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méthodes, entre les deux fonctions anti-anémiques de l'estomac et du foie.
Ces chercheurs ont préparé des extraits de foie de deux Biermériens, l’un traité mais mort d’une septicémie, l’autre non traité et emporté par l’anémie.
Or, l'extrait du foie du premier malade soumis à la gastrothérapie fut actif, celui du second ne le fut pas.
Bence et Gy, en 1934, poursuivent ces recherches et préparent des extraits avec des foies de porcs gastrectomisés depuis plusieurs mois. En les administrant à des Biermériens, ils prouvent qu’ils ne renferment pas de pouvoir hémogénétique.
De ces expériences, on pouvait déduire que le principe actif de l’hépatothérapie n’est autre que le principe <antianémique >» préformé dans l’estomac des sujets ou des animaux sains par inter-réaction des facteurs «intrinsèque» et «extrinsèque» et stocké dans la cellule hépatique après absorption intestinale.
Il semble dès lors bien acquis, comme le rappelle Singer, que le foie est le réservoir principal et que l'estomac constitue le lieu d’origine du principe antianémique.
De ces résultats, l’idée naquit vite d'associer les deux méthodes de Whipple et de Castle qui, loin de s'opposer, comme nous le verrons par les observations qui vont suivre, se complètent et se renforcent synergiquement l’une l’autre, semble-t-il, et voient décupler leurs effets, comme le reconnaît M. le Professeur Etienne.
Mais le traitement de Whipple était purement empirique, il appartenait aux chimistes d'isoler sous le contrôle expérimental, parmi les innombrables constituants du parenchyme hépatique leséléments qui agissent sur la régénération globulaire; d’où tout un travail, dont
le tableau suivant emprunté à Mouzon, nous donne le résumé.
Foie cru haché : on alcalinise jusqu’à pH 9.
bi extrait soluble, on acidifie Résidu insoluble à À jusqu’à pH 5.
Protéines précipitables extrait soluble, on chauffe en milieu acide (B) à 1700:
Ye. extrait soluble non protéi- Protéines coagulables nee ; que (D), on épuise à
par la chaleur (C) 4} l’éther.
extrait non protéique, non éthéro-soluble (E), on
Extrait éthéro - soluble
(EE) épuise à l’alcool. Extrait alcoolo-soluble extrait préci itable par (Æ) l’alcoo!l (G).
Or, seul cet extrait G contient les éléments qui se montrent actifs sur la régénération globulaire. Cette fraction active, qui se présente sous la forme de poudre blanche, représente moins de 2 % du poids total du foie utilisé (Minot et Murphy) et s’administre à la dose de quelques grammes seulement par 24 heures; la solution brute non purifiée se donnant elle-même à la dose de 9 à 14 grammes seulement.
Nous sommes loin des 200 à 300 grammes de foie de veau cru; et, sous cette forme, nous ne voyons plus les malades refuser le traitement.
Mais quand on voulut, pour la méthode de Castle, passer de la période empirique et obtenir des prépara-
tions semblables à celles obtenues pour le foie, on se heurta à des difficultés nouvelles.
Dès les premières expérimentations, on remarqua que certains agents semblaient détruire ce facteur «intrinsèque >» présent dans toute secrétion gastrique :
1° L'exposition à une température supérieure à 45° C. de la préparation à n'importe quel moment;
2° Autolyse en présence de l’acide chlorhydrique en liberté pendant un temps plus ou moins long en rapport avec la température;
3° La digestion prolongée en présence de pepsine et d'acide chlorhydrique, ou de trypsine.
Ces résultats permirent à leurs auteurs de penser que ce principe, facteur «intrinsèque >» de Castle, qui disparaît lorsque les extraits le renfermant sont portés à une température dépassant 45° C., ne peut se confondre ni avec l’acide chlorhydrique, ni avec la pepsine, ni avec le lab-ferment. C’est pourquoi, d’ailleurs, on peut le rencontrer chez les achyliques sans maladie de Biermer et constater son absence chez des sujets non achyliques atteints de cette maladie.
Nous n’allons pas, ici, exposer tous les modes d'extraction qui furent essayés pour individualiser ce principe actif, que d’autres recherches localisaient tout particulièrement dans la muqueuse gastrique de l’antre pylorique (Henning et Brugsch). Nous rappeéllerons seulement les principales.
A. - Extrait de muqueuse désséchée
1° Extr. + acide chlorhydrique à pH différents avec ou sans pepsine ou glycérine
solution inactive sur résidus solides encore l’'anémie actifs
LAS O Le
20 Extr. + dissolvants organiques à degrés différents
substance lipoïdique so- résidu, sous forme de poulide + un liquide épais dre : actif même après
jaune brunâtre : inactifs. 7 mois d'extraction à l’alcoo!l à 60/70°.
B. - Extrait de muqueuse fraîche
Diverses méthodes furent tentées en utilisant de l'eau, de l’acide chlorhydrique dilué à divers degrés et de la glycérine.
Les auteurs anglais ont traité 367 kilogrammes de muqueuse fraîche hachée avec 660 litres d’eau au pH 4/6 par addition d'acide chlorhydrique. Le liquide obtenu, alcalinisé par la soude caustique, traité par l’acétate de plomb pour précipiter les protéines et neutralisé ensuite par l’acide sulfurique pour éliminer le plomb, est concentré dans le vide à 40, 45° C. Ils ont ainsi obtenu, d’une part, 17 litres d’un liquide rouge brunâtre inactif sur l’hématopoïèseet, d’autre part, un résidu solide renfermant encore des principes actifs.