‹ Les angiomesChapitre 70 sur 194 · Union médicale, 1861, p · texte numérisé non relu

Union médicale, 1861, p

LES ANGI031ES.

tren, en décrivant ses tumeurs érectiles. Cette qualification très heureuse doit être gardée, mais seulement pour les angiomes qui la méritent. Elle nous servira donc à indiquer un type clinique et rien de plus. Pendant l’érection, ces tumeurs se gonflent et deviennent violacées. L’érection est active ou passive; passive, quand elle succède aux cris, aux efforts, à la déclivité, etc., qui ralentissent la circulation de retour. Elle est active dans quelques cas et chez quelques personnes ; il suffit parfois d’attouchements externes pour la provoquer; mais, le plus souvent, elle résulte d’une excitation psychique (Virchow). La menstruation, chez la femme, a quelquefois les mêmes conséquences.

En appliquant la main sur une tumeur érectile, on perçoit quelquefois un mouvement vibratoire qui se traduit à l’oreille par un susurrus, une sorte de « thrill » à renflement systolique. On a même signalé un bruit de souffle à leur intérieur ; mais, dans ce cas, il est bien possible qu’on soit en présence d'un anévrysme cirsoïde au début. Dans les périodes de calme, la tumeur peut présenter des pulsations et de l’expansion. Mais ce dernier phénomène n’est pas toujours très apparent. Pour le rendre manifeste, on recourra au procédé de Richet; on mouille la surface et onia regarde à contre-jour; les jeux de la lumière sur la surface humide permettent d’apprécier des mouvements peu sensibles.

Angiomes caverneux sous-cutanés, — Leur distribution topographique dans le pannicule adipeux a permis à VirchoAv de les diviser en lipogènes et phlébogènes. Par là, l’auteur allemand n’entend spé-

SYMPTOMATOLOGIE.

cifier que leur siège et nullement leur nature. L’angiome lipogène occupe une place indifférente; le phlébogène, au contraire, paraît siéger le long des veines sous-cutanées.

Un bel exemple nous en est fourni par Hildebrand^ : tout le long des veines du membre supérieur, jusqu’au cou, se trouvait une série de productions caverneuses; le sujet, une jeune fille de 18 ans, présentait en outre un énorme cavernome de l’éminence thénar.

Leurs symptômes sont plus ou moins obscurcis par la couche adipeuse qui les entoure. Ils sont cependant plus nets que ceux des angiomes simples sous-cutanés. La peau offre une teinte bleuâtre plus marquée, surtout quand elle est envahie. La réductibilité et l’érectibilité viennent enfin s’ajouter le plus souvent à ces signes.

3° Angiomes caverneux des muqueuses. — Leur coloration est presque toujours bleuâtre. La finesse de la muqueuse laisse facilement voir les dilatations variqueuses de leur surface ou de leur voisinage. Elle est en même temps soulevée, hérissée d’une multitude de petites bosselures, d’apparence kystique, qui ne sont autre chose que les réseaux papillaires anormalement développés et transformés en lacs sanguins. Ces productions couvrent les bords de la langue, entourent le collet des dents, déforment les lèvres ou l’entrée des fosses nasales, suivant leur siège et leur volume.

B. Angiomes CAVERNEUX profonds. — Leurs carac-

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