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Klebs, Congrès de Wiesbaden

4. Lôffler, Mittlieilungen aus dem Reichsgesundheüsamte, Bd II,

ÉTUDE BACTÉRIOLOGIQUE 95

dans un certain nombre de cas et de la présence, dans la bouche d’enfants n’ayant pas eu la diphtérie, d’un bacille absolument semblable au bacille de la diphtérie, mais ne tuant pas les animaux; il faisait remarquer enfin que le bacille trouvé par lui dans les cas de diphtérie ne pouvait produire de fausses membranes que sur des muqueuses préalablement lésées.

Aussitôt après, des travaux confirmatifs se multiplient. Les plus importants sont ceux de MM. Roux et Yersin '. Ces auteurs trouvent dans 15 cas sur 15, un bacille identique au bacille de Klebs-Lôffler; ils le cultivent, étudient ses effets sur les animaux, sa répartition dans les fausses membranes, et peuvent même reproduire des paralysies analogues aux paralysies observées chez l’homme.

Il était dès lors bien démontré que l’angine diphtérique reconnaissait pour cause le bacille décrit par Lôffler. Malgré les recherches négatives de Prudden 1 2 (qu’il convient peut-être d’attribuer à des fautes de technique), malgré les affirmations de Baumgarten, soutenant que la diphtérie était causée par un streptocoque, l’accord devenait peu à peu unanime : sur 473 cas examinés par différents auteurs de 1886 à 1890, le bacille de Lôffler était rencontré 450 fois.

Cependant, il y a des cas où les fausses membranes pharyngées simulent d’une façon complète celles de la diphtérie et où on ne retrouve pas le bacille de Lôffler. Tantôt les angines auxquelles elles appartien-

1. Roux et Yersin, Contrib. à l’étude de la diphtérie. Annales de l’Institut Pasteur, 1888-1889-1890.

2, Prudden, The American Journal of medical Sciences, april 1889.

nent sont secondaires, par exemple, celles de la scarlatine (Marie Raskin, Wurtz et Bourges) ; tantôt elles sont primitives (Roux et Yersin, Martin, Morel, Baginsky). Le plus souvent on y trouve un streptocoque, mais il peut encore s’y rencontrer d’autres microbes.

La bactériologie nous enseigne donc qu’à côté des angines pseudo-membraneuses, produites par le bacille de Lôffler, il y en a d’autres où ce microbe fait défaut, quoique dans les deux cas les fausses membranes soient absolument comparables; elle confirme ainsi ce que nous avaient appris la clinique et l’anatomie pathologique : « que la présence d’un exsudât diphtéritique sur la muqueuse ne prouve pas du tout qu’il soit produit par le poison de la diphtérie ».

Ainsi, les angines pseudo-membraneuses, considérées au point de vue bactériologique, se divisent en deux grands groupes :

1° Les angines diphtériques caractérisées par la présence du bacille de Lôffler.

2° Les angines pseudo-diphtériques où on ne trouve pas ce bacille, mais d’autres microbes.

Nous devons les envisager séparément. Le premier groupe a été de beaucoup le plus étudié; on peut même dire qu’il y a peu d’affections où l’agent pathogène, le' mode d’action du poison, la détermination des accidents immédiats et consécutifs, le rôle des infections secondaires soieqt mieux connues. Au contraire, le groupe des angines pseudo-diphtériques est encore à l’étude : nous essaierons de faire voir que la fausse membrane peut être due à l’altération des muqueuses par des

BACILLE DIPHTÉRIQUE

microbes divers, mais sur bon nombre de points il restera encore bien des lacunes à combler.

[l’angine diphtérique

1° Bacille diphtérique

Cultures. — Le bacille de Lôffler pousse bien sur l’agar; au bout de 24 à 36 heures, -on voit apparaître des colonies rondes, blanches ou d’un blanc grisâtre, ayant pour caractère distinctif d’être plus épaisses au centre qu’à la périphérie.

Le sérum gélatiné de bœuf ou de veau est le milieu le plus favorable à son développement, surtout si, comme le recommande Lôffler, on ajoute au sérum 1/3 de bouillon de veau, contenant 1 0/0 de sucre et de peptone, 0,5 0/0 de chlorure de sodium. Le sérum provenant des épanchements pleurétiques se prête moins bien à sa croissance. Au bout de 18 heures, à la température de 35°, les colonies commencent à apparaître ; elles se montrent sous l’aspect de petites taches saillantes, rondes, grisâtres, plus épaisses au centre que sur les bords; en 48 heures, elles peuvent acquérir 4 à 5 millimètres de diamètre, surtout lorsqu’elles sont suffisamment espacées.

Sur les plaques de gélatine, les colonies apparaissent

1. On trouvera dans le savant ouvrage de Bourges l’exposé complet des caractères morphologiques et biologiques du bacille de Lôffler. (Bourges, La Diphtérie, Bibl. Méd. Charcot-Dcbove

lentement; elles sont blanches, rondes et elles n’atteignent jamais un très grand développement; elles né liquéfient pas la gélatine. Examinées à un faible grossissement, elles forment de petites masses épaisses, granuleuses, à bords crénelés et irréguliers. Ensemencé par piqûre sur des tubes de gélatine, le bacille de Lôffler forme des colonies arrondies, blanches, se développant autour du trait d’ensemencement et restant toujours très petites.

Le bouillon de bœuf ou de veau, neutre ou légèrement alcalin, se trouble au bout de 24 heures. On voit flotter dans le liquide de petits grumeaux blanchâtres, qui bientôt se rassemblent au fond du vase, et le bouillon s’éclaircit. MM. Roux et Yersin ont bien montré que la culture devenait d’abord acide, mais que plus tard elle redevenait alcaline ; c’est alors qu’elle est le plus toxique. Cette réaction ne se produit qu’au contact de l’air. Cultivé dans le vide, le bacille de Lôffler — car il est facultativement anaérobie — se développe peut-etre un peu moins vite et la culture reste toujours acide.

Il pousse de 20° à 40°; la température la plus favorable est de 35° à 38°. Au-dessus de 40° tout développement s’arrête; à 50° les coloniess ont tuées; desséchées, elles peuvent résister à une température de 95°.

La vitalité du bacille de Lôffler est très grande. Sur sérum, il peut vivre pendant six mois; dans des tubes de bouillon fermés à la lampe, on l’a conservé pendant quinze mois. C’est dans les fausses membranes desséchées que le bacille reste'le plus longtemps virulent ; des fausses membranès conservées pendant quatre mois à l’abri de la lumière et de l’air ont pu servir ensuite à

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