‹ Les angiomesChapitre 62 sur 194 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

sommes donc en présence de simples varices : et Cruveilhier le pensait bien quand il les appelait des « varices capillaires. »

Certaines télangiectasies qu’on a groupées quelquefois dans le cadre des angiomes devraient être au contraire placées à leurs antipodes, pour ainsi dire. Telles sont, par exemple^ les tumeurs vasculaires du méat chez la femme : leurs vaisseaux ne s’ectasient et ne prennent le caractère caverneux que grâce à la hernie de la muqueuse, qui s’étrangle et amène ainsi la congestion passive, et la dilatation mécanique de son réseau nourricier. Tels sont encore certains polypes ou fibromes vasculaires des fosses nasales ou d’ailleurs; le mécanisme de l’état caverneux diffère peut-être, mais il est toujours de nature passive : la faiblesse des parois vasculaires, les exagérations de la pression intérieure, etc. paraissent en être les principaux facteurs.

La notion exacte de l’angiome, processus actif, nous permet de nous débarrasser de tous ces produits hybrides. Elle est due à Virchow et mérite, par son importance, quelqu’attention. Il est infiniment probable en effet que des vaisseaux de nouvelle formation accompagnent le développement et les progrès de l’angiome; la matrice embryonnaire qui les limite ou le tissu de granulations qu’on trouve parfois à leur intérieur ne sont sans doute pas étrangers à ce processus. De plus, les capillaires ne sont pas seulement dilatés, ils sont encore hypertrophiés : il en est de même des artérioles et des veinules. Tous ces faits indiquent dans l’angiome une activité vitale qu’on ne trouve guère dans les ectasies passives.

LES Ar^GIOMES.

L’angiome vrai doit donc être distingué avec soin des pseudo-angiomes, varices, boutons hémorrhoïdaux, télangiectasies d’origine et de nature diverses.

La notion seule de l’origine congénitale nous conduit à l’envisager comme une malformation, une monstruosité, une déviation tératologique du type vasculaire normal. De toutes les théories sur l’origine des tumeurs, on ne peut donc retenir ici que l’hypothèse de Conheim. Mais il faut, en l’espèce, lui faire subir une variante. Dans l’esprit de Gonheim, le néoplasme résulte de l’évolution vicieuse du tissu embryonnaire indu dans des organes déjà adultes. Pour l’angiome, au contraire, la malformation est contemporaine de leur développement.

Cette façon de comprendre l’angiome trouve un appui dans un certain nombre de rapprochements. Les angiomes crâniens s’accompagnent quelquefois d’arrêts de développement tellement marqués qu’on est tenté de considérer les premiers comme les contemporains de ces désordres plutôt que comme leurs fauteurs.

On peut citer quelques exemples, peu nombreux il est vrai, mais assez démonstratifs, dans lesquels des malformations diverses accompagnaient l’angiome. On voit assez souvent celui-ci coexister avec des lésions congénitales telles que lipome, lymphangiome, molluscum, nævi pigmentaires, etc. Des exemples nombreux en sont rassemblés dans le mémoire de J. Reboul. Chez certains malades, on voit des angiomes couvrir des surfaces énormes ou exister en très grand nombre : ce sont précisément et le plus souvent des angiomes dont l’importance patho-

Page 1