‹ Les anciens rituels du Shinto: considérés comme formules magiquesChapitre 2 sur 3 · A Japanese Philosopher on SrurCtô : 'Cdrêif HcCU · texte numérisé non relu

A Japanese Philosopher on SrurCtô : 'Cdrêif HcCU

legs of a tripod and of equal worth, no one of them ought to be discarded, is, I consider, a misconception much to be regretted.

A few words of comment on Dazai's estimate of Shinto may be offered. First of ail, be it noted that it is in substantial agreement with the conclusions of European savants ; the meagre and primitive éléments of Shinto hardly deserve to be called a religion, certainly not a System of religion. Secondly, Dazai's method of inquiry is, in substance, that of modem savants, the method of comparison. But how scanty were Dazai's materials as compared with those now open to inquirers. The only country besides his own with whose history, manners, and ideas he was acquainted was China ; and in resorting to the Situai of the Ghow dynasty for a parallel with Japan's religious phenomena he went to the right place. The religious évolution of the Japanese people in the sixth and seventh centuries of our era was at the same stage as that of China as depicted in the Chow ritual some eighteen centuries earlier. In both cases religion then consisted of two éléments, cérémonies and magie. The ministère of religion were wizards and witches and chanters of spells. That there was any élément of moral teaching combined with thèse ideas was the false pretension which evoked Dazai's crushing réfutation.

Par MICHEL REVON

Lorsqu'on étudie le Shinto à la lumière de la science comparative, on y peut remarquer un très grand nombre de points où, sous la religion, transparaît l'antique magie. Dans un ouvrage récent, j'ai relevé, çà et là, les traces magiques qu'offre la Mythologie japonaise, 1 et je me propose d'étudier la question d'une manière systématique dans un autre volume, relatif au Culte, c'est-à-dire au domaine pratique où cette magie se manifeste le mieux à l'observateur. Pour l'instant, mon dessein est seulement de montrer, par un rapide coup d'œil sur les Rituels, que ces vieux documents sont, avant tout, des formules où magie et religion se confondent, mais où l'esprit magique domine encore le sentiment religieux.

Index, s. v. ' Magie \

166 17. 'ReKgiôris of China and Japan

Bien d'étonnant à ce caractère primitif des Rituels, pour qui considère leur antiquité. En effet, s'ils apparaissent pour la première fois dans le Ençishiki (' Règles de l'ère Engi '), en 927 de notre ère, ces textes n'en furent pas moins, en général, d'une composition orale, peut-être même d'une rédaction écrite bien plus reculées. Ce sont des formules archaïques, dont les lettrés du x« siècle ne comprenaient pas toujours le sens, et dont la forme, arrêtée sans doute, dans nombre de cas, dès le vn* sièole, laisse assez entrevoir la lointaine origine des idées qui en constituèrent le fond. Si donc les mythes japonais, recueillis au vm* siècle seulement dans les plus anciens écrits qui nous soient restés, abondent en vieux récits où intervient sans cesse la magie, à plus forte raison devra-t-elle se retrouver dans les Rituels, c'est-à-dire dans des textes antérieurs, gardés avec soin par l'esprit conservateur du sacerdoce et maintenus d'autant plus fidèlement qu'on attachait, oomme nous Talions voir, une vertu spéciale à leur teneur.

Le mot norito (jffo f^), qui désigne ces documents, ne peut guère nous servir à les caractériser. Nori signifie ' dire ' ; to est resté obscur, malgré tous les efforts des philologues indigènes ; mais comme norito ne paraît être que le premier élément du composé noritogoto (jjjjj f$ ^f ), fréquent dans les anciens textes, et où le mot koto {goto par adouoissement) signifie sûrement * paroles,' on voit que le sens de l'expression est celui de ' Paroles prononcées.' Le choix de ce nom donné aux Rituels montre déjà qu'on semblait accorder plus d'intérêt aux mots qui les composent qu'aux idées qu'ils peuvent contenir. ' Paroles prononcées ' s'applique moins bien à une prière qu'à une formule magique. Mais pour établir, contre l'opinion acceptée jusqu'à ce jour, que les Rituels ne sont pas de simples prières, il faut observer ce qui se trouve sous cette étiquette si vagué de norito, vérifier si ces textes ne constituent pas plutôt des formules dont la récitation produit un effet direct sur la volonté des dieux, dont les phrases cadenoées doivent être prononoées sans erreur, dont le rôle peut se combiner avec d'autres procédés magiques. C'est ce que nous allons examiner en feuilletant les 27 Rituels que nous a conservés le Ençishiki.

Le Rituel no. i (Toahigohi no Motsuri) était prononcé chaque année, au moment des semailles, en vue d'obtenir une bonne moisson. Le Nakotomi (pfï |JF, 'ministre intermédiaire') qui le récitait, comme représentant sacerdotal de l'empereur, s'adressait aux dieux en ces termes : ' Je déclare, en présence des souverains dieux de la Moisson : Si les dieux souverains veulent donner en épis longs de huit largeurs de main et en épis abondants la moisson tardive qu'ils accorderont,

Page 1