‹ Les anciens postes du lac Saint-LouisChapitre 5 sur 6 · RE OUR · texte numérisé non relu

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c'étaient surtout les officiers de l’armée, les commandants

des forts, les fonctionnaires publics, les gouverneurs mêmes, qui en retiraient le plus de profit.

Les abus de la traite furent de tout temps une grande cause de faiblesse pour la colonie française et ameuèrent finalement sa ruine et sa perte. C’est la traite qui priva le gouvernement du Canada de la meilleure partie de sa jeunesse pour en faire des vagabonds

dans les bois et les villages sauvages. C’est elle qui

démoralisa une portion notable de la noblesse du pays et extermina par l’eau de vie cette race pourtant vaillante des sauvages de l'Amérique du Nord. Elle fut encore la cause la plus considérable de la corruption du gouvernement du Canada et de tous ces démêlés et scandales entre le pouvoir civil et le pouvoir ecclésiastique si déplorables dans une société bien organisée, mais désastreux dans une colonie naissante. Elle fut nécessairement l’ennemie la plus puissante de la colonisation et de l’acriculture. C’est elle qui fit ériger tous ces postes éloi-

gnés du golfe et du fleuve Saint-Laurent navigable depuis

Cataracouy, Niagara, jusqu’au fort Miami, le fort Crèvecœur, le fort Saint-Louis, Vincennes et les établissements de la région du Mississipi, dont la défense en temps de guerre—et c'était presque l’état normal du pays soit avec les Européens, soit avec les indigènes —devenait presque qu'une impossibilité, si l’on considère la faible population de la colonie et le peu de secours qu’elle recevait et pouvait attendre de la mère-patrie.

La Cour de France avait cependant bien compris la situation ; car dès l’année 1675, le roi écrivait à l’intendant Champigny : ‘“ Pénétrez-vous de cette maxime qu'il vaut mieux occuper moins de terre et de le peupler que de s'étendre sans mesure et mettre les colonies à la merci du moindre accident. ”

Pour établir un empire aussi vaste que celui fondé par la France, il aurait fallu des hommes et des ressources vingt fois plus considérables; et pour avoir trop embrassé, la France finit par tout per-

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