CHAPITRE IV
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Sommaire. — Division ; angiomes simples, angiomes caverneux,
— Angiomes simples : Caractères macroscopiques et microscopiques. — Angiomes artériels et angiomes veineux. — L’angiome est-il un néoplasme? — Angiomes caverneux : Caractères macroscopiques et microscopiques. — Siège, rapports et lésions de voisinage : Vaisseaux, peau et tissu cellulaire sous-cutané, nerfs, muqueuses, muscles et parties profondes, périoste et os. — Évolution. — Dégénérescences : iibreuse, graisseuse, pigmentaire, éléphantiasique. — Phlébolithes, kystes. — Complications; inflammatoires, vasculaires; transformation cancéreuse. — Variétés : Séparation entre l’angiome et les tumeurs angiectasiques. — Variétés diverses.
— Variétés déflnies : angio-fibromes, angio-lipomes, angiokératomes, angio-lymphangiomes, angiomes ossifiants.
La configuration extérieure et macroscopique des angiomes relève surtout de la clinique. Disons seulement que leur forme varie depuis celle d’une simple tache jusqu’à celle de tumeurs d’une étendue et d’un volume quelquefois considérables ; la peau ou la muqueuse qui les recouvre laisse le plus souvent transparaître leur coloration spéciale qui peut offrir toutes les nuances, du rose pâle au bleu violacé.
L’incision de ces tumeurs, faite pendant la vie, laisse écouler du sang en abondance. Il en est de même sur le cadavre : mais ici le sang est mêlé de caillots noirs, mollasses, caillots post mortem.
Sur une coupe, le tissu paraît donc gorgé de sang et Heusinger^ avait quelque raison de qualifier l’angiome de (( tumeur splénoïde » ; AndraP en faisait des rates accidentelles.
Débarrassée du sang qui l’imprègne, la coupe se présente sous deux aspects bien différents, qui peuvent néanmoins se combiner dans la même tumeur. Tantôt la surface est couverte d’un petit pointillé rouge, à peine visible à l’œil nu; tantôt elle est aréolaire rappelant absolument l’aspect d’une éponge; ce sont les angiomes de ce dernier type que vit surtout Dupuytren, quand il proposa le nom de tumeurs érectiles. Leur tissu, en effet, a la plus grande ressemblance avec celui des corps caverneux; ils jouissent même d’une partie de leurs propriétés physiologiques. Le premier type, au contraire, suivant la remarque de Boyer, se rapproche davantage du tissu spongieux de l’urèthre.
C’est Virchow, un des premiers, qui a clairement démontré et nettement formulé cette distinction. Avec lui, la tumeur spongieuse est devenue simple et la tumeur érectile V angiome caverneux. Tout le monde admet aujourd'hui ces deux types et leur filiation. L’angiome caverneux n’est, en effet, que l’expression la plus élevée du processus pathologique