‹ Les anciens peuples de l'EuropeChapitre 53 sur 303 · Ripley, The races of Europe, p · texte numérisé non relu

Ripley, The races of Europe, p

2. G. Lagneau, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre, à l'article France, 1879, a étudié les textes et les documents anthropologiques relatifs aux anciens habitants de la Gaule.

direclement qu'à des époques très différentes les unes des autres :

L'indo-iranien de l'Inde est la langue des textes védiques dont quelc[ues-uns peuvent remonter à une haute antiquité. Mais le plus ancien texte sanskrit daté est du milieu du m® siècle avant J.-C.

L'indo-iranien de l'Iran est la langue de TAvesta, dont on ignore la date; les plus anciens textes datés sont les inscriptions perses du roi Darius (o22-i86).

Les poèmes homériques, qui donnent le plus ancien exemple d'une langue littéraire grecque, remontent au moins au viii" siècle. Mais les plus anciennes inscriptions grecques datent du vu'' siècle avant J.-C.

Le latin n'est guère connu avant la seconde moitié du Tii^ siècle avant J.-C.

Toutes les autres langues indo-européennes ne nous sont attestées qu'après lère chrétienne. Des langues celtiques : le gaélique est représenté depuis le vii*^ siècle; le brittonique, dès le vui'^ ; des langues germaniques : le gotique dès le iv" siècle ; le germanique septentrional dès le m® siècle ; le germanique occidental, à partir du ix*^ siècle. Les langues baltiques sont connues seulement à partir du xv'' siècle, et le slave dès le ix** siècle ; l'albanais à dater du xvii*' siècle et l'arménien dès le \^ siècle.

Néanmoins, la connaissance des dialectes que parlaient les Indo-Européens après la période de l'unité, permet aussi d'entrevoir, par la parenté plus proche de certains dialectes, que certains peuples sont restés plus longtemps en contact plus étroit. Un groupe oriental est constitué par l'indo-iranien, le slave, le baltique, l'arménien et l'albanais. Un groupe occidental comprend le germanique, le celtique et l'italique. Le grec occupe une situation intermédiaire entre les deux groupes, près de l'italique d'une part et de l'iranien de l'autre. Plus anciennement que l'unité italique, qui englobe le latin et l'osco-ombrien,

PARENTÉ DES LANGUES 7i

il y a eu une unité italo-celtique '. L'unité indo-iranienne est bien attestée; l'unité balto-sUive est possible.

Si l'on essaie de préciser ces notions historiques et de retrouver les anciens noms des peuples indo-européens, on se heurte à quelques difticultés qui proviennent, pour la plupart, de notre ignorance des langues que parlaient les anciens peuples de l'Europe. Les Grecs et les Latins ne s'intéressaient guère aux langues des barbares, et les inscriptions en langues inconnues, que l'on a découvertes, ne nous donnent aucun renseignement historique. Certaines langues indo-européennes ont disparu ; on peut espérer en trouver de nouvelles ; mais, comme le « tokharien » -, découvert en 1893, elles seront sans doute anonymes. Lorsqu'il s'agit de l'indo-iranien, du grec, du latin, du celtique, du germanique, de l'arménien, on ne peut douter que ces langues ne soient celles des Indiens, des Perses, des Hellènes, des Latins, des Gaulois, des Germains, des Arméniens de l'Antiquité. On a pensé que l'albanais est la forme moderne de la langue des lUyriens 3, mais quels étaient, dans l'Antiquité, les noms des peuples qui parlaient le baltique et le slave ? Pour des raisons géographiques, K. Miillenhoff pense que Aestii est le nom général des Prussiens, Lithuaniens et Lettes, dont Tacite dit qu'ils se rapprochent des Suèves par les mœurs et les coutumes, des Bretons par la langue *. Quant aux Venedi, que Tacite ne sait s'il doit rattacher aux Germains ou aux Sarmates, MûUenhoff les croit slaves ^. Les Thraces et les Scythes

1. A. Meillet, Les dialectes indo-européens, p. 24-48, 130-130.

2. Sur les langues indo-européennes récemment trouvées en Asie centrale, voir A. Meillet, Revue du mois, XIV (1912), p. 135-152.

3. Benlœw, La Grèce avant les Grecs, p. 43, suppose que l'albanais est le reste des langues parlées par les habitants primitifs de la Grèce, mais ne peut étayer sa thèse que par l'étymologie des noms de lieu .

4. Germanie, 45. K. yiùUenhoiï, Deutsche Altertumskunde, ]l,p.ii''ii.

5. Germanie, i6.K.}ilùl\enhofî, Deutsche Allertumskunde, II, p. 34-39.

semblent être, d'après leurs noms propres, des Indo-Européens ; nous ig-norons leur langue. Les Scythes et les Sarmates ne sont pas les ancêtres des Slaves K

Les noms des tribus indo-européennes ne nous sont connus qu'à des dates singulièrement rapprochées de nous, si l'on met à part les peuples de la mer des documents égyptiens du xiii" siècle. Le nom des Hellènes paraît, pour la première fois, dans le Catalogue des vaisseaux de VIliade, sans doute vers le viii® siècle ; le nom des Ombriens, les plus anciennement connus des Italiotes, aurait, il est vrai, apparu dès le xiii^ siècle ; mais le nom de Celtes n'est mentionné, pour la première fois, qu'au milieu du v" siècle - et celui des Germains, au plus tôt en 73 av. J.-C. "^; le nom de Slaves n'apparaît qu'au v® siècle après notre ère ^.

Les langues indo-européennes ne sont pas les seules que parlaient les anciens peuples de l'Europe. Certaines langues pouvaient appartenir à un groupe intermédiaire entre les langues sémitiques et les langues indo-européennes ; d'autres à des groupes encore inconnus. L'étude de ces langues est encore trop peu avancée pour qu'on puisse déterminer les parentés qui les unissent. A peine peut-on entrevoir que l'ibère était peut-être apparenté au basque, que le lydien était peut-être parent du lycien. Mais on ne sait à quoi rattacher l'étrusque, et les langues de la civilisation égéenne n'ont même pas encore été déchiffrées.

Beaucoup de langues ont pu disparaître depuis l'an 2000 avant notre ère, qui ont laissé des traces dans le vocabulaire et la syntaxe des langues indo-européennes, par exemple dans les langues celtiques. Mais, de ces substrata

Page 1