E. Philipon, Les Ibères, p
IBERES 7 t
Les Ibères d'Asie habitent dans la vallée du Gyrnos i, qui a pour affluent YIber\ les Ibères d'Europe ont peuplé la vallée de Ylber ou Ebre. Le nom du Cyrnos est identique au nom primitif de la Corse, qui comptait encore au premier siècle de notre ère des Ibères parmi ses habitants. A Cessa, ville située au pied du Caucase, on peut comparer le nom des Cesse f es de Tarraconaise ; Affirma, ville de l'Ibérie asiatique, ressemble singulièrement à Aginnum, Agen. On trouve des Bébryces à la fois sur les deux versants des Pyrénées orientales et en Colchide.
On peut donc admettre, sans faire preuve de trop de hardiesse, la parenté des Ibères d'Europe avec les Ibères d'Asie. Une partie de ceux-ci aurait émigré des bords de la mer Noire à l'extrémité occidentale de la Méditerranée, à l'exemple de leurs voisms les Colchidiens qui allèrent fonder, en Crète, une ville, que, du nom de leur capitale asiatique Cyta, ils appelèrent Cytaion, et, en Illyrie, une ville de Pola 2.
Les établissements des Ibères en Italie, en Sicile, en Sardaigne, en Corse, en Languedoc marquent-ils leurs étapes successives avant d'arriver en Espagne, ou, au contraire, le développement vers l'est de leur puissance, dont le centre était la péninsule hispanique ? Il est difflcile de le démêler parmi la chronologie confuse des Anciens. Quant à l'origine des Ibères, si l'on n'admet pas qu'ils soient autochthones, ni qu'ils soient venus d'Asie, on a le choix entre deux hj'pothèses : ou ils seraient venus en Espagne par le sud et seraient d'origine libyenne ; ou, établis au nord-ouest de l'Europe, ils auraient été refoulés par les Indo-Européens au sud des Pyrénées. La première hypothèse est plus vraisemblable.
Avant que les Ibères ne fussent connus des Grecs, les