OBSERVATION VI
Thèse de Charles Perrr, Faculté de Paris 1914.
Angiome de la langue traité par la Radfumthérapie.
B...., Berthe, 7 ans, Paris.
L'observation présente est incomplète car la malade est encore en cours de traitement, mais l'amélioration est déjà telle que l'action du radium est manifeste.
Quand la malade est venue pour la première fois à la clinique elle avait la bouche entr ouverte, la langue était si grosse qu'elle ne pouvait la rentrer complètement. Les mouvements étaient devenus plus difficiles à mesure que progressait l'hypertrophie, l'enfant avait grand peine à parler, la mastication était des plus pénibles ainsi que la respiration et enfin Îà salive s'écoulait sans cesse hors de la bouche.
Quand on demande à l'enfant de tirer la langue, elle apparait tout à fait déformée par un énorme angiome qui d'un côté à l'autre oecupe toute la moitié gauche et dépasse la ligne médiane ; d'avant et arrière, il s'étend depuis la base de la langue jusqu'à la pointe ; on peut done dire que les deux tiers de la langue sont pris par cet angiome. Le bord gauche est épais de 35 millimètres. La muqueuse est lisse et rouge. Enfin le fait que la malade ne peut fermer la bouche a amené des altérations de la muqueuse dues au désèchement et à la pression des
dents. Aussi voyons nous en eertains points des bourrelets œdémateux
d'un rouge vif et commençant même à saigner légèrement. |
Le traitement par inclusion de iubes radifères dans la tumeur est décidé, mais le mauvais aspect de la muqueuse et sa tendance à saigner font prendre une précaution : au lieu de placer le tube en pénétrant directement avec le trocart dans l'angiome, on fait les petites incisions dans la partie sain, de la muqueuse.
L'opération est faite le 1% Décembre 1913, par MM. les Dr Desjardins et Dominici et l’on introduit le tube de 50 milligrammes de sulfate de radium. La diminution de volume de l’angiome se produit peu à peu pendant tout Ie mois qui suit l'introduction et après quelque temps d'état stationnaire on décide une nouvelle intervention.
Elle à lieu le 16 Février 1914, dans les mèmes conditions que la précédente. Le tube dans les 2 applications est laissé en place pendant 24 heures.
Cette nouvelle opération a eu pour effet de faire regresser la tumeur et l’amélioration se poursuit jusqu’au 21 Mars où nous revoyons la malade pour la dernière fois avant de rédiger cette observation.
Conclusions
1° Parmi les tumeurs que l’on peut rencontrer au niveau de la langue les angiomes constituent une véritable exception.
2° Ces tumeurs peuvent affecter deux types a) angiomes diffus b,angiomes circonscrits. Les tumeurs de cette dernière variété peuvent être uniques ou multiples. Elles n’affectent jamais un volume très considérable.
3 D'origine souvent congénitale ces tumeurs ont une facheuse tendance à augmenter de volume. Elles font à la surface de la langue des saillies plus ou moins considérables qui déforment l'organe.
&o On les reconnait à leur consistance molle, à leur réductibilité ainsi qu'à leur coloration en général violacée.
Les angiomes de la langue peuvent passer inaperçus pendant une première période de leur évolution ; à la longue ils sont susceptibles de déterminer de la gène fonctionnelle et même des poussées douloureuses. Leur tendance à s’accroitre, le danger de leur transformation en anévrysme cirsoide sont des indications formelles du traitement.
Les tumeurs angiomateuses de la langue seront exceptionnellement traitées par l’excrèse chirurgicale. Le traitement de choix nous parait être l’électrolyse par la méthode bipolaire du P° Bergonié. Cette méthode appliquée avec le secours de l’ânesthésie locale ou générales suivant les cas est susceptible de procurer la guérison complète et rapide de c s tumeurs. Celle-ci sera obtenue suivant le volume de l’angiome, en une ou plusieurs séances. L’électrolyse re paraît pas présenter de danger ; elle ne peut avoir, comme contre indication, que l’âge trop jeune de certains sujets.
Vu, BON A IMPRIMER !:
Le Président de la thèse,