‹ Les anglais peints par eux-mêmesChapitre 34 sur 106 · NOTRE JEUNE REINE AIMABLE ET VIRGINALE · texte numérisé non relu

NOTRE JEUNE REINE AIMABLE ET VIRGINALE

A dans ce lliciilro nalional cl poiii' la ijloiic de nalre drame national .

Un«È CiOQMC 11(01) 21 C(Ê

Dont la décoration est à la fois simple . élégante et caractéristiqne , et Qu'elle ne vlttlto jamais

Sans voir s'accroitrc l'affection de ses snjets et l'espoir de la

C'esl dans ce niafjniliciue édifice que l'actionnaire peut élever son esprit , cultiver sa loyauté britannique , en coulemplant à la fois M. Van Amburgli et ses lions . el

Que dans des dispositions moins sévères , il peut pendant les entr'aetes comparer l'éclat et les rayons du lustre féerique avec les feux brillants des

Yeux des Dames d'Honneur I

M. Reohrkast ne veut pas divulguer les secrets des coulisses, relativenienl aux

Kt cependant il ne peut s'empèeher de saisir cette occasion d'apprendre aux acheteurs que l'ingénieur directeur a donné des ordres pour faire construire sous la scène un énorme bassin, et qu'on a fait des allusions peu équivoques a un

BEL HIPPOPOTAME FIFJFST,

Le premier de ces intéressants animaux qui ait jamais paru, s'il parait effectivement . sur un théâtre quelconque d'Kui-ope , d'Asie , d'Afrique ou d'Aniériiiue. Pour terminer, et c'est avec regret que M. Rcdbreast termine, il informe respeetueusenient les enchérisseurs qu'on peut se procurer des renseignements plus détaillés sur les avantages ultérieurs altacliés à l'action de cinquante livres en question, avec un plan lithographie du théâtre, du foyer, de la salle, etc., etc., au prix d'un shilling, en l'étude de M. Kedbreast , la semaine qui précédera le jour de la vente , fixée sans remise au I " mai prochain 1859.

Dans celte pièce, qui sera, nous en avons l'espérance, consacrée en cet ouvrage à la cnriosilé et a l'admiration de la postérité , le comiuissaire-priseur fait preuve dune grande connaissance du inonde. Il pratique Tait éminemmcul ulile de faire de rien quelque chose uniquement par la puissance des mois. Tous les hommes se laissent prendre plus ou moins par les oreilles , suivant leur longueur.

Le commissaiie-priscur connaît l'espèce humaine : il sait qu'il est impossible aux futurs aclietcurs de lire l'amphigourique jargon cité plus haut, et de ne voir que l'action de rinquante livres, dépouillée de ce fastueux entourage. Non ; l'entiée défaveur, piivilége que concède l'action, ne saurait être considérée dans sa

I 12 1.I-. (.itMMI>iSMItl -l'IllSl.l li.

mosqiiino siniplii'ilo; lt> Uilcnt du coniniissaiic-piisciii riiicurporc si niliiTcinriil ■.woc los chnsos los plus nol)lcs cl les plus «laudos, son éloquence passionnée pti iik-i si niiiMCiileiisL-menl en relief les iiieoiniiiensuriiMes avnntas<'s , que les rlues de liedfitid et d'York, les ombres de KeiuMe , Siddons et Keau ^ de Johnson, Vouiis ol Milton sont en quelque sorte associés à l'objet a vendre, et lui coninmuiquent une v.deiir nouvelle. F,e goillntinn qui a envie de l'aelion de cinquante livres de l'élahlissenienl le pins magnitique des (rois royauiiies ne peut se délivrer de l'illusiou.

II y a une (onnexité étrange et mystérieuse entre l'action qu'on annonce et les célélirilés auxquelles le connnissaire-priseur fait allusion. L'action est sanctifiée pai' son union forcée avec lanl d'images l.rillantes, cl le loeleur, soit qu'il ne le puisse ou qu'il ne veuille pas, ne sépare jamais le vrai du fantastique; il achèie, et l'éloquence de M. RedbreasI obtient la récompense (ju'il anibiiionnail.

Que de fois nous avons détourné les yeux du tableau des crimes et des discussions politiques, pour elierelier dans un journal les berceaux en( hantés, les ruisseaux d'arsent , les bocages d'Arcadie , les prairies émaillées d'émeraudes élernelles , offerts constamment par M. Uedbreast au cieui rassasié du monde! Que de fois noire imagination a été cbarnice des beautés «plus qu'iialiennes » d'une partie quelconque du Laneashire! Avec quelle ardeur nous avons souhailé les ailes de la colombe, pour aller nous reposer .sous les frais ombrages et dans la Tbébaïde d'une propriété unique, située dans le comté de KenI ! Connue nous avons désiré nous installer dans cette abbaye romantique, près du village, de l'heureux village, dont les habitants sont d'une humeur si douce et si primitive, que le mot iticendiairc est inconnu dans leur vocabulaire!

Poursuis, Redbreast! évoque aux yeux des Anglais émerveillés des séjours de délices et de paix , des temples d'imc sainteté druidique ! Aie toujours h vendre des pommes du jardin des Ilespi'rides, avec cet avantage que le dragon qu'on vend avec 1,1 propriété joint "a la configurai ion poétique des dragons la sagacité et la docilité du chien de Terre-Neuve le plus soumis!

Dieu merci ! quoi qu'on en dise, il y a encore de l'imagination dans ce siècle commerçanl de livres, de shillings, de pence; c'est un fait que prouvent incontestablement les brillantes créalions du coniniissaire-]irisenr et les chalands qu'elles séduisent. M. Uedbreast ne fabri(iuerait pas des mouches de couleur éclalaiite, si ce prudent pécheur dans les eaux troubles de ce mond'- n'était cei tain qu'il y a des pois.sons doiés qui viendront y inordre!

I.e commissaire-priseur est un marchand de mots, et son succès auprès des favoris de la fortune prouve que la nature humaine est la même dans tous les rangs. Le paysan illettré, l'ouvrier naïf, sont trompés par le colporteur juif qui joue de la langue, des veux et des .sourcils jiour leur jurei- (|u'un poite-crayon est en argent massif , tandis que c'est une mince feuille de cuivre Ircs-légèrement argentée; le commissairepriseur, au moven des mêmes armes, avec le seul artifice des syllabes, se rend maîlre de l'esprit <ln millionnaire.

Dornr.As iKiiiuit.n iIIiaiii Uiiow.xnir.f;. |

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