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qu'ils ont été “accoutumés ” de faire commerce dans les bois (vol. 8, p. 406). La guerre qui sévit de 1687 à 1698 mit fin, pour le moment au moins, à toute dispute au sujet de la traite.
Immédiatement après la guerre, de Callières et de Champigny firent des efforts pour mettre en force les anciennes lois prohibitives au sujet ducommerce endehors des trois villes de Villemarie, Trois-Rivières et Québec. “Nous ne pouvons pas disconvenir, Monseigneur, disaient-ils le 24 novembre 1701, que l'habitation du sieur Quenet, (marchand du Bout de l'Isle) n’ait été brulée une fois par les Iroquois, aussy bien que celles des autres habitans circonvoisins, mais nous ne croyons pas que ce soit une raison pour luy permettre la traite à l'exclusion des autres.” (Vol. 19, p. 31).
Le 3 novembre 1702, MM. de Callières et de Beauharnois écrivaient au ministre: ‘Toutes les raisons que nous vous representâmes l’année passée pour empêcher que les habitans de la Chine (c’est-à-dire du haut de l'Isle) ne traitassent dans leurs habitations avec les sauvages, subsistent encore aujourd'huy, puisque sil étoit permis à ces habitans de traiter au dessus de la ville de Montréal, ils arresteroîent tous les Sauvages qui y descendent et viennent des paiïs éloignez.” Cependant ils ne pouvaient rien faire contre les marchands de Lachine et du Bout de l'Isle, car ils nous apprennent dans la même lettre “ que Sa Majesté veut favoriser les habitans de la Chine, en considération des pertes qu'ils ont faites pendant la guerre .. Vous verrez, Monseigneur, ce que nous avions l’honneur de vous écrire en commun au sujet des habitans du lieu nommé la Chine, et comme le sieur Quenet y à son habitation, il est dans le même cas que les autres; cependant je luy permettrai dès cette année d’y faire le commerce conformément aux intentions de Sa Majesté; mais je suis obligé de vous dire que cela fait beaucoup crier le peuple (vol. 20, p. p. 37, 86).
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Le 12 octobre 1705, M. de Ramezay, gouverneur de Montréal, écrivait au ministre :
“J'ai creu, Monseigneur, quil estoit important que vous soyez informé que la trette quy se fait en haut de l’isle de Montréal tant par le fermier de Mr. de Vaudreuil que par d’autres marchands quy y ont des habitations et quy y tiennent de gros magasins, porte un notable préjudice à cette ville, parce qu'ils arestent tout le commerse d'en hault quy avoit coustume d’y venir, puisque d'environ quatre vingt douze canots quy venest en cette ville pour y faire leur commerce, il est incontestable qu’il n’en n’est pas dessendeu la moitié dans cette ville, dont les marchands sont venus pour m'en faire leurs plaintes et leurs remontrances, par lesquelles ils m'ont témoigné que cy cela continuoit, ils aloïent abandonner la ville, n'ayant plus de négoce a y faire; mais comme ce n'est pas un fait de ma compétence, je leur fist responce de s'adresser à Mr de Beauharnoïis, quy leur dist qu'il en parleroiït à M. de Vaudreuil, sans qu'on y eut aporté d'autre remède—{Vol. 22, p. 319).
Le 28 octobre 1708, les MM. Raudot écrivent au ministre “qu'ils empêcheront que le sieur de Senneville ne fasse d'autre commerce que celuy quiluy est permis.” (Vol. 28, p. 201).
La valeur des privilèges dont jouissaient les habitants de Lachine et du Bout de l'Isle ne fub pas de longue durée. Non seulement de nouveaux postes, comme celui du Détroit, furent établis dans les pays d’en haut où les Sauvages se rendoient pour faire la traite sans descendre à Montréal : mais au moyen de l'abus des congés que les gouverneurs accordoient sur le moindre prétexte, sans égard à la limite fixée par les lois, un commerce énorme se faisait tous les ans dans la profondeur des bois et jusqu'aux villages des sauvages, à l'Ouest et jusqu’ au lac Supérieur. Les dix volumes de la Correspondance Générale, que je viens de parcourir, établissent que presque toute la colonie se livrait à la traite en dépit des Edits Royaux et des arrêts du Conseil Supérieur et que