Bull, et me'm. Soc. de chir., 4 août
Ces angiomes sont donc extrêmement rares. Ils se développent dans la loge de la parotide et nous paraissent, au point de vue pathogénique, devoir être rattachés à Tocclusion de la première fente branchiale.
Leur évolution est la même que celle des angiomes en général. Mais leurs signes sont ici masqués par répaisseur ou la tension des couches fibroadipeuses qui les recouvrent. Aussi la plupart des observations sont-elles groupées, comme le fait remarquer M. Hartman, sous le nom d’hypertrophie de la parotide.
Dans l’observation de Gascoyen, le développement considérable de la tumeur entraîna la mort par asphyxie.
^6^ Angiomes des Vevres, — Ils comptent parmi lesplus fréquents de la face; mais la lèvre supérieure est la plus souvent atteinte. On ne sera pas surpris de cette fréquence, en songeant que l’orifice buccal est le point de convergence de presque tous les bourgeons concourant au développement de la face. Elle résulte de la soudure des bourgeons nasaux internes, maxillaires supérieures et maxillaires inférieures; et c’est précisément la lèvre supérieure, dont le développement embryonnaire est le plus compliqué, qui offre elle aussi toute cette série de malformations dites becs de lièvre, simples ou complexes. Les angiomes nous apparaissent donc bien ici comme une malformation. Nous avons longtemps cherché cependant des exemples de becs de lièvre associés à la présence d’un angiome. On cite des cas de macrochélie avec nævi vasculaires de la face, d’hypertrophie des
LES ANTtIOMES.
joues avec nævi du front, de macrochélie avec bec de lièvre \ etc. Mais nous n’avons connaissance que d’un seul cas de bec de lièvre associé à un angiome : il appartient au professeur Lannelongue^. Cette rareté, comme nous l’avons dit, trouve son explication dans les origines de l’angiome. Celui-ci est en effet le résultat de l’exagération du travail plastique qui transforme ou oblitère les fissures branchiales : sa présence ne pourrait donc que difficilement se concilier avec un de ces arrêts de développement.
Les angiomes de la lèvre supérieure résultent souvent des progrès d’un angiome nasal, naso-jugal, ou auriculaire. Ceux de la lèvre inférieure, plus rares, sont aussi plus souvent indépendants.
Outre leur fréquence, les angiomes labiaux ont comme signes particuliers d’être très envahissants, très érectiles et par suite très difformes. Ils ont frappé depuis longtemps les observateurs : Marc-Aurèle Séverin^ les décrivait sous le nom A'atrum cruentum labii tuberculum; ce sont eux qui ont servi de base aux études de Graefe sur l’angiectasie.
Ils sont cutanéo-muqueux la plupart du temps, et d’aspect veineux, c’est-à-dire qu’ils forment une série de bosselures bleuâtres, d’aspect mûriforme. Ils n’en jouissent pas moins d’une érectilité très grande et des plus manifestes. De Graefe rapporte à l’angiome labial les malformations autrefois connues sous le nom de lèvre léopoldine : l’em-
1 . Cfr. Traité des kystes congénitaux, par MM. Lanne- LONGUE et Achard, pp. 314, 322, note 2, et p. 323.