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PEUPLES ÉGÉENS

terranée, et dont les stations les plus célèbres sont Hissarlik en Asie Mineure, Mycènes en Argolide, Cnosse et Phaistos en Crète, les Cvclades et l'île de Chypre, et qui fut florissante de l'an 3000 à Tan 1200 environ avant notre ère, autant qu'on en peut fixer les dates par le synchronisme des trouvailles d'objets ég-yptiens avec des objets égéens. Cette civilisation étendit son influence immédiate en Sicile, en Grande Grèce et peut-être jusque dans la péninsule ibérique '. C'est, sans doute, pour imiter ses modèles que se créèrent dans divers pays des industries du bronze, ayant chacune leur caractère distinct.

Les peuples ég-éens connaissaient l'écriture ; ils ont employé d'abord un alphabet hiéroglyphique connu surtout par le disque de Phaistos -, puis un alphabet linéaire '^ qui était sans doute syllabique. Quant à leur langue, elle est encore inconnue; il est possible qu'elle ait laissé des traces en grec et en latin dans des noms empruntés de plantes ou de métaux '*. On a systématiquement relevé les mots conservés à la fois par le grec, le latin et les langues sémitiques occidentales ; on peut signaler, parmi eux, les mots en -v6:; comme hx'^ùzv/fizç, àîiiJLivOcç, et les mots à a

Lagrange, La Crète ancienne, 1908. Voir les comptes rendus de S. Reinach, dans L' Anthropologie et la Revue archéologique, de 1901 à 1904. Schliemann, Ilios, trad. Egger, 1885. Mycènes, trad. J. Girardin, 1879. G. Perrot, Histoire de Vart, VI, 1894. Doerpfeld, Troja und Ilion, Athènes, 1902. Les travaux de A. Evans, l'explorateur de Cnosse, sont dispersés dans The annual of the British school ai Athens et dans le Journal of Hellenic studies. Mosso, The palaces of Crète and their bilders, Londres, 1907.

1. P. Paris, Essai sur l'art et l'industrie de V Espagne primitive,

2. A. J. Reinach, Revue archéologique, XV (1910), p. 1-65. Arthur J. Evans, Scripta Minoa. R. Weill, Revue archéologique, 111 (1904), p. 52-73.

3. Cuny, Revue des études anciennes, XVI (1914), p. 393-398. R. Weill, Revue archéologique, I (1903), p. 213-232.

4. A. Meillet, Mémoires de la Société de linguistique de Paris, XV (1908), p. 161-164.

initial ou intervocalique '. Ces mots peuvent être d'origine égéenne. Des langues égéennes ont été transcrites en caractères grecs, par exemple à Praisos en Crète, et dans l'île de Chypre.

Parmi les fresques, les peintures de vases, les statuettes et les sceaux qui appartiennent à la civilisation égéenne, sans doute un bon nombre ont une signification religieuse. Mais, en l'absence de tout texte qui les éclaire, on ne peut faire que des conjectures sur la déesse aux serpents, la déesse aux lions, la déesse aux colombes et sur le culte des piliers sacrés, des arbres et des armes"-.

La légende grecque a personnifié une partie de l'art de cette époque en quelques personnages fameux. L'Athénien Dédale, le premier, avait fait des statues en bois ayant les yeux ouverts, les jambes écartées, les mains étendues, tandis que, avant lui, les sculpteurs représentaient leurs statues les yeux fermés et les bras pendants et collés aux cotés. Le chœur de danse qu'il avait fait à Cnosse pour Ariane avait, dit-on, servi de modèle à Héphaistos pour le bouclier d'Achille 3. Exilé d'Athènes pour avoir tué son disciple Talos, qui avait inventé la scie et le tour, Dédale se réfugia dans l'île de Crète, où il construisit le Labyrinthe. Redoutant la colère de Minos, parce qu'il avait aidé Pasiphaé à satisfaire sa passion, il s'enfuit de Crète avec son fils Icare, sur un vaisseau, d'après une tradition, à l'aide d'ailes artificielles, selon une autre. Arrivé en Sicile, chez les Sicanes, il y construisit une piscine près de Mégaris, une ville fortifiée à Camicos ; sur le territoire de Séli-

1. Cuny, Revue des études anciennes, XII (1910), p. 154-164. Cf. Meillet, Aperçu d'une histoire de la langue grecque, p. 61-65. G. Meyer, Beitrâge zur Kunde der indogermanischen Sprachen, X (1886), p. 173. Kretschmer, Einleitung in die Geschichte der griechischen Sprache, Gœttingue, 1896, p. 289.

2. D. G. Hogarth, chez Hastings, Encyclopacdia of religion and ethics, I, p. 141-148.

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