‹ Les animaux chez euxChapitre 38 sur 49 · RENNE DE LAPONIE (JARDIN D’AC CH SI AT A TI O N · texte numérisé non relu

RENNE DE LAPONIE (JARDIN D’AC CH SI AT A TI O N

empaumures, ses durs sabots, sa chaude fourrure doublée d’un épais duvet, sa peau, ses nerfs, ses os, sa chair qui constitue un aliment substantiel.

Mais c’est surtout à l’état domestique et comme animal de trait qu’il rend les plus éminents services. Le Renne apprivoisé est attelé à ces naïfs traîneaux que les Lapons appellent dos pulka. Rien de plus pittoresque et de plus primitif que ces véhicules sur lesquels le maître s’aventure à d’énormes distances sur les glaces de l’Océan ou dans les plaines couvertes de neige durcie.

Qu on se ligure une sorte de léger canot d’environ deux mètres de long, qu’on recouvre parfois de peaux de Renne ou d’Ours blanc, afin de garantir le voyageur contre les rigueurs des hivers polaires. La quille de ce singulier équipage est posée sur deux billes de bois poli, façonnées en forme de patins. C’est là que s’assied le maître du véhicule quand son Renne a été attelé et c’est ainsi qu’il franchira en une journée des espaces que ne pourrait parcourir le meilleur cheval.

L’attelage n’est pas plus compliqué que le traîneau. Un seul Renne le compose : une mince bande de cuir lui sert de collier et lui prend les épaules; une courroie attachée à un petit plastron posé sur la poitrine passe entre les jambes de l’animal et se relie à un anneau fixé à l'avant du traîneau. Quant aux guides, elles sont remplacées par une lanière de peau de phoque nouée à l’andouiller de gauche du boisdela bête. C est avec cela et à l’aide de la voix que le voyageur guidera son Renne, hâtera ou ralentira sa course.

\oilà le Lapon parti: il sera peut-être plusieurs jours en route et il emporte avec lui sa maigre pitance.

LE RENNE

Le Renne dévore l’espace, le traîneau glisse silencieux sur la surface polie de la plaine glacée; on n’entend que le bruit cadence des sabots qui frappent le sol et s’entrechoquent.

Tout à coup on s’arrête, l’homme saute à terre, il renverse son léger pulka dont les patins dépolis commeneenta glisser moins aisément; il verse dessus de l’eau qu’il a eu soin de conserver de façon à prévenir sa congélation ; quelques minutes d’exposition en plein air suffisent pour la durcir et l’équipage repari au galop et glisse de plus belle sur ses patins restaurés.

Plus loin, nouvel incident. Le Renne a pris un caprice, il refuse d'avancer, cesse d’être docile, se relourne contre son conducteur et le menace de ses andouillers. L’homme n’a pas perdu de temps ; il saute à terre et son traîneau va lui servir de bouclier contre l’aggression de son coursier révolté jusqu’à ce qu’enfln le Renne se soumette et reprenne de bonne volonté sa course rapide.

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