Jouimal de méd, et chir. pratiques^ 1848, XIX
pour donner lieu à des erreurs de diagnostic. Les seules erreurs que nous connaissions sont celles de Dolbeau et de Paletta où la tumeur fut prise pour une grenouillette. Dans le premier cas, il semble que, si les tumeurs vasculaires du voisinage avaient été plus développées, elles auraient évité la confusion; dans le second l’observation mentionnait des dilatations variqueuses ; leur présence aurait pu peut-être faire songer à l’angiome. Chez une malade de Lazarus on crut longtemps à des hémoptysies, jusqu’au jour où l’on découvrit un angiome de la partie postérieure de la langue L
IV. Angiomes du cou. — Leur origine fissurale est admise par Virchow. On les rencontre presque tous à la partie supérieure et moyenne. En effet, l’oblitération des fentes branchiales se fait de bas en haut; les inférieures n’ont même qu’une existence très passagère. L’angiome du cou est donc privé en partie des conditions embryonnaires qui favorisent son développement. Cela explique sa rareté relative : sur 151 cas. Porta n’en trouve en effet que 6 pour le cou.
Les tumeurs vasculaires, sanguines ou lymphatiques, de cette région ont été, durant ces dernières années, l’objet de nombreux travaux. Les angiomes se sont ainsi trouvés mêlés, directement ou indirectement, à la plupart des publications sur la pathologie chirurgicale du cou^
1. Soc. de méd. berlinoise, 23 nov. 1887, in Sem. ?nec?.,p. 486.
2. Luigi Monti, Lancet, 1er novembre 1873, II, p. 633. — VoLKMAN, Archiv. f. Klin. Ckir., 1873, XI, Bd 3, p. 568. — Hueter, Berliner Klin. Woch., 1877, p. 466. — Reclus, BulL
ANGIOMES DE LA TÊTE ET DU COÜ. i59
Les angiomes de la nuque résultent ordinairement d’un envahissement secondaire. Wardrop^ cite un cas d’angiome profond caverneux de la nuque et du cou; il siégeait au-dessous des insertions occipitales du trapèze et du sterno-cl-mastoïdien, et communiquait avec de grosses veines
Nous avons en effet déjà parlé de ces rapports intimes des angiomes caverneux du cou avec les gros troncs vasculaires de la région. Ils s’observent surtout avec les angiomes profonds qu’on rencontre au voisinage des jugulaires, des carotides ou de leur bifurcation.
Volkman en rapporte deux exemples : la tumeur occupait tout un côté de la région cervicale ; elle s’étendait en profondeur jusqu’au pharynx, et enhauteur jusqu’à la base du crâne : on voyait, par la bouche entrouverte, les parois antéro-latérales du pharynx soulevées. Dans l’observation d’Israël, l’angiome était, sans doute, tout à fait pré-vertébral ; car les jugulaires, les carotides, le pneumo-gastrique et le grand sympathique étaient refoulés en avant et en dehors; l’angiome s’élevait jusqu’au trou déchiré postérieur et avait engendré divers troubles nerveux; l’opération n’y remédia qu’en partie, à cause des adhérences de la tumeur avec le sympathique,
Soc. de chir., 1882, et Clinique et critique chirurgicales^ 1884, p.299. — i .^OLYF, Ber liner Klin. Woc//., 1884, p. 60. — Gluck, iôid., 28 déc. 1885, n" 52, p. 683. — Weill, Prager Mediz. Woch., 12 mai 1887. — J. Israël, Berliner Klin. Woch., 13 février 1888, no 7. — Lannelongue et Achard, Traité des kystes congénitaux, etc. — Chiarugi, Tumeurs congénitales du cou {Arch. ital., VI, 1885). — Eisenreiter, Thèse de Munich, 1894.