DOCUMENTS EGYPTIENS J
avec neuf vaisseaux, il aborda en Eg-ypte, et que ses compagnons ravagèrent les champs, tuèrent les hommes et emmenèrent les femmes et les enfants K Les Loukaou, Loukou, sont regardés comme identiques aux Lyciens. Les Masa, Maosou, sont les Mysiens ou Moesiens. Les Ouashasha que l'on ne rapproche plus guère des Osques ni des Ossètes, peuvent être les habitants de Ouassos en Carie ou de Oaxos en Crète. Les Poulousati semblent être les Philistins, plutôt que les Pélasges. Les Zakkala (Zakkarou) sont les Teucres (Tsj/.pc'-) ou les habitants de la ville Cretoise de Zakro, ou encore les Sicules. Les Iliouna sont les habitants d'Ilion (Troie) ou les Iliens de Sardaigne. Les Shardina ou Shardana sont les habitants de Sardes (Asie Mineure) ou de la Sardaigne. Les Toursha sont les Tyrsènes (Tyrrhènes) ou les habitants de Tarse en Asie Mineure. Les Shakalousha sont les habitants de Sagalassos, en Pisidie, ou les Sicules '-.
Des tableaux de Médinet-Habou représentent les chefs vaincus par Ramsès 111 ; ceux-ci se ressemblent tous et n'ont ni le type égyptien ni le type sémitique. Les chefs portent de longs cheveux noirs bouclés •^.
Si les identifications que l'on a proposées pour les noms doivent se résoudre en faveur des Achéens, des Danaens, des Sardes, des Tyrrhènes et des Sicules, les textes égyptiens sont de première importance pour déterminer les dates des- établissements des Européens.
1. Odyssée, XIV, 248-265. C. Paparrigopoulos, Bulletin de correspondance hellénique, V '1881), p. 241-230.
2. E. de Roug-é, Revue archéologique, IV (1861), p. 201, 220 ; XVI (1867), p. 35-43, 81-103. Maspero, Histoire ancienne, II, p. 339-360, 389-390, 432, 481-463. A. J. Reinach, Revue archéologique, XV (1910), p. 1-63. A. EvaQs, Scripta Minoa, Oxford, 1909. R. Dussaud, Les civilisations préhelléniques dam le bassin de la m?r Egée, 2* éd., 1914, p. 432-433. On a rapproché aussi les Loukaou des Ligyens ou Ligures, et les Shardana des Khartanoi de Libye.
3. Maspero, Histoire ancienne, II, p. 481, fig-. R. Dussaud, /. c, p. 285-287. Pour les Shardana de la garde de Ramsès II, voir Maspero, ibid., II, p. 391, fig.
Les renseignements fournis par les Grecs sont relativement considérables. Sans compter ceux que Ton peut recueillir chez les poètes comme Homère, Hésiode, Eschyle, ApoUonios de Rhodes, et chez les philosophes comme Platon et Aristote, qui ne les donnent qu'incidemment, et sans leur attribuer toujours une portée historique, la masse des connaissances transmises par les historiens et géographes proprement dits ne laisse pas d'être imposante. Il est vrai qu'à l'exception d'Hérodote qui nous fait connaître la Grèce, l'Asie Mineure et la Scythie, de Thucydide qui trace en quelques lignes l'ancienne histoire de la Sicile, de Polybe qui nous renseigne sur les guerres des Gaulois et des Carthaginois, de Diodore de Sicile qui semble s'être particulièrement attaché à l'histoire des îles, de Denys d'Halicarnasse qui commence ses Antiquités romaines par l'étude des premiers habitants de l'Italie, et de Strabon qui nous offre un traité complet de géographie historique ', la plupart de ces historiens et de ces géographes ne nous sont pas connus directement. Ce n'est pas, semble-t-il, toujours regrettable. Leur valeur était diverse et souvent médiocre. Nous risquerions, si nous avions conservé leurs œuvres en entier, de prendre à la lettre et sans pouvoir les contrôler, leurs informations défectueuses. Ils ont été, heureusement à mon sens, passés au crible de la critique historique par les hommes dé talent dont les écrits nous ont été conservés, et qui n'ont retenu des dits de leurs devanciers que ce qui leur paraissait le moins contestable. Si ceux-ci se sont parfois trompés , si des hommes , comme Strabon par exemple, ont été trop sévères pour Pythéas, ce n'a été que par un excès de sens critique, qualité trop rare dans l'Antiquité pour qu'on puisse en faire un grave reproche aux écrivains qui l'ont quelquefois exagérée.
i. Sur Strabon, voir Marcel Dubois, Examen de la (géographie de Strabon, 1891, et B. Auerbacb, Quid sibi voluerit Strabo, rerum geographicarum libros componendo, Nancy, 1887.