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<9(i LE CONUUOTliLll IfOMMBUS.
à leur fumille. Il entre tlans l'oiuiiihus le soir, (iiiaïul il l'ait mauvais, s'il y u place. Il prétend quelquefois a tort que vous lui avez lait sifjue , arrête sa voilure , et \ ieni \ei-s vous en touranl. pour vous conlrainilie en quelque sorte à monter. S'il a peu de monde, il conduit aussi lentenienl que possible; et, dans le cas contraire, il mène avec la rapidité du meilleur coureur (le cocher et lui étant généralement du même avis sur ce sujet). Il ferme la portière avec une merveilleuse douceur, eu égard i» son énergie ordinaire; il lui est arrivé d'écraser une phalange du doigt d'un enfant. Il crie : « Seriez les rênes! » partout où l'oninihus \a s'anèter, comme si les cocheis avaient l'habitude de les tenir lâches. Il va toujours directement à l'endroit do:it on parle, suitout s'il voit (jue son intcrioculcur est une femme délicale qui ne saurait bien discuter le point. 11 ne se serait jamais douté, assure-t-il, qu'elle disait hinmnijlon et non pas Kensiugtou , ou bien qu'elle ne savait pas qu'elle aurait un mille et demi à faire "a pied.
Après diner, le coUilucteur est plus aimable qu'auparavant, pour des raisons également bien connues des habitués du Cheval-Noir el de la taverne de lîellamy. Il se souvient'a merveille qu'on lui doit six pences, el n'oublie pas moins aisément (|u'il a été perdu un |)aquot contcnaiil un bornai d. H n est jamais aussi licui eux ( excepte en se mettant à table pour manger) que lorsqu'il a son omnibus trop plein , qu'il est parvenu "a se faire payer des places de contrebande, ou qu'il s'est permis quelque autie tour pour se dédommager de sa probité haiiituelle. Alors il monte sur le niaicliepicd avec plus de vivacité qu"a l'ordinaiie, s'écrie triom[)halement : « Conqilet! » et s'en va dansant sur ledit morceau de bois, et tout lier de sa supercherie.
Voyez les tentations auxquelles il est exposé; songez au prix des petites sommes (ju'il peut percevoir, aux jeunes voya^euis inexpérimentés (ju'il peut tromper, aux velléités qu'il « forme constamment d'accaparer des six pences. Ob.^ervez aussi combien certaines gens sont exigeants, et qu'il n'est pas toujours responsable des premières causes de leur mécontentement. On s'est plaint deinièrement dans les journaux de ce que les omnibus avaient j;rand tort de laissci' écrire sur eux les mots Oxford-Street et Peccadilly, tandis qu'au lieu de traverser ces rues ils ne faisaient que passer auprès. Ce qu'il y a de plus giave, c'est que, quand vous faites celte observation au conducteur, et lui donne/, avec indignation des preuves s;ins répli(]ue que vous avez h aller plus loin , et que vous serez obligé d'aller à pied , au lieu de compatir aux douleurs de vos rotides, il vous répond froidement : « Oxfoid-Sreet est droit devant vous; prenez un cabiiolet; » ajoutant il liante voix el avec insouciance : (1 Tout est en règle; marchons, Williams! »
Admettons un moment, car nous n'avons pas de preuves du conliaiic, que le |>laigiiant n'ait jamais induit [lersonne en erreur, jias inèiiie sur le prix d'un véritable cigare de la Havane. Nous dirons, en premier lieu, que c'est une l'iasse d'hommes éminemment respectable, celle des propriétaires, gens bien mis, et connus pour avoir plusieurs cabriolets à leurs ordres, qui sont cause de ce qu'on met les mots Oxford-Street et Peccadilly sur les onmibus ipii ne font que passer auprès de ces <|uarliers. Cette inscri()tioii mensongère ne blesse d'ailleurs en rien le caractère moral, qu'ils ne doivent souvent qu''n leur costume; iinpli(|nc-(-clli' (pie l'oiiiiiiliiis
uu'iic (liivcicinoiil (l;iiis Oxfnid-Slrcot l'I d.iiis l'cuiidilh ? I':is plus i|iii' Watlcinl (Hi lîanicl t'ci itssiir une voilure [luliliquo u';uiiiiiiueiil (|ii'()u ii'iia ([ue jusi)u'ii ees villes, ou (|u'oii li'ia pour vous aulre chose que de vous y déposer, en vous laissa!;! I(^ soin de vous rendre dans le (jnailiei' (jui vous eonvieiiilra. Il seiail désavanlaf^eux au public de ne pas avoir sur les omnilms le non d'Oxford-Street ; mais c'est au passant qui l'apereoit a en tirer la déduction logiciue, et, s'il l'interprète mal, la faute en est "a lui. Nous voudrions que nolic ami le conducteur ne fût jamais plus coupahle qu'en cette occasion; nous prenons la liberté de |)enser (ju'il a uraiidement raison, et qu'il icn<l en quelque sorte le bien pour le mal, en répondant à l'indi^'iialion de son inlerlocu(eur pai' le conseil do prendre un cabriolet, et eu évitant pliilosophiquemcnl tiiute discussion ultérieure par cet ordre donné au codier : « Marchons, \\ illianis. »
Nous sommes loin de rien dire pour défendre les méfaits positifs que nous avons appris parfois, et que commettent des hommes de cette classe, dont leurs confrèies parlent en secouant la télé, et en s'élonnant de ce que Dick ou George se soient si mal conduits.
(I iMais, vous voyez, monsieur, c'est toujours dans l'après-midi, el , quand le \in est dedans, l'esprit esl deliors, et liick n'a jamais sa laisoii lorsqu'il soit de la taverne; et, vous le savez, monsieur, les (jenttemen , quoiqu'ils soient dans leur dioil , sont souvent très-insupportables, et Dick se considère comme un peu tjrnllciiuui, parce que c'est le neveu d'une dame qui a un omnibus ;i elle. «
.Malgré cela, nous ne nous conslituons pas son avocat, pas plus que nous ne n(>us établirions celui d'un marquis ou d'un comte. Nous abandonnons tous les coui)ables, a quelque classe qu'ils appartiennent, lords, bourgeois, ou conducteurs; mais cependant nous ne laissons pas, à cause d'eux, lords, bourgeois, ou conducteurs eu bloc. Un jeu fcanc et ouvert, voilà ce (juc nous exigeons de tous et cuvcrs tous, sans en excepter les rigoristes, espèce d'êtres fort intolérables, surtout lorsqu'ils ferment les yeu.v sur le vice enivré de clianipagne, et qu'ils les ouvrent grands comme des soucoupes sui- l'iniquité des imveurs de ijhi.
Maintenant, comme le public est dans l'habitude de voir les condmteurs en bulle à une foule d'accusations, et que le présent article est le seul oii l'on a lenlc d'e\a miner impai tialement les pièces du procès, nous ferons observer seeondaii ement (pie les tjciillcincii, aussi bien ijue les condueteuis. sont quehjuefois très-intob'raliles, et que les conducteurs reçoivent de bien mauvais exeuqiles des voyageurs iju'ils conduisent, entre autres, ceux-ci :
Voya,i;eurs jurants (si le conduelcur jure, on lui en fait toujours un grand criuic/.
Voyagcuis avinés, très-communs le soir dans les omnibus.
Voyageurs qui laissent tomber dans la paille des souverains qu'ils n'onl jamais eus.
Voyageurs qui n'auraieni jamais cru que l'on payât un sbillin;; . el qui font a ce sujet, durant une demi-heure, des mensonges et du tapage.
Voyageurs insolents et de mauvaise humeur, qui mettent leurs pieds en travers devant la portière, et (pii font tiéliucber lous ceux qui entrent.
I9S l.K CONDliC.I Kl K It'OMMItUS.
Vojasçours inl|l:llil■lll^ cl iloniu";. <|iii ne sdiit pas |iliilnl assis iiuilssc |ilai;iii('iit <li' la lionlciisc loiilcur de roiiinilms. cl inciiacciil ilc siiilir ((■ii\-iiioiiu's oui fait allciulio cent lois).
Voyageurs qui ont cto de l'iMidroil du dcparl à la pK'iiiic'ic slalioii, cl, sous pirlc\tc ()uc l'onuiilius tarde d'uue uiinule à parlii'. dexM'ndenI, cl ont aiusi leur (oui'sc pour rien.
Voyageurs corpulcnl.s, (jui occuinnit Irois places, et voul pour leurs six peuccs de Mile-laid jusiju'à l'addinijfou.
Voyaueurs inai^n-s, (jui, d'un ton d'autorilc. font ariclcr roinnilius lance au ^ratnl trot, et relusent d'y entrer a cause de trois personnes grasses qui s'y trouvent.
Voyasieurs qui détestent dans les conductcuis la firossicietc cl reniportemciit, ii tel point qu ils i;rondcnt et s'irritent ii la luoindi'c iiiqicilinencc d'un lioininc niortellcinent faliijué, et, pour le réformer, lui ré|iMcnl \i satiété (]u'il n'est ipriin coquin.
Voyageurs qui s'indignent qu'on laisse entrer d'autres (joillrvicn et même des dames, lorsque l'omuilnis est tonqilcl , liien ([u'il fasse un temps effroyable. La juslice et li'S rè^lemciils, disent-ils, doivent l'cnquirter sur loulcs cousidéi allons de d.iiigeis d'attiaper des rhumes, do lièvres, de fatigues, d'enfance, de se\e , et autres, excepté celle de leur propre personne, qui proliahlenient a souvent prolilé de l'illégalité dont ils se plaignent. Nous avons vu ci'la.
Voyaiieurs (et voyageuses analogues) (|iii, ét,-uil venus pour six iiences de Itlowliladdei-Lauc, demaiideiil <|0 esl-ce que cela signilie , et pourquoi ou les arrête dix portes plus loin que la leur, cl non |ias |iréciséinenl en lace de leur domicile.
i;ne vovvcEisE.
Ilnl.i! Iiola ! où va l-il'!' Arrête/., arrêtez! airêlez. \onsdis-je!
LE C()M)I CIKUR.
SeiMcz les lêncs! Je vous demande pardon, madame, nous sommes sculciiieul quelques |>ortes plus lias.
L\ voya(;ei;se.
ouciqucs portes! il y en a une douzaine. l'our(pioi ne reculez-vous pas/ Croyez vous (pie je vais sortir et faire tout ce clicmm-là dans la houe'/