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SN2 LES ANKSTHÉSIVL'KS

conlîenl tli* l'éltier et dans laquelle on peut. insurUer de l'air au moyen d'une poire de Hichardson, de manière à activer l'évaporalion el à refroidir fortement les parois. Celle caisse, ou plutôt ces caisses (car il v en a plusieurs) oiitdcs formes telles qu'elles peuveDi, par quelqu'une de leurs faces, s'appliquer sur les parties convexes, doigts, orteils, bras, av.inl-bras. tumeurs arrondies, tels que bubons inguinaux ; par une autre face, sur les parties concaves, paume de la main, pli du coude, aisselle, et même dans la cavité buccale ; par une troisième face, sur les régions plates. La réfrigération doit se faire sur une grande étendue. Avant d'opérer, Lesser a soin d'empêcher l'accès du sang au moyen do la bande d'Ksmarch s'il doit agir sur le bras, la jambe ou le doigt. II a pu opérer ainsi avec succès des panaris, des ongles incarnés, extirper des corps étrangers, désarticuler, amputer ou réséquer des doigts et des orteils, extraire des dénis, pratiquer l'extirpation des amygdales et des opérations sur le larynx.

Ce procédé permettait ainsi de mieux utiliser l'action réfrigérante de l'éther et de parer à quelquesuns des inconvénients de son emploi.

11 est cependant encore un peu compliqué et d'une manœuvre assez délicate ; c'est là ce qui en a entravé l'extension.

Ces reproches ne peuvent pas s'adresser au procédé qui nous reste à décrire.

g. Procédé du 3' Ch. Bailly : Stypage. — Le procédé du D' Bailly consiste dans l'utilisation médiate du froid produit par l'évaporalion du chlorure de raéthyle [Acad. de MM., 18 octobre 1888). Les inconvénients du contact direct du chlorure de métliyle

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^eau sont évités en recevant le jet de chlorure do méthyle sur un lampon de ouate sèche non hydrophile el de bourre de soie (stypé : chanvre, bourre), la ouate au centre, la bourre de soie à la périphérie. On peut encore tremper le tampon dans le récipient de chlorure de méthyle. Le tampon est iixé dans un cadre d'ébonite ou de bois muni d'un manche; on peut ainsi le promener, en exerçant de légères frictions, sur la surface que l'on veut refroidir.

Le tampon frigorifique emmagasine et conserve en quelque sorte son activité réfrigérante dans des conditions très régulières. Sa température peut se maintenir pendant une durée de 15 à 45 minutes entre 20° et 55° au-dessous de zéro. En le promenant sur la peau, on produit un refroidissement brusque des parties touchées. Si Ton suspend l'application après uneou deux secondes, le sujetn'aéprouvé qu'une sensation de froid suivie d'une légère stimulation locale.

Si l'on insiste davantage, la sensibilité s'émousSe; la peau devient d'une pâleur cadavérique, suivie bientôt d'une congestion de retour. En maintenant encore l'applicalion, on obtient une anesthésie complète. Si l'on dépasse ce point, l'épiderme s'altère dans sa coloration et prend une teinte bruniitre qui persistera plusieurs semaines, sans qu'il y ai t pourtant d'autres signes de désorganisation.

Au delà de ce terme, on obtiendrait une mortification des tissus.

La gradation des phénomènes est assez régulière et ralentie pour qu'on puisse se maintenir, avec un peu d'habitude, au degré convenable et éviter les mortifications et les eschares auxquelles on est exposé dans les procédés d'application directe du liquide réfrigérant.

3tl

ixs AKesru^QCEs.

Outre ses usages aneslhésiqoes, le stypage permet ie<^ applications au traitement des névralgies, des rhumatismes musculaires et de diverses autres afleclions.

Il faut avoir soin de bien essuyer la région sur laquelle le tampon doit être appliqué, afin qu'il ne se forme pas de glaçons et qu'il ne s'établisse point d'adhérence entre la bourre de soie et la peau. Si l'on opère sur les muqueuses (muqueuse buccale pM exemple', on a soin d'interposer entre le tampon et la muqueuse un morceau d'élotTe de soie Gne.

L'outillage nécessité par le procédé comporte divers tampons avec leur lige porte-tampon et le siphon qui sert à emmagasiner le chlorure de méthyle; enfm, au besoin, le lermo-isolaleur d'Areonval.

Le siphon industriel est le siphon Vincent. La Société centrale de Produits chimiques (rue des Écoles, ii) a mis en vente un autre modèle très portatif, perfectionné par L. Brasse (Soc. BioL. I" et 22 décembre 1888), dont l'ajutage est disposé de manière soit à pulvériser le liquide, soit à le déverser d'une manière régulière sur les tampons. Enfin, le thet^mo-uolateur à vide sec de d'Arsonval permet de conserver le gaz liquéfié comme un liquide fixe à la température ambiante et de le manier aussi facilement que l'eau ordinaire. On peut aussi y ploDger les tampons frigorifiques (.Soc. BioL, Il février 1888).

En résumé, la méthode de stypage paraît résoudre complètement le problème de l'anesthésie localisée.

Ajoutons que V.Gnlippe(5of. BioL, 4 février 1888) était arrivé à une application analogue du chlorure de métbyle liquéfié. Il maintenait la substance à l'état

AM:s'riJÉsiE 1

liquide en la recevant dans de rétlier. La solution éthérée de chlorure de méthyle conservée dans un verre à expérience reste 1res longtemps à une température extrêmement basse.

§ 3. Auesthéslgues locaux spécifiques. — Cocaïne.

En dehors delà réfrigération, il y a encore d'autres moyens de réaliser l'anesthésie locale. L'acide carbonique, par exemple, constituË un agent anesthésiant dont le mécanisme n'a rien avoir avec la réfrigération. D'autres substances posséderaient la même propriété et la présenteraient même à un degré très éminent. La cocaïne, dont nous allons parler, est le type de ces agents, 0. Liebreich et Bussemier en ont élendu singulièrement et un peu arbitrairement le nombre {Soc. Biol., 14 avril 1887). Pélican (de Saint-Pétersbourg) a rangé dans celte classe nouvelle la saponine. Filehne aprétendu que toutes les substances proches de l'atropine sont des anesthésiques locaux. Liebreich signale le chlorhydrate d'ammoniaque, le bromure el le sulfate de la même base, le bromure de sodium, le sesquichlorure de fer, l'acétate de plomb, l'hydroquinone, la résorcine, l'antipyrine, l'huile de thérébentine, l'hydrate de thérébentioe,reucalyptol,rhuile de camomille, etc. On a joint à la liste l'acide phénique fort. Ces substances agiraient en détruisant les terminaisons nerveuses et en modifiant les parties nerveuses voisines.

— Mais toutes ces substances produiseivl une anes- Ihésie douloureuse, c'est-à-dire qu'elles commencent par provoquer de la douleur et qu'elles finissenl par laisser de l'hyperhémie. Ce sont de véritables caus-

en agissant

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. qndqae jour, par- E 4'aitres |giiiai|r. k fhn scrfilaire qu'elle ija^rfhâ éam» ccUe nonTelIe calégorie ri^!lhfTi^«r- lacan. L^orde 18 anil 1S85) a IBBIMIT «■ tCet qae, a h limite et la caféine pures Jo iw I CB ilie exifacsv b getémioe cristallisée, et peat-ébc ■■ çlacosiSe du IMdo. (ievront y être introdaits. Iiéjà Fim a simulé récemmeat deux substances qai ^Bt très aBalogaes àaa» leur effets à ia «M-aîne : il ?'a^f de la ttnpJtmfUme et de fouabalne. L'action aocsthésiaole de ces deux corps serait beaucoup plu? puissante que refle de la cocaïne. Pour produire l'anesthêsie coméenne avec le chlorhydrate de cocaïne chez le lapin, il faut 5 ou 6 gouttes de la golulîoo au centième. D suftit de 4 gouttes de la solution au millième de strophaotine ou d'ouabaîne pour obtenir cette anesthésîect la voir durer au delà d'une heure. L'inslillaliou ne cause pas d'bvperhémie ou d'inûammalion appréciable ; peut-être, dans quelques ca5, peut-on signaler une légère irritation douloureuse. L'insensibilisation s'accompagne d'une constrictioD pupillaire qui commence après une demi-heure et disparaît avant la tin de l'aoesthésie (Gley, Soc. Biol., 9 novembre 1889i.

La slropbanline, que l'on a obtenue à l'état crislallisi: (Catillon, Arnaud, Hardy et Gallois) est une sorte de glucoside, C^'H''0'*, extrait du slrophanlus hispt-

ANESTHBSIE LOCALE.

dus, OU komljé, dont les Pahouins du Gabon emploient les semences pilées pour empoisonner leurs flèches el leurs sagaies. Vouabaine, C"H*'^0'-, est extraite de l'ouab^o, qui fournit le poison à flèche des Çomalis (Arnaud, Ac. des Se, 3 avril 1888). La cocaïne ne restera donc pas un type isolé.

a. Découverte des propriétés de la cocaïne. — Nous avons déjà dit que la cocaïne a été découverte deux ou trois fois : par Gardeke en 1835, par Samuel R. l'ercy en 1857, sous le nom d'érytliroxyline, et enfin par Niemann en 1859, sous son nom actuel de cocaïne .

On en a utilisé les sels, qui soDt solubles : le sulfate et surtout le chlorhydrate. Lorsque l'on emploie le nom de cocaïne, il faut se rappeler que c'est une abréviation incorrecte qui désigne le cldorliydrate de cocaïne, comme les noms de morphine et d'atropine sont employés pour désigner aussi le chlorhydrate de morphine et le sulfate d'atropine.

L'origine des applications chirurgicales de la cocaïne se trouve dans les observations de K. KoUer (de Vienne), qui a reconnu l'action insensibilisatrice qu'elle exerce sur la conjonctive oculaire et sur la cornée. Cette propriôfé remarquable fut vérifiée presque aussitôt par von Reuss, L. Howe, C.-R. Agnew, Meyer et Dor, Panas, Terrier, etc., et bientôt après par tous les ophtbalmologistes. Mais le point de départ de cette application précieuse se trouve luimême dans l'usage que faisaient de la coca les habitants de l'Amérique du Sud, qui ont reconnu de temps immémorial ses propriétés excitantes et constaté incidemment l'espèce d'insensibilisation qu'elle produit sur la langue. Cette action anesthésiante localisée a

éié >ppË(]aée dès 1B78 par Ch. Fauvel et Cou| dans les afleeUoos doulooreoses du pharynx eld larynx.

Sous avons examiaé plus haut iLiv. II. cb. VU) l'action physiologique de la cocaïne iniroduile dans l'organisme par injection sous-cutanée ou inLra-veiueuse. distribuée par le sang et enerçâut ainsi des eflels généraux.

*. KodM d'emploi. — Il s'agit ici seulement de ses effets locaux. Le chlorhydrate de cocaïne est employé pour rancsthêsie locale de trois manières: fen ini^til' lattons dans l'œil ; 2" en badigeoonages appliqués sur le tégunient des muqueuses ; 3° en iujeclions dermiques ou hypoilemiiques. C'esl naturellement sous cette dernière forme que la pénétration est la plus parfaite, l'imprégnation des tissus plus complète, el ronséquemment que l'action est la plus énergique. Il faut remarquer en même temps que ce procédé expose davantage aux risques de la dilTusion générale dans l'organisme, et, par là, aux phénomènes de l' intoxication cocainique qui viennent se superposer au\ effets locaux. Lorsqu'on ne recherche que ces derniers et c'est le cas à peu près universel — on devra dooc employer les précautions les plus attentives pour éviter la dilTusion de la cocaïne (procédé de Reclus) ou en restreindre l'acLivité (solutions étendues, doses faibles).

f. Théorie de l'actioa cocaïnique. — Deux traits prîucipauxcaractcriseniracLioncocaïnique. Elle amène une insensibilisation des parties et une anémie 1res marquée. L'iiisloire delà cocaïne est presque entièrement contenue dans ces deux termes : action anesUiésiauU et action vaso-consirictive énergique.

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On a voulu à lort rattacher la première de ces propriétés à la seconde, ainsi que nous l'avons expliqué précédemment. Ce serait en resserrant les vaisseaux, en anémiant le tissu et en abaissant ainsi sa vitalité que la cocaïne atteindrait du même coup la sensibilité (Laborde). Cette explication a été contredite par les faits.

En réalité, la cocaïne s'adresse dircctemeni aux expansions nerveuses et aux terminaisons avec lesquelles elle entre en contact. L'efl'et de la cocaïne s'observe surtout sur les muqueuses à épithélium délicatet à terminaisons nerveuses intra-épithéliales. C'est la raison de son efficacité sur la conjonctive cornéenne. Dans ce dernier cas, la solution pénètre successivement à travers l'épithélium, imprègne la terminaison nerveuse sans être contrariée par l'irrigation sanguine, — seconde condition favorable à l'efficacité, — atteint les espaces lymphatiques, se mêle à l'humeur aqueuse, et baigne l'iris (Arloing). La cocaïne exerce des actions diverses, dont le détail a été examiné plus haut'. Mais ce qui explique son action comme anesthésique local, c'est une altération directe et passagère des terminaisons nerveuses et des fibres nerveuses dissociées et surtout non protégées par la myéline, avec lesquelles elle peut entrer en contact direct.

d. Emploi en chirurgie oculaire. — C'est Karl Koller (de Vienne) qui a introduit la cocaïne dans la chirurgie oculaire (17 octobre 1884, Wien. med. Wnch.). — Le chlorhydrate de cocaïne est généralement employé en instillations simples dans le cul-de-sac conjonctival. La solution habituelle est à 1/200. Cependant, on a employé les solutions à i p. 100

SaO l.y.S AKESTHÉSIQUES.

(Harlridge) ; h 5 |j. 100 (von Reuss, Panas), et même à 8 p. 100 (Krailford). On fait ainsi tomber sur l'œil quelques gouttes du liquide (7 » 8 gouttes) dans ud intervalle de quelques minutes. Après un quart d'iioure, l'efTet est obtenu, et il se maintient pendant une dizaine de minutes, temps suffisant pour lesopérations. On peut d'ailleurs entretenir l'état d'ânes- Ihésie en renouvelant les instilla fions. Ces instillalions répétées sont sans inconvénient si on les espace suffisamment, car la cocaïne ne s'accumule pas dans l'organisme.

L'effet remarquable de ces instillations est une insensibilité complète de la cornée et de la conjonctive, lors même que ces membranes sont enllammées. Un second effet, également précieux, est une dilatation 1res marquée de la pupille. Celte mydriase est un peu tardive : elle arrive après que Tinsensibilîsation existe déjà ef elle lui survit pendant plusieurs heures. Les elTels accessoires sont la pâleur el l'ischémie des membranes de l'œil, récartemenl des paupières, une légère propulsion du globe ocul^re et sa fixité.

Quant à l'iris, il est légèrement analgésie si l'on a attendu un temps suffisant ; mais il continue de réagir aux impressions lumineuses. L'acuité visuelle et la réfraction ne seraient point altérées, il y a une légère parésie de l'accommodation. La tension des milieux oculaires est un peu diminuée, moins cependant que lorsque l'opérateur a fait usage du chloroforme, et celle circonstance permet de vider plus facilement, dans l'opération de la cataracte, la chambre antérieure des débris de la substance corticale ^Sch^veigge^).

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-L'insensibilisation cependant, outre qu'elle persiste peu, reste superficielle, et, par conséquent, ne suffit point, dans les cas d'opérations profondes, telles que l'extirpation du globe oculaire. On peut modifier l'administration de la cocaïne de manière qu'elle convienne également aux manœuvres chirurgicales dans la profondeur comme à la superficie. Turnbull continue pour cela les instillations dans l'œil, même pendant l'opération. C. Coks pratique une injection dans les muscles, particulièrement dans le tendon du droit externe ; d'autres ont conseillé l'injection dans un repli de la conjonctive.

Certains opérateurs, au lieu d'employer les solutions de chlorhydrate, ont eu recours à une pommade ; vaseline et cocaïne 5 p. 100. On introduit une petite masse de la grosseur d'une tète d'épingle dans l'un des culs-de-sac palpcbraux (Katzaouroff cl Zacharievsky).

Comme contre-indications àTemploi de la cocaïne, il faut citer le glaucome (Schweigger, Hartridge). On a encore signalé comme inconvénients possibles de la cocaïne la production d'infiltrations cornéennes et de kératites neuro paralytiques (Galezowski, Pflûger. Bunge). Enfin l'usage prolongé de la cocaïne dans l'iritis, pour empêcher les synéchies, pourrait développer des phénomènes glaucomateux (Javal, 18861.

e. Emploi pour les opérations on l'intervention mëdicale Bur les muqueuBea. — La solution de chlorhydrate de cocaïne appliquée en badigconnages sur les muqueuses amène une insensibilisation et une décongestion de la surface touchée. Le fait était connu des habitants de l'Amérique du Sud en ce qui concerne la

»! IXS ANESTnÉSIfjL'ES.

muqueuse «le la lanjciie el de la bouche. Von" {P/liiger's Arckw., 1879! prétend être le premier obi scrvateur qui ait étendu l'existeDce de cette action âl toutes les muqueuses. De fait, le résultat est le mèinn pour les muqueuses du nez, de la bouche, du pha-J rynx, du larynx, du rectum, des voies génitales e urinaires. Il importe loulefois de remarquer que l'action est d'autant plus énergique qu'il s'agit de mu-J queuses à éléments plus délicats et plus riches enJ terminaisons nerveuses superficielles. C'est parce qu»f la conjonctive et la cornée réalisent au plus haut degré ces conditions qu'elles sont aussi les plus sensibles 4 l'influence cocaïnique.

Le badigeonnage «les muqueuftes ne produîtle plusl souvent qu'un amendement de la douleur, plutôVl qu'une véritable anesthésie. Cependant cette insensibilisation peut être suffisante pour les applications médicales el chirurgicales.

Nous avons rappelé la pratique de Ch. Fauvel el Coupard, qui ont tiré partie de ces badigeonnagesdc cocaïne dans les afTections douloureuses du larynx et du pharynx. Dès I88i, Selinck a employé les solutions concentrées à 5 p. 100 ou 10 p. 100 (il faut alors se servir d'eau alcoolisée) pour les besoins de la laryngoscopie elles petites opérations sur lelarynx. — Stork, à la même époque, a pratiqué, avec le secours de la cocaïne, l'ablation d'un polype des cordes vocales. De même, Moure et Baraloux, — Les badigeonnages ont été encore employés pour amender la douleur et l'inflammation dans les amygdalites, otites aiguës, ablation des polypes du nez, cautérisation des amygdales.

— En ce qui concerne la muqueuse urétlirale,

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' Knàpp, Blumenfeld, Eberle, ont, les premiers, essayé d'enémousserlasensibllilé, au moyen d'une injection de 30 il 45 gouttes de la solution à 2 p. 100 que l'on fait retenir pendant quelques minutes. Ils ont ainsi réussi à faciliter les sondages et même les manœuvres de la lithotritie (K. F. Weir).

— Au même moment, c'est-à-dire dès cette année 1884, E, Fraenkel et R.-J. Levis employaient les badigeonnages de la muqueuse vulvo- vaginale et de la partie vaginale du col, dans diverses circonstances, pour permettre des opérations ou des manœuvres auxquelles la douleur créait un obstacle infralichissable : cautérisation, — enlèvement de végétations superficielles, condylomes, caroncules, — curage de la cavité utérine, — et aussi pour diminuer l'excitabilité réflexe dans le vaginisme. Fraenkel s'est proposé également la question de savoir s'il serait possible d'atténuer les douleurs dans l'acte de la parturition. Les douleurs produites par la dilatation du col, au moment du passage de la tète, résultent d'une distension et d'une dilacération des parties profondes, qui ne semblent guère justiciables de la cocaïne, puisque celle-ci n'exerce qu'une action superticielle. Pourtant, Dubois, Doleris et Boisieux ont obtenu de très bons effets des badigeonnages avec la solution 4 p. 100 {Soc. BioL, 17 janvier 1883). Plus lard, Jeannel (de Montpellier) a employé avec profit la solution à 5 p. 100, appliquée au moyen d'un pinceau ou d'un tampon de ouate laisse à demeure,

— Pour ce qui concerne la muqueuse anale, la cocaïne a encore rendu des services très réels pour amender les douleurs des affections de cette région dans les cas de fistule douloureuse (Mivarl), pour per-

91 LSS &XESTSÉ;»QirES.

m«lire les manœuvres et pour diminuer i'cxcitabililé K-flexe dans les cas de spasmes du sphincter aoal (Fr«enkeli.

— Les applicalioos se sont multipliées à l'infini; il suIGt d'en iodiquer le point de départ. Od a employé la cocaïne en ingestion stomacale pour supprimer les spasmes œsophagiens (Freud) ; coatre les vomissements ÎDcoerciblcs de la grossesse (Holz); contre les gen,*ures du sein iHerrgotl) ; contre le mal de mer Ilanlzi: dans le traitement de la variole et de la varioloïde iLuton et Ory).

— La cocaïne a été employée dans Tari dentaire. Le badigeonnage de la gencive n'en anesthésie que la surface : on n'alteinl pas ainsi l'alvéole et la pulpe dentaire. Il Faut avoir recours à l'injection intragingivale ; mais celle-ci ne permet même pas toujours d'insensibiliser la pulpe et de rendre l'extractioD indolore iMagilot, Prélerre, etc.).

— On l'a employée en otologiepour amener la sédation lie la douleur et pour faciliter le catliétérisme de la trompe d'Eustache. On trouvera des indications sur fous ces emplois dans la Thèse de Boucliet (Paris, 1889. n°395i.

f. Emploi poQT les opéxatlona de chirurgie couiante. Iiùectiona dermiqueB. — Mais le badigeonnage, c'est-à-dire la simple application à la surface des muqueuses, ne produit, ainsi que nous l'avons dit, qu'une insensibilisation très superficielle, incomplète et peu durable. Le procédé ne peut suflire pour les opérations importantes. Si l'on veut obtenir une aneslhésiation plus parfaite, plus durable et plus étendue en profondeur, il faut faire pénétrer la solution cocaïnique dans l'épaisseur même du tégument muqueux. De là

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i dermiques et hypodermiques.

Ce mode d'admiaislration est eucore plus nécessaire si l'on veut produire l'insensibilisalion de la peau, de manière à pratiquer des opérations dans toutes les régions recouvertes par le tégument externe. En effet, les simples applications de cocaïne sur la peau saine ne produisent aucun effet. Même en employant la solution plus concentrée à 1/60, P. Bert n'a rien obtenu (5oc. Biol. : 17 janvier 1885).

L'épiderme constitue une barrière à peu près infranchissable. On a essayé l'action sur des parties dénudées de leur épiderme, en appliquant le liquide sur une plaie de vésicatoire ou en l'injectant dans la sérosité de la cloque. On a observé alors une analgésie très marquée au bout de 3 minutes et disparaissant rapidement au bout de 12 minutes. L'aneslhésie reste très limitée, et, si l'application n'est pas extrêmement régulière, on trouve des points douloureux juxtaposés aux points insensibles. Ce n'est que dans le cas où la peau est dénudée ou très enflammée que l'absorption peut se produire; c'est ainsi que Burchard a pu insensibiliser le doigt atteint de panaris en le trempant dans la solution de cocaïne, et que Weiss a pu panser d'une manière analogue des brûlures de la face.

L'anesthésie localisée par ki cocaïne n'est donc possible, en général, qu'au moyen des injections dermiques. Telle est la pratique des dentistes qui administrent le chlorhydrate de cocaïne en injections intra-gingivales et des chirurgiens qui ont généralisé cette manière de faire.

L'injection doit être exécutée suivant des règles précises, sur lesquelles ont insisté Reclus et Isch Wall.

R*r)i^ r> C'S'. : !•> f^Triç-r IS!<& . Le liquide ne doit par ^.re f^iiî^r dinï le Ufsu cellulaire sous-cutané, 'a: 11 Hî*3-'rri:: dr !?^ diffuser, mais dans le denne icî-cr:r;r. V- :1 -rst mi'eux relenu. On emploiera la '^♦T.luliin i '1 V. {•>'•- rt on ne dépassera point Tintro- •iu-:t;va «ir j»» •^eQîÎCTammes. c'est-à-dire 10 cenlim-tnrs -rul>rs I ■■ s-rrin£iie? de Pravaz . Le danger est la f»êû^tril;on de h s^-lutiôn dans une veine. Mais cet iaconv-nienl seri frviiié si Ton pousse le piston de la seringue ea même tempis que Ton enfonce Taiguille dans le tissu. 11 arrÎTera ainsi que. si la pointe pique une veine et p^eut y faire f-ênélrer une goutte de liquide, elle ne tardera f-oint à en sortir. L injection a pour effet, de faire proêminer une ligne blanchâtre de chaque cùté de laquelle Teffet anesthésique s étend sur une larseur d'un à deux centimètres.

Grâce à ces précautions, la cocaïne constitue un agent précieux d'anesthésie localisée: et elle permet dr? o|v.*r.'.tions nombreuses, la plupart des opéralions courantes : croître, herniotomies. résections \\*: côtes, excision du sein, etc. Reclus possède Tùn observations dans lesquelles il a fait usage de cet alcaloïde, qui s'est toujours montré un analgésique fidèle et constant : 7 fois seulement sur 300, il aurait vu se produire des accidents qui, dans aucun cas, d'ailleurs n'ont été mortels.

>j. Dangers. — 11 faut être prévenu des dangers de l'absorption de la cocaïne administrée en injections ou même simplement appliquée sur des surfaces avivées et absorbantes. Dans ce cas, au lieu des phénomènes de lanesthésie localisée, on est exposé à ceux de Tempoisonnement général livrell,ch. VII,§3».Lescasde ce genre abondent. Dujardin-Beaumetz , Rouquelle,

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Laborde, un grand nombre d'observateurs, ont signalé ces accidents. D'après Roux etDumont (de Berne), les cas publiés de ces accidents s'élevaient, au mois d'octobre 1888, au chiffre respectable de 126. Delbosc [Thèse de Paris ^ 1889), qui a analysé minutieusement ces accidents, n'a trouvé dans ce nombre que quatre accidents mortels. Quelle que soit, dans les autres cas, la gravité apparente des symptômes : pâleur de la face, sueur froide, dyspnée, frissons généralisés, nausées, vomissements, vertiges, excitation cérébrale, ils ne mettent point en péril l'existence du malade. En résumé le chlorhydrate de cocaïne est incontestablement le meilleur des anesthésiques locaux, à la condition que l'on réussisse à en localiser strictement l'action.

§ 4. Contre-indications de l'anesthésie localisée.

Quant aux contre-indications de l'anesthésie localisée, elles se réduisent au seul cas où les tissus sont sans vitalité, en état d'asphyxie, ou atteints de troubles trophiques. Encore faut-il ajouter que ces contre-indications ne sont point formelles.

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