Acad, de médecine, 30 juillet
TRAITEMENT
Nous allons exposer la technique opératoire de cette méthode. Comme instruments on se servira d’une pile à courant continu et constant, autant que possible. Dans le circuit, on intercale un galvanomètre pour la mensuration des courants : ceux-ci varieront entre 20 et 25 milliampères; on ne dépassera jamais 30 (Redard). Les fils, longs et souples se termineront, l’un, par une plaque en zinc malléable recouverte en chamois, l’autre, par une mèche métallique libre qui servira d’attache aux aiguilles. Celles-ci devront être d’un métal inattaquable en or, ou mieux, en platine; leur diamètre pourra varier d’un tiers de millimètre à un millimètre. Il est inutile de les engaîner dans du verre ou un vernis isolant; en les appliquant convenablement, on ne court aucun danger d’escharifier la peau sur une grande étendue. La plaque de zinc, pôle négatif, sera très large, afin de diminuer la douleur.
Du côté du malade on prendra les précautions habituelles à toute opération chirurgicale : décubitus dorsal, désinfection de la région. L’anesthésie n’est indiquée qu’avec les sujets par trop indociles. On enfonce alors, parallèlement, dans la tumeur, une ou plusieurs aiguilles, suivant son volume; mais il ne faut pas, en général, dépasser le chiffre de six à huit, pour éviter une réaction trop vive. Elles seront placées dans la même zone à une distance minima de trois millimètres; un intervalle moindre expose aux eschares. Elles ne devront jamais se toucher par leurs pointes; en d’autres termes, elles seront parallèles et un peu de coton, placé autour d’elles, assurera leur fixité.
Dans les séances qui suivront, on les appliquera dans la zone voisine de celle sur laquelle on a déjà opéré, et on avancera ainsi de la périphérie vers le centre de la tumeur. Les aiguilles, une fois placées, on les met en rapport avec le conducteur positif. Le pôle négatif est appliqué sur une région voisine, et de préférence sur celles qui sont peu riches en filets nerveux. Le circuit est alors fermé. Chaque séance ne doit pas dépasser cinq minutes; M. Boudet* en fixe la durée à dix; M. Redard^ se contente de deux à trois minutes en moyenne. Au bout de ce temps, on diminue progressivement l’intensité du courant, comme on l’avait établi. On peut le renverser pour atténuer l’adhérence des caillots. Les aiguilles sont ensuite retirées avec douceur; cette extraction se fait très bien à la main. Elle est ordinairement suivie d’un léger écoulement de sang. Un peu d’ouate hydrophile suffit à l’arrêter. Si avant l’expiration du temps fixé on voyait la tumeur pâlir, ce serait une indication pour retirer les aiguilles.
Les suites de cette petite opération sont bien simples : une congestion passagère se déclare, mais disparaît en deux ou trois jours au plus. Une eschare minuscule se forme quelquefois au point d’implantation des aiguilles, et c’est tout. On évitera toute espèce d’accidents en se contentant d’employer des courants de l’intensité que nous avons indiquée.
Pour obtenir un effet utile, point n’est besoin d’en avoir de très forts, puisque Mayor a obtenu des succès avec six et même deux milliampères. Mais avec