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CHAPITRE VI

PATHOGÈNIE

Sommaire. — Insuffisance de la pathogénie générale des tumeurs appliquée à l’angiome. — L’angiome vrai est une malformation congénitale, due à un processus actif. — Sa genèse trouve en partie son explication dans le développement des pseudoangiomes. — Facteurs embryonnaires ou intra-utérins qui favorisent l’angiomatose : théorie de Virchow. — Théories pathogéniques diverses.

On ne peut songer à faire aux angiomes l’application des doctrines actuelles sur la pathogénie des tumeurs. Les théories dyscrasiques, irritatives ou microbienne, la belle conception de la spécificité cellulaire sont ici insuffisantes. On ne peut non plus les considérer comme un processus morbide ou pathologique vulgaire : leur caractère congénital s’y oppose.

Uangiome est en effet congénital. Cette affirmation n’est pas neuve : mais nous la transformerions volontiers en celle-ci : l’angiome vrai est toujours congénital.

On cite cependant nombre d’angiomes acquis. Si on en excepte ceux que leur situation ou leur profondeur ont pu faire longtemps méconnaître on

LES ANGI03IES.

constate que les autres sont simplement des états angiectasiques secondaires, des jyseudo-angiomes.

Dans une première série de faits sont les pseudoangiomes traumatiques. Sans nier l’influence du trauma, comme cause aggravante, nous doutons qu’il puisse créer à lui seul un angiome vrai. Il s’agit dans ces cas d’une plaie, d’une ulcération, dans lesquelles l’inflammation produit un travail plastique exagéré qui aboutit à constituer une sorte de chéloïde ou d’ulcère télangiectasique. Ces lésions pourront récidiver (Guyon^), comme il arrive quelfois à l’angiome, mais leurs caractères histologiques sont bien différents : on ne trouve que des capillaires embryonnaires, friables, plongés dans un tissu enflammé ^

Dans d’autres circonstances, l’apparition des nœvi ou de télangiectasies qui leur ressemblent paraissent sous la dépendance du système nerveux (cas de Vidal) ou d’une dyscrasie vasculaire spéciale, dont l’hémophilie est un symptôme (Wickham Legg").

C’est aussi, sans doute, à une dystrophie qu’il faut attribuer ces angiomes tardifs décrits chez les vieillards par Cruveilhier et P. Broca. Il ne s’agit pas ici d’un processus actif, local, comme dans les vrais nævi, ou même dans les pseudo-angiomes traumatiques, mais d’une altération sénile frappant les veinules du derme, qui deviennent variqueuses. Nous

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