‹ Les anciens plans de Paris: notices historiques et topographiquesChapitre 3 sur 22 · CITE · texte numérisé non relu

CITE

Palatium régis. Sequana (fl.).

Prrctorium '. Summum templum 2.

RIVE GAUCHE

Collegia 3. S. Severin.

Collegium regium. Sorbona.

S. Augustin \

Le Parlement. 8 Inscription mise au centre de la place

L'église Notre-Dame. Maubert.

4 Le Couvent des Grands-Augustins.

PLAN DE SEB. MUNSTER

RIVE DROITE

Arx Régis \ Arx valida 2.

Hospital 3.

Monasterium \ Rhodiani 5.

S. Crux6.

S. Catarin.

S. Dionysii (Porta et via).

S. Gervasi 7.

S. Innocent.

S. Martin \

S. Martini (Porta et via).

S. Mary 9.

FAUBOURGS

Carthusia 10.

Cordeliers ".

Leprosorium w.

Picardiam (Via ad) 13.

S. Gerrnan "'.

S. Jacobi (suburbium).

S. Lorenz.

S. Marcean 15.

S. Médard.

S. Thome v\ S. Victor.

1 Le Louvre.

2 La Bastille.

3 Saint-Julien.

4 Le Couvent des Célestins.

5 Le Temple.

i; Sainte-Croix de la Bretonnerie.

7 L'église Saint-Gervais.

8 L'abbaye Saint-Martin-des-Champs.

° Saint-Mcrri.

"' Le couvent des Chartreux.

" Les Cordelières de la rue de Lourcine.

12 Saint-Lazare.

13 Le faubourg Saint-Denis.

" L'abbaye Saint-Germain-des-Piés.

15 Saint-Marceau.

,r' L'abbaye Saint-Antoine.

'W&è, 'est encore dans un ouvrage édité en Allemagne que figure

&skaf le plan de Paris qui, d'après l'ordre chronologique, doit >' suivre celui de Sébastien Munster.

L'auteur, qui se nomme tantôt Georgius Bruin \ tantôt Georges Braun 2, publia à Cologne en 1572 un travail intitulé Civitates orbis terrarum, qui fut fréquemment réimprimé. On y retrouve une grande partie des planches qui ornent la Cosmographie de Sébastien Munster; mais la plupart de celles qui concernent la France ont été refaites, et parmi elles le plan de Paris.

Celui-ci mesure quarante-huit centimètres sur trente-trois. Il est gravé avec soin et offre une vue très-exacte de la capitale.

' Edition de 1572.

' Edition latine sans date.

Quoique dressé vers 1570, il représente évidemment Paris tel qu'il était vers 1530. La tour de Billy renversée en 1538, les portes de l'enceinte élevée par Philippe-Auguste et qui disparurent entre 1529 et 1535 y figurent encore, ainsi que la grosse tour du Louvre dont François 1er ordonna la démolition en 1529, et la fausse porte Saint-Martin détruite en 1530.

En haut et à gauche de ce plan , un cartouche surmonté des armoiries de la ville renferme l'inscription suivante :

Lutetia, vulgari nomine Paris, tirbs Galliœ maxima, Sequand navigabili flumine irrigatur, nobili gente, mercatorum frequentia, universitate excellenti, stupendi operis templo B. Mariœ, palatio Regio, aliisque prœstantissimis œdificiis, tribunali œquissimorum judicum, et pulcherrimis epitaphiis, florentissima.

En bas à gauche, on voit trois petits personnages, en costume de l'époque :

A droite, on lit ces quatorze vers :

Paris pour vray est la maison royalle Du dieu Phœbus en splendeur radiale.

C'est Cyrrhea pleine de bons esprit z, Trèsvigoureux , faisans divers escriptz,

C'est Chrysea en metaulx habondante, Grèce de pris en livres florissante , Inde en estude, et en poètes Romme, Athènes lors en maint trèssçavant homme, Rozier mondain, baulme du firmament, Universel, de Sidon V ornement, Très habondante en vivres et breuvaiges , Riche en beaulx champs etfiwcieux rivages , Fécunde en vin, doulce en ses citoyens, Fertile en bled et en maintz d 'aultres biens.

Enfin, au verso du plan se trouve la notice suivante, que nous reproduisons d'après l'édition française de 1574 ' :

Paris, ville capitale et Métropolitaine , du trèsfertile royaume de France, d'une grandeur incroyable, est préférée, non seulement à toutes les villes de la France, mais aussi aux plus grandes de toute V Europe, en multitude de nobles et gentil-hommes, de marchands, bourgeoys, et estudians, magnificence d'édifices tant publiques que privez. Il se trouve jyar les histoires, qu'elle fut premièrement fondée p>ar Paris, qui par succession desce?idit de IapJiet , fils de Noë, et fut le xviii. Roy de la Gaule Celtique, duquel aussi elle prit son nom. Et, comme à son commencement les rues ne fussent encores pavées , la ville estant fréquentée de grande abondance de peuple, devint moult fangeuse, dont elle fut appellée Lutesse, c'est d dire, boueuse. Toutes foys, les autres estiment, qu'elle fut nommée Lucesse, à cause de la blancheur de ses murailles, car Xeu/.oTta en grec, signifie blancheur en Françoys. luttes César la rendit tellement augmentée d'édifices, et la munit si bien de fortes murailles, que Bo'èce, au livre de la discipline scholastique, la nomme cité de Tulles.

La rivière de Seine, se partant en deux, divise ceste cité tant célèbre en troys parties: la première desquelles est V Université; l'autre, la cité; la tierce est dicte la ville. Charles le grand, à la persuasion de Al eu in, son précepteur , y fonda, V Université , de celle qui estoit à Rome en Van de nostre Seigneur 796, et l'orna magnifiquement de plusieurs beaux privilèges, prérogatives et immunitez. Aussi a elle tousiowrs esté comme le domicile des Muses, des disciplines libérales et de toute humanité, la source et fonteine de toutes sciences, la mère et nourrice des hommes doctes, et la pépinière de toute doctrine. Ceste Université est fondée sur quatre pilliers trèsfermes, c'est d sçavoir, la Théologie, Médecine, les Loix et ht faculté des Arts : les premières desquelles ont un Doyen et deux Bedeaux ou

' Elle a été fort augmentée dans quelques éditions.

huissiers, et la dernière, qui est la faculté des arts, eslit tous les troys moys un Recteur, auquel toutes les autres obéissent, comme à leur souverain chef. En ceste Université sont assignez à quatre nations à chascune son patron, c'est à sçavoir : à celle de Frctnce, Picardie, Normandie et Alemaiyne, et semblablement à la nation Anyloise. L'Université contient xvn. églises pour le service de Dieu, xmr. monastères, mi. kospitaux, ni. chapelles,, xx. collèges publics. Oultre ce, il y a encore xxx. collèges particuliers où sont entreteniez estudians en certain nombre, des fondations de riches personages.

La cité est entre V Université et la ville, à laquelle elle est jointe avecques troys ponts, et joint V Université par le moyen de deux. Ces ponts resemblent plustost belles rues que ponts, à cause des édifices qui sont bastiz des deux costés d'iceux. En ceste partie de Paris est le palays Royal, iadis basti par Philippes le Bel, et en icelui la Saincte Chapelle , faicte par artifice admirable : pareillement, la grande Église nostre Dame, laquelle, à cause de sa belle et magnifique structure, grandeur et magnificence cVornemens et images, est tenue pour un miracle de la France. En faisant les fondemens du Palays, on y trouva un crocodile vif, la dispouille duquel se voit encores aujourdhuy en la grande sale du Palays. Les autres Eglises de la Cité sont au nombre de xx, i. hospital et v. chapelles.

La troysième, qui est aussi la plus grande partie de Paris, a le nom de Ville, si peuplée et tant bien bastie, que celle partie seule se peut comparer aux plus grandes villes de la Gaule. Elle a xxxi. églises, x. monastères, un. hospitaux, vi. chapelles.

La pluspart des Eglises, tant de la Cité que de V Université et de la Ville, sont décorées de sépulcres et épitaphes des Princes et grands Seigneurs, et des Reliques des Saincts. Toutes lesquelles choses ont esté si diligemment spécifiées par Gilles Corrozet, au livre qu'il a escrit de ceste cité, que le lecteur studieux ne pourroit désirer plus ample déclaration. Paris a xiiii. portes, x. fauxbourgs, v. ponts, xiiii. fonteines. Il y a si grand apport de toutes sortes de vivres en ceste ville, qui y arrivent de tous endroicts, qu'ils suffisent pour la nourriture et entretenement d'une infinité de peuple qui y est; tellement que les estrangiers se sont souvent esbahys de la grande abondance qu'il a de toutes choses nécessaires. Les fauxbourgs de Paris sont fort longs et bien larges, tellement que chascun cViceux peut estre égallè aux bonnes villes de France.

S. Denis, disciple de S. Paid, enseigna les Parisiens en lafoy chrestienne, laquelle il maintint trèseonstamment , non de parolles seulement, mais par V effusion de son sang. Car la cité arrousée du sang de ce personnage innocent, commança à produire les fruicts trèsdélectables de la foy. Pharamond, Roy de France, ayant embrassé lafoy chrestienne, n'espargna point ses deniers pour décorer la ville de Paris de plusieurs belles et magnifiques Églises. Plusieurs ont escrit de la magnificence de Paris, et singulièrement Gilles Corrozet, dont nous avons touché ci dessus.

Voici les seules mentions écrites sur le plan de G. Braun

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