Hérodote, III
mort de leur fi-ère, et dont les larmes se durcirent en perles d'ambre K Mais l'ambre était recueilli près d'une île appelée Basilée et située en face de la Scythie et au-dessus de la Gaule ~, ou près de l'île d'Abalos, près du pays des Gutons ^. Il ne peut s'agir que des deux principaux gisements d'ambre connus : celui de la Frise, et celui du Samland, sur la Baltique '*. La confusion avec l'embouchure du Pô '^ s'explique par l'identité de nom des deux Eridans, dont l'un coulait chez les Vénètes de l'Adriatique et l'autre non loin des Vénètes de Germanie, et par la localisation chez les Ligures de la légende de l'ambre.
Cycnos, roi des Ligures, est en effet parent de Phaéton ^. Mais, anciennement, les Ligures occupaient les côtes de la mer du Nord d'où ils furent chassés par les Celtes ', et, en conséquence, nous trouvons plus tard la légende des sœurs de Phaéton située chez les Celtes ^.
L'archéologie rend d'ailleurs compte de cette confusion. C'est surtout en Ligurie et en Vénétie que l'ambre est le plus répandu à l'âge du bronze ; on ne le trouve guère alors dans l'ouest de la France ; il est fréquent dans les villages lacustres de Suisse, d'Italie et de Savoie ^. On conçoit qu'on l'ait cru originaire du pays où on le trouvait en abondance. Dès l'époque néolithique, on trouve l'ambre en Danemark, en Suède et dans la Grande-Bretagne, c'est-à-
1. Hygin, 154. Euripide, Hippolyle, 735-741. Diodore, V, 23, 3-4. Lucien, De V ambre ou des cygnes.