Ammien Marcellin, XV
entoure tout, cju'ils étaient partis pour envahir l'Italie ' ; les Celtes, ces barbares venus de l'Océan, habitaient aux extrémités de l'Europe, près d'une vaste mer, dont les navires ne peuvent atteindre les limites ; elle présente un reflux, des brisants et des monstres qui ne ressemblent en rien à ceux qu'on voit dans les autres mers -. Les Celtes avaient quitté leur pays parce que les gyerres se multipliaient et ({ue les flots bouillonnants de la mer les chassaient de leurs demeures •*.
L'imprécision de cette description, qui peut s'appliquer aux Iles Britanniques, à l'Océan Atlantique et à la mer du Nord, aux côtes du sud de FArmorique, des Pays-Bas et du Slesvig-, laisse le champ libre aux hypothèses.
L'opinion commune aux Anciens et aux Modernes, qui fait des Celtes les premiers habitants de la Gaule^ se heurte à diverses objections. L'établissement des Ligures dans une grande partie de la Gaule et peut-être jusque sur les côtes de la mer du Nord, établissement antérieur aux Celtes, semble suffisamment établi par les textes. Les invasions celtiques au sud-est de l'Europe s'expliquent mieux si le point de départ est un pays moins fertile que la Gaule, et si les envahisseurs, partis de l'ouest, n'ont pas eu à traverser les forêts de la Germanie. C'est au delà du Rhin que les Modernes ont cherché le pays le plus anciennement habité par les Celtes. Des noms de lieux et de peuples, incontestablement celtiques, conservent d ailleurs le souvenir de fondations durables des Celtes au centre de l'Europe. Les noms de lieux sont, les uns en -dunurn et désignent des enceintes fortifiées, comme Carro-dunum