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LE VANNEAU HUPPÉ

Cet oiseau (fig. 136), de la grosseur du Pigeon biset, est un des plus richement vêtus parmi les oiseaux de rivage; son manteau chamarré de reflets métalliques où le vert changeant et le rouge doré se mêlent heureusement, forme un brillant contraste avec le fond sombre de son plumage et la couleur blanche du ventre et du dessous des ailes ; son plastron est largement plaqué de noir; son aigrette, composée de quelques plumes effilées, lui a valu son nom spécifique, tandis qu'il doit sa dénomination de Vanneau au mouvement que font ses ailes en volant : on l'a comparé à celui d'un van épurant le grain.

Le Vanneau vit par grandes troupes au bord des rivières, dans les grandes plaines découvertes, les prairies marécageuses et sur tous les fonds vaseux, riches en petits mollusques et en Vers de terre : ces derniers constituent son principal régime, et il se les procure avec beaucoup d'adresse. Pour les faire sortir de leurs cavités, il écarte d'abord les petits chapelets terreux qu'a laissés leur digestion, et, après avoir mis ainsi l'orifice de leurs repaires à nu, il piétine à côté de chaque trou, et se tient ensuite immobile à l'affût du gibier; à peine le Ver, attiré par la secousse, se montre-t-il à fleur de terre, le Vanneau l'enlève prestement d'un coup de bec. Autre est son procédé quand il chasse le soir, au moment où le serein commence à tomber; il court à travers la prairie humide et récolte, chemin faisant, tous les Vers que la fraîcheur convie au dehors et qui circulent sous ses pieds ; il exploite par ce double manège son canton, et, quand il l'a à peu près épuisé de vivres, il passe dans une autre localité. Chacun de ses repas est suivi régulièrement d'une ablution spéciale : il va se laver les pattes et le bec à la

mare ou au ruisseau le plus proche. Sa vie est des plus actJYes, telle que la réclame un appétit toujours éveillé ; sans cesse en mouvement, il s'avance à terre par petits bonds, ou bien s'élance par de très-courtes volées.

Son vol proprement dit est aussi léger qu'élégant. Nul oiseau ne caracole et ne folâtre plus gaiement en Tair ; il s'y joue dans toutes les positions ; tantôt il s^ balance mollement, tantôt il le traverse incliné sur le côté; d'autres fois il y navigue le ventre renversé et les ailes dirigées verticalement : dans toutes ces évolutions, il vole longtemps de suite et très-haut.

Fig. 136. Vanneau.

Bien qu'un certain nombre de Vanneaux restent toute l'année en France, la plupart ne sont que de passage dans notre pays; ils nous visitent, chaque année, à la fin de février ou dans la première quinzaine de mars ; le vent du sud nous les amène, et, comme presque tous les oiseaux voyageurs, ils repartent par le vent du nord. A leur arrivée chez nous, ils se dirigent d'abord vers les prairies mouilleuses et les autres lieux frais ; si le dégel est déjà prononcé, ils se répandent dans les blés où fourmillent en ce moment les Vers de terre que les premières

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