HENNES AU PATURAGE (LAPONIE
LE RENNE
Si Buffon a été le plus éloquent des naturalistes, il est loin d'en avoir été le plus juste.
Quand il a affirmé que le Cheval est la plus belle conquête de l’homme sur les animaux, il ne parlait sans doute que des pays tempérés qu’il connaissait, mais l’Éléphant, en Asie, le Chameau, en Afrique, le Renne chez les populations du Nord, ne sont. pas pourtant des conquêtes qu’il faille dédaigner.
Les services réunis que rendent chez nous le Cheval, l’Ane, le Mulet, le Bœuf, la Vache* la Chèvre et la Brebis, le Renne les rend aux malheureuses populations qui vivent en Laponie et dans tout le nord de la Sibérie. Ajoutons que partout ou il vit à l’état sauvage, il constitue un gibier précieux et un aliment de haut goût.
Tous les hardis navigateurs qui ont affronté les froids intenses des régions polaires, tous les vaillants explorateurs qui n’ont pas craint de s’engager dans ces contrées déshéritées, incultes, presque partout désertes, où le froid règne en maître pendant les trois quarts de Vannée, où les nuits d’hiver durent trois mois, sans qu’un rayon de soleil vienne se montrer à l’horizon, onl rapporté un souvenir attendri de cebel animal, qui semble avoir enfermé dans son regard si doux une partiede la tristesse des paysages au nuheu
^"TeRenneTttü pour les régions polaires : le froid est son élément et quand un capriee humain le fait changer de climat, il s’étiole et meurt sans pouvoir jamais se reproduire. (J
Les Lapons, les Samoyèdes et les Tschoutsches qui vivent au nord de la Sibérie, ont utilisé les Rennes, s’en sont fait des amis, et ont trouvé en eux les plus utiles des auxiliaires. Par une anomalie inexplicable, les Esquimaux, qui semblent être de la même race et qui habitent les mêmes régions glacées dans le Groenland ou dans le nord du nouveau continent, n’ont jamais vu en eux qu’une proie désirable et les poursuivent ardemment sans songer à les domestiquer. C’est ainsi que dans les contrées tropicales on voit l’Éléphant soumis à l’homme, en Cochinchine, à Siam, à Ceylan, dans les Indes, tandis qu’il ne vit qu’à l’étal sauvage dans tout le vaste continent africain.
Qu’il se trouve à l’état domestique, ou qu’il paisse à l’état sauvage dans les arides steppes qui s’étendent au delà du cercle polaire, le Renne constitue pour les populations déshéritées de ces régions maudites la plus précieuse des captures. Tout chez lui est utilement employé: ses bois superbes que terminent de larges