Thucydide, I
LES MVSIENS ^
Les My siens, que Xanthos de Lydie et Ménécrate d'Elée donnaient comnïe orig-inaires de Lydie ~, sont, d'après les Grecs, d'origine thrace. Ils habitaient jadis avec les Gètes et les Triballes, sur les deux rives de l'Istros, en Mésie, à la suite de la peuplade celtique des Scordisques*^. Quelques-uns étaient voisins des Macédoniens '*.
Au contraire de Strabon, Hérodote regardait les Mysiens d'Europe comme originaires d'Asie. Avec les Teucres, ils auraient passé le Bosphore, soumis les Thraces, et descendu vers la mer Ionienne jusqu'au fleuve Pénée '.
Il est plus probable que les Mysiens d'Asie Mineure, établis entre la Lydie, la Phrygie et la Troade, étaient issus des Mysiens ou Mésiens de Thrace. Lorsque Zeus, dans Y Iliade^ détourne ses yeux de Troie pour regarder, à l'opposite, « la terre qui nourrit les Thraces dompteurs de chevaux, les Mysiens qui combattent de près et les illustres 'I-Tr-/;;j.oAYc^ qui se nourrissent de lait, pauvres, mais les plus justes des hommes ^ », c'est évidemment de la Thrace et de la Scythie d'Europe qu'il s'agit.
Poseidônios représentait les Mysiens d'Europe comme un peuple tranquille et pieux, qui, par dévotion, ne mangeait d'aucun être vivant, et ne se nourrissait que de miel, de lait et de fromage '.
Les Mysiens semblent identiques aux Masa qui lurent,
1. Krelschmer, Einleitung in die Geschichte (1er r/riechischen Sprache, p. 390.
2. Strabon (XII, 8, 3) rapporte l'étymologie d'après laquelle le nom des Mysiens (Mj^o;) viendrait du mot lydien u.jao; « hêtre ».