‹ Les anciens plans de Paris: notices historiques et topographiquesChapitre 4 sur 22 · CITE · texte numérisé non relu

CITE

Jardin du Roy (le).

Nostre Da[me].

Ostel Dieu (Y).

Palays du Roy (le).

Petit pont (le).

Pont au Change (le).

Pont au Muniers (le).

Augustins (les).

Collège de Carnbray.

Collège de Navarre.

Cordeliers (les).

Ostel de Nelle (1')- Place Maubert (la).

Porte Bordelle.

Porte S. Germain.

Porte S. laques.

Bastille (la).

Célestins (les).

Chastelet (le).

Louvre (le chasteau du).

Ostel de Bret[agne] (P) Ostel de la Royne (P)3.

Ostel de la Ville (P).

Pillory (le) *.

Place de Grève (la).

Pont Nostre-Dame (le).

Pont S. Michel (le).

Sainne (rivière de).

S. Denis de la Chartre.

S. Je [an] le ront.

S. Chappelle (la).

RIVE GAUCHE

Porte S. Michel. Porte S. Victor.

S. Andrieu des Arts.

S. laques (la grant rue).

S. Geneviefve.

Sorbonne (la).

Tavenelle (la) '.

Tour de Nelle (la).

RIVE DROITE

Porte (faulce) s.

Porte Montmarte B.

Porte S. Anthoi[ne] (la).

Porte S. Denis.

Porte S. Honoré.

Porte S. Martin.

Porte du Temple.

S. Anthoine(la grant rue).

S. Denis (la grant rue).

1 La porte de la Tournelle.

2 L'hôtel de Bretagne , ancien hôtel du Petit Muche (Guillebert de Metz), à l'angle de la rue Saint-Antoine et de la rue du Petit-Musc, alors rue des Célestins.

3 Dépendance de l'ancien hôtel Saint- Pol, sur les ruines duquel furent percées,

vers 1550, les rues des Lions, de la Cerisaie et Beautreillis.

4 Aux Halles.

5 La porte Saint-Martin, située à la hauteur de la rue Grenier-Saint-Lazan\ et démolie en 1530.

c Sic.

S. Eustace.

S. Germain Docerras '.

S. Gervais.

S. Honoré.

S. Honoré (la grant rue).

S. Innocent.

S. Jaques 2.

S. Jean en Grève (l'église).

S. Julien (Spital).

S. Marri.

S. Martin 3.

S. Nicolas *.

S. Pol \ S. Croice 6.

S. Katherin '.

Sépulchre (le).

ïample (la grant rue du) Temple (les S. du). Tour de Billy (la).

Tour du Boys (la).

Tourn elles (les).

Trinité (la).

FAUBOURGS

Cordelières (les).

S. Anthoine 8.

S. Germain (la foire).

S. Germain des Prez.

S. Marceau.

S. Marceau (porte) ■'.

S. Médart.

S. Victor.

1 L'église Saint-Germain-l'Auxerrois.

2 Saint-Jacques-la-Boucherie.

3 L'abbaye Saint-Martin-des-Champs.

' Saint-Nicolas- des-Champs.

5 L'église Saint-Paul , dans la rue de ce nom.

6 Les chanoines de Sainte-Croix- de-la- Bretonnerie.

7 Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.

8 L'abbaye.

9 Située à l'extrémité du bourg Saint- Marceau.

PLAN DIT DE TAPISSERIE

llSI e nom sous ^e(Iue^ ce P^an es^ encore aujourd'hui désigné rappelle son origine. On ignore, d'ailleurs, par les ordres de qui et en quelle année cette Tapisserie fut exécutée, l'examen attentif du plan qu'elle représentait peut seul faire déterminer approximativement sa date.

Ce précieux document était bien connu des écrivains du dixseptième siècle. Sauvai, G. Brice, Félibien, et plus tard dom Bouquet et Bonamy le citent fréquemment et invoquent son témoignage. Sauvai, qui écrivait vers 1690, nous apprend même qu'il « a vu cette tapisserie à l'hôtel de Guise », où elle était alors conservée.

Suivant Mauperché, elle figura, en 1737, dans la vente faite après le décès d'un sieur Morel, doyen des conseillers au Parlement de Paris, et la fille de ce magistrat la vendit, moyennant une somme

PLAN DIT DE TAPISSERIE. 11

de deux mille trois cent soixante livres, au prévôt des marchands et aux échevins de la Ville.

Pour de pareils acquéreurs, c'était payer bien cher une tapisserie dont la dimension, nous le verrons tout à l'heure, ne dépassait probablement pas cinq mètres sur quatre et demi. La municipalité de Paris semble, en effet, n'avoir guère compris l'importance historique de ce plan, puisqu'elle le laissa employer comme tapis de pied, le 21 janvier 1782, lors du bal qui fut donné à l'hôtel de ville pour célébrer la naissance du Dauphin. On le tendait aussi chaque année, le jour de la Fête-Dieu, devant la façade de la Ville, « toute la journée et le jour de l'octave jusqu'à midi ». Il ne put résister à de si dures épreuves. En 1787, il était « dans le plus grand délabrement » , et l'auteur anonyme d'une lettre adressée , le 28 mai 1788, au Journal de Paris ajoute : « Hier, on n'a exposé que le morceau le moins endommagé. »

Depuis ce moment, on perd les traces de ce précieux tapis, sacrifié par l'impardonnable incurie de la municipalité. M. Mauperché et plus récemment M. Bonnardot ont fait de vains efforts pour en retrouver au moins quelques fragments. Le premier, dont la véracité paraît d'ailleurs un peu suspecte, raconte que, s'étant adressé au fils du tapissier qui était chargé, avant la Révolution, des fournitures delà Ville, celui-ci lui répondit que, « vu l'état de pourriture de la Tapisserie, il l'avait jetée dans le ruisseau ».

Heureusement il en existait deux copies.

Roger de Gaignères, archéologue éclairé et passionné collectionneur, qui fut pendant quelque temps attaché à la maison de Guise, avait eu de fréquentes occasions d'étudier la remarquable tapisserie que possédait alors cette famille; vers 1690, il en fit exécuter un dessin, qui est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale, et que nous analysons plus loin.

La seconde copie était conservée au dépôt des plans de la préfecture de la Seine. C'était une immense gouache, composée de neuf morceaux d'inégale grandeur et qui, réunis, formaient une surface

12 PLAN DIT DE TAPISSERIE

d'environ cinq mètres quatorze centimètres sur quatre mètres quarante-deux centimètres ; il est donc permis de supposer que cette copie reproduisait les dimensions de l'original. M. Bonnardot avait d'abord été tenté de la regarder « comme le dessin même ou carton qui avait servi à confectionner la Tapisserie » ; un examen plus attentif le détrompa et le convainquit que cette copie datait seulement du dix-septième siècle. Mais elle avait subi, au dixhuitième, des retouches très-nombreuses, exécutées sans aucune intelligence du sujet, et qu'il était parfois assez difficile de distinguer du tracé primitif. En outre, les noms des rues, laissés presque tous en blanc par le premier dessinateur, avaient été ajoutés beaucoup plus tard, et très-maladroitement. Ce précieux document fut brûlé pendant l'insurrection de 1871 ; mais le service historique de la ville de Paris l'avait heureusement fait photographier, et les clichés ont pu être sauvés.

Le petit dessin exécuté par M. de Gaignères est donc encore la représentation la plus exacte de la Tapisserie, et l'on peut hardiment avancer que, de tous les plans de Paris, celui-ci est le plus rare. C'est aussi le plus ancien, de ceux du moins qui indiquent les noms des rues.

Ce dessin si précieux, a cinquante-huit centimètres du nord au sud, et quarante-cinq et demi de l'est à l'ouest. Comme sur tous les plans de cette époque, et contrairement aux habitudes actuelles, il est orienté de telle manière que l'on se trouve avoir l'est en face de soi et le nord à gauche. Le champ, un peu plus grand en tous sens que celui du plan de Braun, s'étend à l'est jusqu'à l'abbaye Saint-Antoine des champs (ab. S1 anthoine), au nord" jusqu'à l'église Saint-Laurent (*S" lorents) et le couvent de Saint-Lazare (S1 ladre), à l'ouest jusqu'à la Ville-PÉvêque , au sud jusqu'au moulin des Gobelins et le couvent des Cordelières. C'est à peu près l'espace aujourd'hui compris entre la rue de Chaligny, l'impasse Delaunay, la rue Saint-Maur, la place de Strasbourg, la rue de Chabrol, la rue Saint-Lazare, la rue d'Anjou-Saint-Honoré, le

PLAN DIT DE TAPISSERIE

milieu du jardin du Luxembourg, la rue des Ursulines et la rue Poliveau. Mais, en dehors de l'enceinte de Charles VI sur la rive droite et de l'enceinte de Philippe-Auguste sur la rive gauche, on ne rencontre guère de maisons qu'à l'extrémité des rues principales, où commencent à se former les faubourgs Saint-Antoine, du Temple (alors la Courtille), Saint-Martin (alors S1 lorents), Saint-Denis, Saint-Honoré, Saint-Germain (déjà très-étendu ) , Saint-Michel, Saint-Jacques, Saint-Marceau et Saint-Victor,

En haut du plan figurent deux écussons, où l'on voit, à droite les armes de la ville de Paris : de gueules à un navire frettè et voilé d'argent, flottant sur des ondes de même, au chef semé de France,

et à gauche les armes de France : d'azur à trois fleurs de lys d'or, entourées du collier de Saint-Michel. Au-dessous, deux autres écussons, placés au milieu d'une large guirlande de feuillage, renferment les armoiries du cardinal Charles de Bourbon : de France au bâton de gueules et surmonté d'une croix.

Au bas du plan sont trois grands cartouches rectangulaires où devraient se lire des inscriptions; faute de place sans doute, on les a laissés en blanc, et elles ont été transcrites à part, sur une feuille qui est jointe au plan. Elles sont en petites capitales, et, de distance en distance, des Z allongés et barrés apparaissent entre les mots où ils remplacent la copulative et.

L'inscription de gauche était ainsi conçue :

PARIS LA TRES FAMEVSE , VILLE SOURCE DE SCIENCE , SEJOVR ROYAL , ET CITE

FVT

14 PLAN DIT DE TAPISSERIE

PREMIEREMENT HABITÉE Z FONDEE, SELON JEHAN ANNIVS DE VITERBE, PAR VNG N'OME PARIS, QVI FVT FILZ DE ROMVS DESÇENDV DE iAPHET VENV DE NOËL, LEQVEL PARIS FVT XViiic ROY DE LA GAVLE CELTIQVE, Z COMENÇA Â REGNER EN LA CREATION DV MONDE TROIS MIL VU .C . iiii .XX .ET SIX ANS, SELON MANETHON D'EGIPTE ET EVSEBE, OV DEPVIS LE DELVGE , viii . CENS . iïii . XX . xiiii . ANS . ET DEVANT LINCARNATION DE iESV-CRIST MIL iiiic.TREZE ANS. Z FVT APPELLÉE LVTESSE A CAVSE DES BOVES QVI DESCENDOIENT DV MONT QVE LON DIT A PRESENT SAINCTE GENEVIEFVE, AVSSY QVE ALORS LON NEVSOIT DE PAVÉ EN TELLE ORDRE. LES ROYS ET PRINCE ESTOYENT PAYENS Z YDOLATRES ET TOVS LES HABITANTS, ET REGNERENT LÔGTEMPS EN TELLE LOY, DEPVIS FVT APPELLÉE PARIS A CAVSE PEVLT ET EN MEMOIRE DVDIT PARIS DESSVS NONMÉ. LORS COMENÇA FOR A PEVPLER ET CROISTRE LA VILLE. TÂTOST APRES LA MORT DE iESV-CRIST, VE1NT SAINCT DENIS D'ATHENES QVE S1 POL FEIT CRESTIEN ET FVT EVESQVE A ROME, LEQVEL PRESCHA LA FOY CREST1ENE, PARQVOY FVT DECAPITE AV MONTMATRE PAR LE PREVOST FESCENIVS SOVBZ DOM1CIAN LORS EMPEREVX ROMAIN, ET DESLORS.LES CRESTIENS COMENCERENT FORT Â REGNER ET AVGMENTA LA FOY DEDANS PARIS. ET FVT FAMEVSE PAR LES ROYS CRESTIENS DOT LE PREMIER FVT PHARAMONT, ET DEPVIS LES ROYS FEIRENT CÔSTRV1RE LES EGLISES ET PREMIER S1 ESTIENNE DES GREZ, APRES LES AVTRES FVRENT FAICTES, COME NRE DAME DE PARIS, ET LA Ste CHAPPELLE EN LAQVELLE Y A DE PRECIEVSES RELIQVES ,' CEST SÇAVOIR LA COVRONE DESPINE, DE LA VRAYE CROIX GRAND QVANTITÉ , LE FER DE LA LANCE, VN CLOV, ET AVTRES, QVE LE ROY S1 LOYS APPORTA. Z PARAVANT LES ROYS Z PRINCES CRESTIENS VINDRENT HABITER Z Y ONT FONDÉ GRANDS PALAIS ET MAISONS ET ENTRE AVTRES LE PALAIS, QVI EST GRAND Z SVPTVEVSE CHOSE A VEOIR, Z TANS DAVLTRES BEAVLX HOSTELS COME LON PEVT VEOIR, PVIS IL Y A L'VNIVERSITÉ QVI EST VNG TRESOR CRESTIEN, ET LA Ste FACVLTÉ DE THEOLOGIE, CÔSEQVTIVEMËT LES SEPT ARS LIBER AVLX, PARQVOY TOVTES NATIÔS CRESTIENES Y VIENËT POVR ESTVDIER EN NÔBRE INFINY Z PLVS HABÔDAMENT QV'EN TOVT LE MONDE, PVIS Y EST LE SIEGE ROYAL AVDIT PALAIS, QVI EST EXCELLËTE A VOIR TÂT DE MONDE. iE TAIS LA GRANDE HABÔDANCE DE VIVRES QVI Y VIENET AFFLVER, Z LES BIENS Z LES GENS QVI Y SOT Z TOVS LES JOVRS Y ARRIVËT, PARQVOY EST DIGNE DESTRE EN POVRTRAICTVRE COMME APPERT QVI A ESTÉ VNE

Le cartouche du milieu renfermait les vers suivants, écrits sur deux colonnes :

VILLE D'HONEVR OV TOVS BIËS SÔT COPRINS, DIGNE DAVOIR TILTRE DE PRECELLENCE, POLICE EN TOY A LÔGTEMPS SÔ DROICT PRINS, POVR METTRE SVS BOVRGEOIS PAR EXCELLËCE

PLAN DIT DE TAPISSERIE. 15

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