Strabon, H
7. S. Reinach, L'origine des Aryens, 1892; Le mirage oriental, 1894 [Chroniques d'Orient, II, p. o09-566 ; L'Anthropologie, 1893, p. 539, 699). ï. Taylor, L'origine des Aryens, trad. par Varigny, 1893. E. de Michelis, L'origine degli Indo-Europei, Turin, 1903.
Si, d'autre part, Ion s'en rapporte aux indices que fournissent les noms d'arbres, on constate que le bouleau, qui se plaît dans les pays froids et humides, ne se rencontre ni dans les plaines de l'Inde et de l'Iran, ni en Grèce, ni en Italie. Les Indo-Européens, qui avaient un mot pour désigner le bouleau, habitaient donc un pays où poussait cet arbre, vers le nord de l'Europe peut-être, non loin de la Baltique '.
La date de la séparation des Indo-Européens est aussi difficile à établir ; comme les invasions des époques historiques, elle a dû se faire peu à peu, les tribus se décidant à quitter leur ancien pays, soit par esprit de conquête, ou à cause de la surabondance de leur population, et appelant ensuite dans leur nouveau pays leurs anciens compatriotes. Cette séparation serait antérieure à 1 âge du fer (pour lequel il n'y a pas de nom commun aux diverses langues indoeuropéennes), et postérieure à l'époque du bronze (dont le nom existe en sanskrit ayah, en zend ayô, en gotique aiz, en vieux-haut-allemand ër, en latin ae.s). M. A. Meillet ne croit pas dépasser la vraisemblance en proposant pour date le cours du troisième millénaire avant notre ère ~.
Quelque hypothétique et vague que soit cette date, nous n'avons pas d'autre méthode pour la déterminer que la linguistique comparative. Les plus anciens textes datés d'une langue indo-européenne sont les inscriptions, en langue perse, de Darius (522-486). 11 est impossible de déterminer combien il a fallu de temps pour effectuer les changements qui caractérisent le perse de la fin du vi*^ siècle au regard de l'indo-européen commun, La rapidité de l'évolution d'une langue dépend de circonstances diverses, géographiques et politiques, que, pour ces périodes anciennes, nous ignorons.
1. Meillet, Aperçu d'une histoire de la langue grecque, p. 11-12. H. Hirt, Indogermanische Forschungen, I (1892), p. 464-485.
2. Meillet, ibid., p. 13. M. Much, Die Kupferzeit in Europa und ihr Vorhiillniss zur Kullur der Indogermanen, 2'" éd., léna, 1893.