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que deux navires américains expédiés par Grinnel avec le capitaine Haven, entraînés hors du canal de Wellington, furent rejetés dans le détroit de Laneastre. Ce fut pendant cette année que Mac Clintok, alors lieutenant d'Austin, poussa jusqu'à l'île Mel ville et au cap Dundac, points extrêmes atteints par Parry en 1819, et que l'on trouva à l'île Beechey des traces de l'hivernage de Franklin en 1845.
— Oui, répondit Hatteras, trois de ses matelots y avaient été inhumés, trois hommes plus chanceux que les autres I
— De 1851 à 1852, continua le docteur, en approuvant du geste la remarque d'Hatteras, nous voyons le Prince-Albert entreprendre un second voyage avec le lieutenant français Bellot ; il hiverne à Batty-Bay dans le détroit du Prince Régent, explore le sud -ouest de Sommerset, et en reconnaît la côte jusqu'au cap Walker. Pendant ce temps, l'Entreprise et Vlnvestigator, de retour en Angleterre, passaient sous le commandement de Collinson et de Mac Clure^ et rejoignaient Kellet et Moore au détroit de Behring ; tandis que Collinson revenait hiverner à Hong-Kong, Mac Clure marchait en avant, et, après trois hivernages, de 1850 à 1551, de 1851 à 1852, de 1852 à 1853, il découvrait le passage du nord-ouest , sans rien apprendre sur le sort de Franklin. De 1852 à 1853, une nouvelle expédition composée de trois bâtiments à voile, l'Assistance, le Rèsolute le North-Star, et de deux bateaux à vapeur,
le Pionnier et l'Intrépide, mit à la voile sous le commandement de sir Edward Belcher, avec le capitaine ICellet pour second ; sir Edward visita le canal de Wellington, hiverna à la baie de Northumberland, et parcourut la côte, tandis que Kellet, poussant jusqu'à Bridport dans l'île de Melville, explorait sans succès cette partie des terres boréales. Mais alors le bruit se répandit en Angleterre que deux navires, abandonnés au milieu des glaces, avaient été aperçus non loin des côtes de la Nouvelle -Ecosse. Aussitôt, lady Franklin arme le petit steamer à hélice l'Isabelle, et fe capitaine Inglefied, après avoir remonté la baie de Baffin jusqu'à la pointe Victoria par le quatre-vingtième parallèle, revient à l'île Beechey sans plus de succès. Au commencement de 1855, l'américain Grinnel fait les frais d'une nouvelle expédition, et le docteur Kane, cherchant à pénéVer jusqu'au pôle...
— Mais il ne l'a pas fait, s'écria violemment Flatteras, et Dieu en soit loué! Ce qu'il n'a pas fait, nous le ferons!
— Je le sais, capitaine, répondit le docteur, et si j'en parle, c'est que cette expédition se rattache forcément aux recherches de Franklin. D'ailleurs, elle n'eut aucun résultat. J'allais omettre de vous dire que l'Amirauté, considérant l'île Beechey comme le rendez-vous général des expéditions, chargea en 1853 le steamer le Phénix, capitaine Inglefied, d'y transporter des provisions; ce marin s'y rendit avec le lieutenant Bellot, et
perdit ce brave officier qui pour la seconde fois metlait son dévouement au service de l'Angleterre ; nous pouvons avoir des détails d'autant plus précis sur cette catastrophe, que Johnson, notre maître d'équipage, fut témoin de ce malheur.
— Le lieutenant Bellot était un brave Français, dit Hatteras, et sa mémoire est honorée en Angleterre.
— Alors, reprit le docteur, les navires de l'escadre Belcher commencent à revenir peu à peu ; pas tous, car sir Edward dut abandonner l'Assistance en 485/j, ainsi que Mac Clure avait fait de l'Invesligator en 1853. Sur ces entrefaites, le docteur Rae, par une lettre datée du 29 juillet 1854, et adressée de Repulse-Bay où il était parvenu par l'Amérique, fit connaître que les Esquimaux de la terre du roi Guillaume possédaient différents objets provenant de l'Erebus et du Terror; pas de doute possible alors sur la destinée de l'expédition; le Phénix, le North-Star, et le navire de Collinson revinrent en Angleterre ; il n'y eut plus de bâtiment anglais dans les mers arctiques. Mais si le gouvernement semblait avoir perdu tcut espoir, lady Franklin espérait encore, et des débris de sa fortune elle équipa le Fox, commandé par Mac Glintock; il partit en 1857, iiiverna dans les parages où vous nous êtes apparu, .capitaine, parvint à l'île Beechey, le dl août 1858, hiverna une seconde fois au détroit de Bellot, reprit ses recherches en février 1859, le 6 mai, découvrit le document qui ne laissa plus de doute sur la destinée
de t'Erebus et du Ténor, et revint en Angleterre à la fin de la même année. Voilà tout ce qui s'est passé pendant quinze ans dans ces contrées funestes, et depuis le retour du Fox, pas un navire n'est revenu tenter ia fortune au milieu de ces dangereuses mers ! — Eh bien , nous la tenterons ! » répondit Hatteras.