‹ Les anglais peints par eux-mêmesChapitre 55 sur 106 · LE NOUVEL ACTE DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

LE NOUVEL ACTE DU PARLEMENT

avec (tes rciiiarfUU's , ilcs cvplicatioas cl des ccljiircisst'iiÉtMUs sur son l)iii l't se.> cttcts ;

Si Démociite vivait encoie, et s'il lisait le litre ci-dessus, (pion voit tous les jours dans les annonces , ne ferait-il lias entendre des éclats de rire liruyanls comme le (liant d'uu coc].'' Si on le présentait au vieux Uiogéne , caché au fond de son tonneau, ne se tiendrait-il pas les côtes en ricanant ';* Voici un acte, ayant force de loi , qui apporte les cliauiiemenls les plus ulilcsdans noire état social , un acte dont l'oiijet touche aux plus criants intérêts de tous les hommes; le voici si arlistement emlirouille, si habilement déguisé dans ses dispositions les plus graves , si bien rédigé en gotliique jargon ; l'absurdité conventionnelle de la loi y est si finement substituée au senscomuiuUj qu'il sutlit à Machiavel Zigzag, avocat jusqu'alors inconnu, de dénu'lei cet écheveau , de tiouver les dix grains de froment dans ce boisseau de paille pailenienlaire, pour s'acquéiir une immense réputation de talent naturel et légal Et pourtant ce nouvel acte, énigme si heureusement résolue par Zigzag, doit être, selon l'esprit de la justice, appliiiué ans plus humbles et aux plus illettrés, hjnorantïa lc'(jis nuu e.icusal ciilpam, dit uu adage eu vigueur : rignorancede la loi ne peut servir d'excuse à celui qui l'enfreint ; précepte dont Tyburn voit souvent l'application pratique, adage souvent cité devant les shérifs de Londres, qui, assislés d'un ecclésiastique, siégentà buit heures du matin a la cour de justice d'Old Bayley.

On trouverait bizarre de la parld'un docteur de persister à écrire des adresses sur des boîtes de pilules et des étiipiettes de flacons uniquement en langue japonaise ; il serait non moins original de sa part de répondre aux ropiésentations de ses malades en leur apprenant qu'ils doiveut s'adresser à uu paudit versé daus le japonais pour leur faire savoir combien de pilules il leur faut prendre soir et malin , combien do cuillerées de lochs . et "a quels inicrvalles. i;i pourtant tel est pi ccisément l'usage des docteurs législatifs qui prescrivent pour noire saule sociale; ils écrivent ce

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qui est aulDiise et (iéleiuld , non pas ihiiis leur laniiiie matei iiclk', luais dans iiin' espèce de patois ja[)Oiiais, et nous envoient à l'avoué pour (lue ce pandit nous en fasse une traduction littéiale. Or il n"y a pas deux sa^es <]ni interprètent le texte de niC'me.

Des meinliresdn iiarlemenl ont iceoiniu dans leurs |)ropres actes non pas des cireurs , mais, disent-ils niétaplioriquenient , des crevasses assez larges pour livrer passage à un carrosse à quatre chevaux, l'ar malheur, la cliarrclle de Tyhurn, voituie d'espèce fort mélancolique , ne Irancliil (]ue trop sduveiit de pai'eilles hrèches ; le cheval du voleur de grands chemins galope "a travers l'onverlnre.

Mais pourquoi nous arrêter si longtemps sur celte anlii|iie tolie, sur cette absurde manie de nos falnicants de lois f UniquiMnent parce (pic c'est à leur ainour de l'obscur, à leur adiiiuation pour le sombre crépuscule, de préférence au grand jour de la vérité , que no;is devons presque tous les tiavaux du common informer. C'est l'enfant du mystère législatif, la vile piogénilure de M. Vieil-LIsa;;c et de madame Uoulile-Sens ; et sa ligure peu prévenanle a quelque chose d'équivoque qui décèle son origine.

Le common informer ne fréquente pas le grand inonde. Portland-Scjuare est pour lui nu désert, une Arabie l'étrée; il ne peut rien gagnera espionner à l'hùtel de Grillon ou a celui de Londres; il évite Albeniarle-Slrcel et va llairer sa proie au loin dans les quartiers populeux de la cité. Son enquête tombe sur quelque taverne de la Chèvre et des Compas, au fond d'une allée ; sur quelque lieu qui prend pour enseigne : Au sac de clous, dans une p<'lile rue latérale ; car il est sûr d'y découvrir des iniquités sociales. Les maîtres de ces deux hôtelleries se i)ermcttent d'avoir — un orchestre !

Il n'y a |)as a douter que le diable ne soit rinventenr du violon , i;naginé inconleslablement, ainsi que d antres instramenls harmonieux , dans l'inlention satanique de mener par les oreilles toute l'espèce humaine a sa perdition. Telle doit être aussi l'origine de la viole, du (ifie aimé des démons, de la diaboli(pie clarinetl»^; autrement, pouniuoi nos législaleuis éclairés eu ont-ils tant d'iiorreui ';* pourquoi en interdit-on l'usage aux classes inférieures':' |»our(|n<ii des sons mélodieux ne pcuvculils retentir, ii moins d'inn; permission expresse, <lans la salle fumeuse et sablée des Bons-lînlanls.'' pourquoi un piano est-il une mécani(pu; infernale , et nu hoiiune eu babil râpé, (pu joue et chante également faux , est- il en llagrante rébellion contre les lois? ^ous n'en voyons pas les raisons, mais le common informer, inlelligent el rusé, les connaît à merveille, el en coiis('qucnce le maître des lioiis-luifanls doit à ses dépens rétablir les lois qu'il a roin|iucs. Voila le vaste champ, la plaine ferlile ouverts, à ce (|u'îl semble , par le législateui', pour l'avantage expies du common informer; et il prouve sa reconnaissance envers ses maîtres en y récoltant une excellente moisson.

I 11 poêle a dit :

Le plus gio.ssMM- rosciiii (|iii. près dim iiiiircciigi', Tremble el se coiirlie ;iii kit <\n plus \rnev Z(''ph)r, Si pour son inslruinent le eiel veul le choisir,

LtCU.M\li»\ l\l (iliMEIl 20.S

De suus luêlodieui encbaaie le rivage ,

Le remplit d'baruiuuie, el surpasse en douceurs

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