‹ Les anciens peuples de l'EuropeChapitre 65 sur 303 · Strabon, III · texte numérisé non relu

Strabon, III

D. On trouvera les inscriptions chez Hiibner, Monuinenta linguae ibericae, Berlin, 1893. Sur les mots ibères en espagnol, cf. Windisch, Berichte ûber die Verhandlungen der kuniglich slichsischen Gesellschaft der Wissenschaften, 1897, p. 101-126.

pourrait apparenter Tibère. La théorie la plus en faveur le rattache au basque ^ ; le nom de ville Ili-horris peut s'expliquer par le basque iri-herri « ville neuve »> ; Bi-(jerra (( pays de Big-orre » serait le basque ibai-gorri « fleuve rouge » ; fforri se trouverait aussi dans le nom de ville Cala-giirris ; le mont Oros-peda correspondrait au basque oros-pide « chemin des veaux », et le mont Idii-beda au basque idi-bide « chemin des bœufs ». Mais on ne saurait trop se défier de l'étvmolog-ie des noms propres. En tout cas, les théories qui rattachent Tibère à Tindo-européen -, aux lang-ues africaines 3, aux lang-ues américaines ^, sont loin d'entraîner la conviction.

Les alphabets ibériques sont assez différents les uns des autres ^. On en disting-ue deux types principaux : Tun dit celtibérien ; l'autre, turdétan. Le b ei \e g y sont rares ; ils écrivent P{i)lp[i)lis pour Bilbilis, Seq[o)prices pour Segobrices ; ils remplacent d tantôt par t, tantôt par ih ; certaines lettres semblent d'orig-ine phénicienne ; d'autres, d'origine g'recque.

L'archéologie nous apprend peu de chose sur les anciens Ibères. Jusqu'à Tâge du fer, on ne peut que remarquer quelques analogies entre la civilisation de l'Espagne et celle de la Gaule occidentale, et c'est sans doute d'Ibérie qu'a été apportée aux côtes de l'Atlantique la connaissance de Tor, du cuivre et du bronze. A quel peuple faut-il en

1. W. von llumboldt, Prûfung der Untersuchungen ùber die Urbewohner Ilispaniens verinitlelst der Vaskischen Sprache, Berlin, 1821 ; trad. en français par A. Mariast, 1806. Cf. J. Vinson, Mélanges de linguistique et d'anthropologie, 1880, p. 209 et suiv.

2. E. Philipon, Mélanges H. dWrhois de Jubainville, p. 237-269; réfuté par Schuchardt, Sitzungsberichle der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften in Wien, CLVII, 1907.

3. G, von Gabelentz, Die Verwandischaft des Baskischen mit deni Berbersprachen, Brunswick, 1894.

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