Gilbert, in Traité de Méd., t. Il, p. 40S
LÉSIONS VISCÉRALES
mine à un fort grossissement, on découvre des lésions bien étudiées par MM. Cornil et Brault et par Oertel. Il y a une néphrite en foyers, caractérisée par des amas de leucocytes ou de cellules rondes soit dans le parenchyme, soit dans la substance corticale. Dansleglomérule, lesanses vasculaires sont considérablement distendues par les hématies; la cavité glomérulaire est remplie de cellules granuleuses et de débris épithéliaux. De même, il y a une desquamation épithéliale très nette au niveau des tubuli contorti : leur cavité est élargie et remplie d’un détritus granuleux. Les tubes excréteurs sont presque toujours respectés. La lésion la plus ordinaire est la glomérulite avec distension de la capsule de Bowman (Brault).
Les altérations macroscopiques du foie ne sont pas très considérables; on le trouve seulement congestionné et légèrement augmentâde volume. D’après Morel 1 il existe toujours, outre une dilatation vasculaire très marquée et un peu de prolifération conjonctive au niveau des espaces portes, des lésions de la cellule hépatique. Celle-ci est infiltrée de petites gouttelettes graisseuses qui, dans certains cas, la remplissent entièrement ; le plus souvent elles siègent sur les bords de la cellule; mais le noyau ne disparaît pas ; il est toujours Colombie. En somme, il s’agit là non d’une dégénérescence granulo-graisseuse delà cellule, mais d’une simple surcharge graisseuse. Jamais M. Morel n’a constaté les hémorragies sous-capsulaires signalées par Oertel.
Le cœur est souvent absolument sain en apparence.
1. Morel, Contribution à l’étude de la diphtérie . Thèse Paris, 1891.
D’autres fois, il est jaunâtre, de consistance mollasse, les oreillettes sont distendues par des caillots fibrineux. La myocardite signalée par Leyden, puis par la majorité des auteurs, a été étudiée par M. Huguenin *, MM. Rabot et Philippe 1 2 , etc. Elle se caractérise presque uniquement par des lésions histologiques qui portent sur tous les éléments constitutifs du myocarde ; les fibres sont tuméfiées, déformées, présentant soit l’aspect vitreux de Zenker, soit la dégénérescence granuleuse ou granulograisseuse. Les artérioles sont atteintes d’endartérite oblitérante très prononcée; il y a un épaississement considérable de la tunique interne qui est bourgeonnante,. infiltrée de cellules jeunes. Les artères et les fibres musculaires sont, d’après Huguenin, beaucoup plus touchées que le tissu conjonctif qui n’est cependant pas épargné; il porte toujours des traces de prolifération des cellules embryonnaires et d’inflammation. D’après M. Hayem, la myocardite serait à la fois interstitielle et parenchymateuse.
L’endocardite valvulaire d’origine diphtérique que MM. Bouchut et Labadie-Lagrave croyaient très fréquente paraît au contraire extrêmement rare (Parrot).
On signale plus souvent des ecchymoses sous-péricardiques; jamais on n’a constaté de péricardite soit sèche, soit avec épanchement.
1. Hügdenin, De la myocardite diphtérique. Thèse Paris, 1890.
2. Rabot et Philippe, Arch. de Médec. expérim., septembre 1891.