que ‘son ‘‘ humeur, qu’on connaissait assez légère, le pourrait bien porter ‘ à les quitter à la première fantaisie.” (Margry, t, 1, pp. 114, 115.) M. de Galinée ajoute que dès l’automne de 1668, plusieurs Iroquois, venus à Villemarie pour faire la traite,‘ avaient ‘ demeuré fort longtemps chez M. de La Salle et lui avaient ‘ dit tant de merveilles de la rivière de l'Ohio, qu'ils enflam- ‘ mèrent en luy plus que jamais le désir de l'aller voir,” p. 116. M. Dollier, M. de Galinée et de La Salle partirent ensemble de la côte Saint-Sulpide, le 6 juillet 1669. L'expédition se composait de quatre canots d'écorce et quatorze hommes, équipés par de La Salle, trois canots et sept hommes engagés par le Séminaire, et deux canots conduits par les [roquois qui avaient hiverné chez de La Salle et servaient de guides.

L'acte d'engagement de Charles Thouionnier, compagnon de La Salle, reproduit en partie dans Margry, t. 1, p. 106 et dont on voit l'original entier au greffe de Basset, ler juillet 1669, constate que ce voyage était ‘aux nations sauvages etesloignées, ‘ tant du costé nord que du sud," qu'il devait durer jusqu’au 20 octobre 1670 et qu’enfin de La Salle avait l'intention de faire un second voyage ‘‘ aussitôt qu'il serait besoin.” La Salle avait, en effet, entièrement abandonné son établissement de Saint Sulpice et sa ferme en roture, qu'il vendit à MM. LeBer et LeMoyne, le jour même de son dépar. L'engagement de Thoulonnier fut signé à Villemarie ‘en la maison du sieur de La Salle” Il s'était éloigné pour toujours de Saint-Sulpice, peu de temps après la vente à Millot, pour descendre à Québec et faire ses prépara-

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tifs de voyage. A compter de cette époque, on le voit toujours à l’ouest cet au sud où il fit plusieurs voyages qui lui ont valu, à tort ou à raison, (nous ne voulons pas examiner ce sujet de controverse historique.) le tire glorieux de découvreur du Mississipi, et ce n’est qu'en passant qu'il revient à Villemarie, Quelques uns de ses colons de Lachine le suivirent dans ces expéditions lointaines, entr'autres Jean Michel, chirurgien, Olivier Quesnel, (1) armurier, Jean Boursier dit Lavigne, Frs Brunet dit le Bourbonnoiïis, Vivien Magdeiaine dit La Douceur, François Prud homme, Charles Ptolomée et son frère abbé, Jean Cavelier- Ptolomée se noya le 30 avril 167) au Sault Saint-Louis, en présence du sr Jean Beslot, dit le registre de Villemarie, ‘com mis de M. de La Salle”. Inutile de dire que ces expéditions étaient pleines de dangers, faites comme elles l’étaient, dans des canots d’écorce ou autres semblables embarcations, conduits par une poignée d'hommes, à travers de vastes contrées inconnues et peuplées de nombreuses tribus sauvages et guerriè: res, En 1686, M. Henri de Tonty, un de ses anciens compagnons, descendait le Mississipi, avec un parti de 26 voyageurs déterminés, à la recherche de La Salle, dont on n'avait pas de nouvelle depuis au-delà d'un an. Deux habitants de Lachine faisaient partie de cette expédition ; c'étaient Jean Roy et le brave René Cuillerier, propriétaire du fort Cuillerier, (3 Margry, 555.) Enfin le 18 mars 1687, de La Salle fut assassiné par un des siens au golfe du Mexique. Un arrêt du Conseil Supérieur de Québec, du 11 octobre 1688, relate que Jacques Bourdon, Escuyer, sieur d’Autray, avait été un de ses compagnons de voyage pendant 12 à 14 ans, “ à la découverte de la mer du Sud.” Il est évident, à la lecture de l'arrêt, que le sort de La Salle n'était pas encore connu, (Jug. et Dél. vol. 5, p. 249; 1 Margry 594.)

MATHIEU SAGEAN.

Longtemps après la mort de La Salle, en 1700, un aventurier fameux, se disant natif de Lachine, îsle de Montréal, demanda à la Cour de France de continuer ses découvertes. Il donna son nom comme étant Mathieu Sagean, ancien compagnon de La Salle. Le Sueur affirme l'avoir connu en Canada sous le nom

(1) Olivier Quesnel dit Tourblanche est l'ancêtre des Quesnel de Lachine

et de la Pointe-Claire.

an

de Mermande, mais il ajoute, que sa relation que l’on trouve au 6e tome de Margry, page 95 et suivantes, est suffisante ‘ pour le convaincre de fausseté.” Sagean raconte entr'autres choses, qu'après une longue absence avec le sieur de La Salle, il revint à Lachine une quinzaine de jours après le massacre du 5 août 1689 ; qu'il avait eu la douleur d’y apprendre à son arrivée que son père, Jean Sagean, sa mère, trois frères et deux sœurs avaient été massacrés ; qu'il se joignit aussitôt au parti de 400 Français envoyés à la poursuite des Iroquois ; qu'ils les attaquèrent aux Cascades, ‘au bord de la rivière de Cataracouy, du costé de l'est, ‘où ces anthropophages estoient occupés à se régaler du corps “ des François qu’ils avoient massacrés au dit quartier de la ‘ Chine; du nombre desquels estoit un nommé le chevalier ‘ Baudry, qui avait mieux aimé se tuer luy-mesme de son épée ‘“ que de tomber entre leurs mains.” Sagean ajoute qu'un combat sanglant s’en suivit qui dura plus de six heures, après quoi, les Iroquois prirent la fuite et furent poursuivis par ies Français pendant plus de 20 lieues, jusqu'au lac Champlain. Tout ce récit n’est qu'une fiction, Le nom de Sagean ou Mer. mande ne figure pas aux registres de Lachine ou au “ Diction. naire Généalogique ” de Mgr. Tanguay. 11 n’y a pas eu decombat aux Cascades et pas de parti de Français pour poursuivre les Jroquois aux Cascades et jusqu’au lac Champlain.

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