Encijcl. internat, de chir., IV, p
TRAITEMENT
Choix des procédés, — La physionomie pathologique de l’angiome est malheureusement trop variable pour qu’on puisse espérer en venir à bout par les seules méthodes de choix, les méthodes destructives, lien est un grand nombre qui ne sont justiciables que de procédés indirects; telles sont ces immenses plaques ou tumeurs de la face et des membres. Mais parmi -les procédés indirects, éliminons tout de suite une foule de méthodes dangereuses, inefficaces ou déformantes; les injections interstitielles de perchlorure, de chloral, les astringents, les méthodes phlogistiques, superficielles, ou profondes, les caustiques, etc. Nous ne retiendrons guère que la ligature, l’ignipuncture et, d’une façon générale, l’emploi du caustique thermique, le bistouri et l’électrolyse.
Si nous résumons nos connaissances cliniques, nous voyons que l’angiome peut se présenter sous un certain nombre de types : grandes plaques diffuses simples ou caverneuses, lésions circonscrites pédiculées ou sessiles, qui peuvent elles-mêmes être simples ou caverneuses. Le traitement variera suivant ces différents cas et suivant encore les régions où siège la tumeur. .
a. Angiomes circonscrits, — A l’égard des angiomes circonscrits, dont l’opération est devenue nécessaire, il faut se demander d’abord si leur ablation complète ou angiectomie est possible. La réponse dépendra de leur forme, de leurs dimensions, de leur siège, des complications qu’ils présentent. En effet, un angiome de la face, du cuir chevelu, du nez, des lèvres, des doigts, etc., pourra laisser à la suite de
son extirpation des pertes de substance bien difficiles à combler, malgré sa faible étendue.
Supposons d’abord le cas le plus simple : celui d’un nævus cutané peu volumineux, à pédicule grêle. Un simple coup de ciseau suffira souvent. Si le pédicule paraissait contenir quelques vaisseaux importants, on en ferait la section au thermo-cautère. Avec des pédicules plus volumineux, parlant plus vasculaires, on pourra être obligé d’enlever au thermo-cautère, et plus simplement au bistouri, leur base d’implantation. Dans le cas d’angiome pédiculé des muqueuses, on peut employer les quelques procédés que nous venons d’indiquer : on les remplacerait souvent avec avantage par l’anse galvanocaustique pour les tumeurs profondément situées (base de la langue, voile du palais, larynx). Si l’on n’a pas trop à redouter l’hémorragie, un simple serre-nœud suffira. Chez les personnes timides et pour les angiomes facilement abordables, la ligature simple ou sous des aiguilles trouvera encore son emploi : les pansements actuels assureront l’élimination aseptique des eschares. Mais cette méthode n’est applicable qu’aux cas les plus simples, et il n’y faudra point songer en présence d’un cavernome, même circonscrit, ou de dilatations vasculaires si faibles qu’elles puissent être. La moindre faute contre l’antisepsie exposerait à des hémorragies secondaires très graves.
Les tumeurs sessiles, plus ou moins volumineuses, ne sont plus justiciables que de trois méthodes : le feu, le fer ou l’électricité. Celles qui occupent certaines régions, avons-nous dit, ne peuvent pas
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toujours être enlevées en totalité. Il ne faut pas cependant prononcer trop tôt le mot : impossible. Par une dissection légère des bords de la plaie, par leur glissement, par de petits débridements, on arrive à combler des pertes de substance assez étendues ; un angiome de la face, ayant 3 à 4 centimètres de diamètre en tous sens, est facilement extirpé et ne laisse après lui qu’une cicatrice linéaire (Forgue et Reclus % A. Broca^). L’angiectomie sera donc la méthode de choix, pour les lésions de la face, toutes les fois que leurs dimensions le permettront.
On lui donnera encore la préférence pour les tumeurs circonscrites du tronc ou des membres et en particulier pour les angiomes sous-cutanés circonscrits de Oh. Monod, angio-lipomes, angiofibromes, etc. Ces derniers se prêtent admirablement, en raison de leur forme et de leur nature, à ces sortes d’opérations : avec eux, on pratique de véritables énucléations. Les angiomes encapsulés de l’orbite ont été souvent enlevés ainsi et l’intégrité de l’œil respectée (Graefe^ Wecker Panas ^ Brunschwig^ Fever"^, Gamuset^ Samelsohn ^ etc.).
Il a suffi dans tous ces cas d’inciser le cul-de-sac conjonctival, quelquefois de fendre la paupière,