‹ Les angiomesChapitre 143 sur 194 · Magon, Bull. Soc. anat., 1875, p · texte numérisé non relu

Magon, Bull. Soc. anat., 1875, p

superficiels, les grands angiomes caverneux se reconnaissent aisément. Ces derniers quelquefois envahissent muscles, gaines, nerfs et os. Nous avons déjà cité les cas de Lamorier, Gruveilhier, J. et Ch. Audry, Fergusson, etc.

Les tumeurs circonscrites et, surtout, les formes lipomateuses ou fibreuses, assez fréquentes ici, sont d’un diagnostic plus délicat. La confusion la plus commune est celle qui les fait prendre pour un lipome simple. La consistance du lipome vrai est cependant plus ferme, moins mollasse que celle de l’angiome ; le premier adhère souvent dans la profondeur, comme l’ont démontré les recherches de Lannelongue et Ménard sur les lipomes périostiques; mais cette adhérence se dessine du côté des os alors que dans l’angiome elle se fait du côté des espaces inter-musculaires ou des vaisseaux. Le lipome ne change pas de volume; les angio-lipomes varient toujours un peu; c’est ainsi que sur un de nos malades, les palpations ou pressions les plus variées, l’application circulaire de la bande d’Esmarch, en amont de la tumeur, étaient demeurées sans résultat, parce que le pédicule de la tumeur s’enfonçait dans un espace interosseux; par contre le sujet affirmait que l’hiver déterminait une augmentation de volume de la tumeur. Le lipome est rarement douloureux^ ; il est au contraire assez commun de voir l’angiome sous-cutané lipomatenx s’accompagner de névralgies spontanées ou provoquées. 11 va sans dire que, lorsque la peau est bleuâtre, que

1. Severeanu (de Bucharest), in Avch. prov. de chirurgie, 1894.

ANGIOMES DES MEMBRES.

la réductibilité s’opère plus ou moins parfaitement, etc., le diagnostic ne peut demeurer en suspens.

Dans quelques cas le diagnostic de fibrome ou de névrome a été porté (Notta^ Terrillon ^ Le DentU'^); cette confusion est facile dans les formes angioscléreuses, ou bien quand il existe des douleurs et que la tumeur siège au voisinage d’un nerf.

Chez une femme de trente ans, observée par Barton^, on put croire à une hernie; Tangiome, qui était dénaturé lipomateuse, occupait le pli de Faîne. Mais, sous l’influence d’une pression soutenue, il diminuait peu à peu de volume, tandis qu’il se tuméfiait aux périodes menstruelles.

Avec les angiomes diffus sous-cutanés, le diagnostic est souvent non moins délicat. Chez une petite fille de sept ans, observée par Devilliers% les faces dorsales de la main et des doigts étaient tuméfiées; ce symptôme étant apparu avec les premiers froids de l’hiver, on pensa tout d’abord à des engelures. Dans un autre cas (Forgue) ^ la tumeur occupait un seul doigt et la peau offrait une pigmentation brunâtre : il fallut l’étude attentive des commémoratifs et des signes cliniques pour ne point croire à une ostéo-arthrite chronique.

Une erreur plus grave, quoique difficile à éviter,

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