‹ Les anges du foyerChapitre 13 sur 16 · LA ROCHE PERCÉE · texte numérisé non relu

LA ROCHE PERCÉE

menl où nos voyageurs atteignaient la grève qui sépare Kelern de Gamaret, l'orage éclata avec une violence effrayante.

Claude inquiet ramena Pierre et Renée contre lui, et chercha des yeux un abri; mais toutes les maisons étaient trop éloignées pour que l'on songeât à les rejoindre; enfin il se rappela heureusement la Roche- Percée et y courut en entraînant les deux enfants.

On donnait ce nom de Roche-Percée à une roche conique dont l'intérieur, naturellement creusé, communiquait avec le sommet par une sorte de cheminée. Les pêcheurs, les pâtres et les enfants du voisinage s'y mettaient parfois à l'abri. Elle était hors de l'atteinte des flots, et les grandes marées elles-mêmes en baignaient à peine l'entrée.

Claude et ses deux enfants y trouvèrent les restes d'un feu allumé dans le jour, et des débris de bois recueillis sur la grève pour l'entretenir. Des galets réunis formaient un âtre grossier autour duquel on avait rangé quelques pierres en guise de sièges. Un amas d'alga:s

desséchées occupait le fond de cette grotte et pouvait servir au besoin, à l'entretien du foyer.

Morvan ranima la flamme assoupie, fit asseoir les enfants assez près du feu pour sécher leurs vêtements, et retira du panier quelques provisions qu'il leur distribua.

L'orage, loin de s'apaiser, croissait d'instant en instant; on entendait le vent siffler à travers les fissures des rochers, et la mer mugir en broyant les cailloux du rivage; des tourbillons de pluie, emportés 'par la rafale, venaient fouetter par instant la Roche-Percée et retombaient en cascade sur le sable. Claude connaissait assez les orages de mer pour savoir que celui-ci durerait au moins toute la nuit, et qu'il ne pouvait songer à quitter avant le matin l'asile où il avait trouvé un abri. 11 se décida, en conséquence, à étendre l'algue dessécliée qui se trouvait au fond de la grotte, afin d'en faire un lit pour Pierre et Renée; il les couvrit ensuite de son habit et revint se placer près du feu.

La respiration douce et égale des deux enfants lui apprit bientôt qu'ils étaient endormis.

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