Chirurgie pratique^ II, p. 489, Paris
trois termes. P. Broca^ les admet, tout en reconnaissant l’impossibilité de les déterminer histologiquement. Virchow S après avoir décrit l’angiome caverneux et l’angiome simple, reconnaît l’existence d’un angiome variqueux ou veineux. De nos jours, l’anatomie pathologique ne laisse plus de doute sur le rôle prépondérant du système capillaire.
Les lésions artérielles ou veineuses ne sont le plus souvent que deslésions surajoutées ; le fait initiaf primordial, est presque toujours une télangiectasie capillaire. On a étendu, en raison de leurs caractères, la définition de l’angiome jusqu’à un certain nombre de tumeurs vasculaires veineuses. Mais il ne faut pas pousser à l’extrême cette assimilation et le sang des angiomes a la plupart du temps les mêmes qualités que celui des capillaires.
Les termes artériels et veineux ont servi encore, en clinique, à spécifier la couleur d’un angiome. Cet usage nous serait indifférent s’il n’y avait là qu’une simple convention ; mais on a voulu établir une relation entre la couleur, le siège et l’évolution des nævi.
D’après Roux, Gerdy, Vidal, P. Broca, etc., le nævus rouge contenait du sang artériel, avait des tendances envahisssantes et s’étendait surtout du côté des artères; le nœvus violacé ou bleuâtre contenait du sang noir, était plus volontiers stationnaire ou bien gagnait les veines. On donnait ainsi à la couleur des angiomes une importance clinique considérable.
2. Pathologie des Tumeurs, trad. Aronssohn, Paris, 1876 IV, p. 110.
En est-il bien ainsi ? D’après M. Quénu, la couleur de l’angiome tient à la vitesse plus ou moins grande de sa circulation : rapide, elle ne permet pas au sang de se désoxygéner; lente, elle laisse au contraire cette transformation s’accomplir : d’où la présence d’un sang plus ou moins coloré dans l’intérieur des vaisseaux. Yirchow, de son côté, fait remarquer que la couleur d’un nævus est d’autant plus claire qu’il est plus superüciel. Deux autres facteurs interviennent encore selon nous : l’épaisseur de la couche sanguine vue par transparence, et le degré de transparence des tissus sus-jacents. Ces deux facteurs nous expliquent pourquoi les nævi variqueux et les angiomes des muqueuses sont le plus souvent bleuâtres : les premiers offrent d’habitude de vastes lacunes et les seconds ne sont recouverts que par un tissu fin et d’une transparence bien connue. La marche des angiomes nous offre une nouvelle preuve de ce que nous avançons : c’est chose commune de voir un nævus rouge, en voie d’accroissement, prendre une teinte plus foncée ou même devenir bleuâtre.
La couleur d’un angiome ne permet donc de préjuger ni de sa qualité, ni de son évolution. Trop de facteurs dissemblables concourent à la lui donner. Pour achever cette démonstration, bornons-nous à citer le cas de Haynes^ : un enfant de trois mois portait deux petites tumeurs sublinguales de coloration bleuâtre : la ponction de l’une d’elles laissa couler un peu de sang noir; celle de l’autre fournit