Medico-chir. Trans., 1818, IX, p
qu’il fallut réséquer, et avec les nerfs du trou déchiré postérieur, qui furent tiraillés. Il en résulta des phénomènes parétiques du côté de l’épaule et des troubles vaso-moteurs du côté de la face.
Ces angiomes profonds offrent, comme on le voit, des particularités cliniques intéressantes.
Très souvent ils sont formés par de grosses poches kystiques ou pseudo-kystiques; dans le cas de Luigi Monti, elles atteignaient presque le volume de la tête de l’enfant qui en était porteur. Elles sont fluctuantes et quelquefois réductibles avec la dernière évidence (cas de Reclus).
Leurs riches anastomoses suffisent à expliquer ce symptôme. Dans le cas de Kœnig, la réduction complète s’accompagnait de syncope. Tout autour de ces tumeurs ou à leur surface, se dessine quelquefois un réseau veineux plus ou moins variqueux. Dans un cas, observé par l’un de nous à Thôpital Trousseau, on voyait plusieurs veines jugulaires antérieures très dilatées et ayant de la tendance à devenir variqueuses. Elles rayonnaient autour de l’angiome situé à mi-hauteur du bord antérieur du sterno-mastoïdien. Ces nombreux vaisseaux expliquent peut-être l’insuccès de l’électrolyse dans ce cas particulier.
A côté de ces types fort nets, il en est dont la nature est bien moins évidente. Il peut arriver que les communications des cavernes entre elles masquent la réductibilité, en empêchant le sang de fuir dans une direction unique. Si nous ajoutons que la peau est quelquefois parfaitement normale, on comprendra les confusions qu’ont pu faire les personnes
même les plus compétentes et que rapportent Lannelongue et Ménard ^
Ces angiomes pseudo-kystiques offrent en effet la plus grande ressemblance avec le lymphangiome, dont le cou est un lieu d'élection. Si la tumeur est irréductible, si son volume est invariable, on pourra tout d’abord recourir au signe que nous avons vu souvent rechercher par le professeur Lannelongue, à rhôpital Trousseau; il consiste à placer le sujet la tête en bas. Au bout de peu d’instants, la tumeur s’étend, augmente de volume, si elle est angiomateuse. La ponction nous donne encore d’autres éléments de diagnostic, mais il faut savoir les interpréter. Si le contenu du kyste est séreux et un peu huileux, on songera au lymphangiome ; on pourra même l’affirmer. S’il est sanguin, il faudra l’examiner de fort près : l’altération des hématies, la présence de globules graisseux seront encore des arguments en faveur du lymphangiome.
Ce dernier signe a permis à M. Lannelongue^ d’affirmer dans un cas la véritable nature d’une tumeur cervicale. Aussi considérons-nous comme fort suspect l’exemple d’angiome kystique emprunté à Després par M. Duchemin^, et où le liquide était mélangé de quelques gouttelettes graisseuses. L’évolution du kyste après la ponction peut encore éclairer le diagnostic : le kyste lymphatique ne se reproduit pas, au moins tout de suite; le caver-
1. Lannelongue et Ménard, Traité des affections congénitaleSy I, p. 644.