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ÉPOQUE NÉOLITHIQUE

Basse (Dordogne). Le premier a le crâne petit, le front surbaissé, les arcades sourcilières très saillantes, les pommettes peu accusées, le nez large et court, le menton sans saillie ; le second : le crâne grand, le front très haut et bombé, les arcades sourcilières peu développées, les pommettes très accusées, le nez saillant et mince, le menton proéminent et étroit. Les fouilles des grottes de Grimaldi, près de Menton, ont fait connaître un type nouveau, de caractère négroïde et de taille ini peu supérieure à la moyenne.

Les morts étaient enterrés, allongés ou repliés, près des vivants ; souvent, sous les cendres des foyers ; auprès d'eux, on déposait quelques objets familiers de pierre et d'os.

L'époque néolithique, ou âge de la pierre polie, est attestée par des trouvailles dans toute l'Europe, sauf la Grèce et la Russie du Nord et de l'Est '. Elle est marquée par l'introduction, à côté des anciens instruments de silex taillé, d'outils nouveaux façonnés par le polissage. L'art magdalénien disparaît, mais la céramique est créée. Au climat froid et sec de l'époque magdalénienne avait succédé un climat tempéré. L'homme sort des cavernes; les huttes se groupent dans les vallées des grands cours d'eau ou sur les collines. De chasseur qu'il était, l'homme devient pasteur et agriculteur. Le culte des morts se manifeste par la construction d'imposants monuments funéraires.

De grandes voies commerciales s'ouvrent.

Les outils ou armes en pierre polie sont la hache et ses dérivés ; quelques-uns sont percés d'un trou d'emmanchement. Les couteaux, les grattoirs et les pointes de flèche ou de lance étaient simplement taillés. Des massues et

1. Sur cette civilisation, outre les ouvrages cités plus haut, p. 32, voir : Hoernes, Urgeschichte des Menschen, Vienne, 1892. Sur la Grèce et les îles grecques, voir : Perrot, Histoire de l'art dans l'antiquité, VI, 1894, p. 114-130. A. Dumont, Revue archéologique, XV (1867), p. 356-359 ; cf. XVI (1867), p. 141-147. F. Lenormant, Revue archéologique, XIV (1866), p. 423-432; XV (1867), p. 16-19, 145-148.

d'autres objets en bois nous ont été exceptionnellement conservés. Parmi les objets en os, il faut signaler des aiguilles et des poinçons.

Les poteries' qui sont conservées entières, surtout dans les sépultures, sont de types et de formes très variés ; les unes sont ornées simplement d'empreintes de cordelettes ; d'autres, de bandes disposées en chevrons, en ondulations, en spirales; d'autres se disting-uent à la fois par leur forme de calice et leur décor en zones horizontales couvrant toute la surface du vase. Il est possible que ces dernières soient d'origine orientale.

On a relevé quelques fondations d'habitations de l'époque néolithique, le plus souvent circulaires, d'un diamètre de l^SO à 2 mètres, et dont l'aire est creusée au-dessous du sol. C'étaient, sans doute, des huttes en clayonnages revêtus dargile. On les trouve souvent groupées en villages. Certaines, qui présentent en abondance des nucleus, des percuteurs et des éclats, servaient sans doute d'ateliers pour la taille du silex ou le polissage des instruments de pierre.

Dans les pays où l'on trouve des lacs et des étangs, les villages étaient établis sur pilotis : on les appelle palafittes ou cités lacustres '-. Des passerelles les reliaient à la rive. Des pirogues creusées dans un demi-tronc d'arbre ^ servaient à la pêche. Ce sont surtout les découvertes faites dans le limon où étaient plantés les pilotis qui nous ont renseignés sur les hommes de l'époque néolithique. Ceuxci avaient domestiqué le chien, le cochon, le cheval, la chèvre, le mouton et le bœuf. Leur principal gibier était le

1. Voir P. du Chatellier, La poterie aux époques préhistorique et gauloise en Armorique, 1897.

2. Oa trouvera une bibliographie des palaQttes chez R. Munro, The Lake-dwellings of Europe, Londres, 1890. Voir ci-dessus, p. 31.

3. A l'époque classique, des pirogues de ce genre sont signalées chez les Germains (Pline, XVI, 203. Velleius Paterculus, II, 107) et chez les Istres du Danube i^Arrien, Anabase, I, 3, 6).

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