‹ Les anciens peuples de l'EuropeChapitre 57 sur 303 · Callimaque, chez Strabon, I · texte numérisé non relu

Callimaque, chez Strabon, I

peuples les plus puissants de la péninsule semblent avoir été les Atlantes et les Tartesses. Le héros éponyme des Atlantes, Atlas, est fils d'Uranos et frère de Cronos. Cronos régna sur la Libye, la Sicile et l'Italie ; Atlas, époux d'Hespéris, régna sur l'Hespérie et le pays des Ilyperboréens. Les Atlantes étaient de haute taille; ils étaient renommés pour leur piété ; ils croyaient que leur pays était le berceau des dieux. Ils avaient des villes et des temples; leurs champs étaient fertiles. Uranos les avait tirés de l'état sauvage; il leur avait appris l'usage des fruits et la manière de les conserver, ainsi que la division de l'année en saisons et en mois. L'empire d'Uranos s'étendait sur presque toute la terre, principalement du côté de l'Occident et du Nord ^

L'histoire des Atlantes est tellement liée à la légende de l'Atlantide, que des savants ont pu renverser l'ordre des rapports qui unissent la réalité et la fable et chercher dans la fabuleuse Atlantide le pays d'origine des Ibères. D'après Platon, l'Atlantide était située en face des colonnes d'Hercule. Elle était plus grande que la Libye et l'Asie réunies ; son sol était d'une richesse inouïe ; on y trouvait tous les métaux, tous les matériaux nécessaires aux arts ; des fruits, des légumes, des parfums de toute sorte ; de nombreux animaux sauvages et apprivoisés y trouvaient largement leur pâture. Cette ile merveilleuse avait été donnée à Poséidon, dont Atlas était le fils. Les rois, descendants de Poséidon, étendirent leur domination jusqu'à l'Egypte et la Tyrrhénie, neuf mille ans avant Platon, qui cite comme sources Solon et les prêtres égyptiens. La puissante armée des Atlantes fut arrêtée par les Athéniens. Mais, dans les temps qui suivirent, à la suite d'inondations et de tremblements de terre, l'île Atlantide disparut sous la mer "-. D'après Théopompe, les conquérants,

1. Diodore, III, 53 ; 56 ; 60. ApoUodore, Bibliothèque, II, 5, 11.

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