Bull, et mém. Soc. chir., 3® série, II, p
la tumeur, repoussèrent cette hypothèse et leur opinion ne fut pas infirmée. De même, dans le cas de M. Berger, on pensa tout d’abord à un lipome de la boule graisseuse de Bichat; mais l’érectilité vint rapidement modifier ce premier diagnostic. La faible épaisseur des parties molles ne laisse en effet que bien peu de place au doute : la peau est presque toujours envahie, primitivement ou secondairement, et sa teinte spéciale fait cesser toute hésitation. Les angiomes séro-kystiques étant assez rares, on sera bien plus souvent dans le vrai en pensant au lymphangiome plutôt qu’à l’angiome.
Leur évolution et leur pronostic n’offrent rien qui leur soit bien spécial. Cependant la face est peutêtre le lieu où l’on rencontre le plus grand nombre de ces vastes placards næviques étendus en surface, rouges ou vineux, stationnaires depuis l’enfance. Au point de vue des dangers qu’ils offrent, leur importance est quelquefois nulle ; il n’en est pas de même au point de vue esthétique.
Les angiomes des lèvres et de la région auriculaire sont les plus graves : les derniers offrent, comme ceux du crâne, une grande tendance à l’évolution cirsoïde, grâce au voisinage d’artères déjà bien développées à l’état normal (Gb. Robin); les autres, situés dans une des régions les plus vasculaires de la face, tendent sans cesse à s’accroître et donnent lieu facilement à des hémorragies.
6® Angiomes de V appareil oculaire, — A, Angiomes des paupières, — Ils existent rarement à l’état isolé; on les rencontre surtout dans les grands angiomes de la face. Ils peuvent occuper à la fois la peau et la
muqueuse ou Tune des deux séparément (A. Richet ^).
A l’état isolé, ils siègent de préférence à la paupière supérieure, de même que le fibro-molluscum. Leur point de départ est Tangle interne de l’œil.
Une observation de Pauli ^ est remarquable par le développement énorme que prit la tumeur. Elle avait eu pour point de départ un nævus de la paupière supérieure, gros comme une lentille à la naissance. Neuf mois après, le nævus avait pris les dimensions d’un œuf de cane; à trois ans, la tumeur recouvrait l’œil et s’étendait à la face; à 9 ans, elle recouvrait la moitié du crâne et de la face ; à 1 1 ans elle était si grosse que le malade la portait dans un petit sac! Le cartilage du nez était refoulé du côté opposé, et la muqueuse buccale commençait à être touchée. Cette tumeur était molle, élastique, presque douloureuse à chaque changement de temps, et saignait fortement à la moindre excoriation. A la Société de chirurgie, M. Després a présenté, au nom de M. de Saint-Germain, un jeune enfant, chez qui la marche avait été plus rapide encore : la tumeur occupait à la naissance la paupière supérieure; il mois après, elle avait envahi la joue, le front et la moitié correspondante du crâne^.
L’usage de la vue peut, on le comprend bien, être fort gêné par le développement de ces nævi. Dans les cas légers, il y a seulement un peu de lourdeur de la paupière et de diminution de la fente oculopalpébrale.