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LES ÉLECTRICIENS

Plaçons, entre lame et lamelle, sous le microscope, une de ces amibes (Jig. 94, A) qui sont si fréquentes dans les mares et laissons-la au repos. Nous la voyons s'épanouir en une masse gélatineuse dont tout le pourtour se garnit de pseudopodes irréguliers avec lesquels l'amibe rampe à la surface du support. Faisons maintenant passer un courant électrique dans l’eau où elle se déplace. Si le courant est trop fort, tous les pseudopodes se contractent. Mais, si le courant est faible, les pseudopodes du côté du pôle positif seuls rentrent dans la masse, tandis que ceux tournés du côté dn pôle négatif continuent à ramper. De ce fait, l’'amibe se déplace du pôle positif au pôle négatif (fig. 94. B) : on peut donc dire qu'elle est négativement électrotactique.

Examinons de même une trachélomonade { fig. 94, C) ; elle se présente sous la forme d’une masse ovoïde, un peu hérissée à la surface et munie d’un lorg flagellum effilé et toujours en mouvement : grâce à celui-ci, l’infusoire se déplace dans tous les sens. Si, maintenant, nous venons à faire passer un courant, nous verrons la trachélomonade tourner lentement sur elle-même de manière à placer son flagellum dans la direction du courant, la tête tournée du côté de l’anode et se déplacer de l’anode vers la cathode : elle aussi, elle est douée d’un électrotactisme négatif. Des faits analogues ont été constatés avec nombre d’autres infusoires. Ceux-ci finissent toujours par venir s’accumuler tout près du pôle négatif. La rapidité avec laquelle se fait cette agglomération dépend de la force du courant : il y a d’ailleurs un minimum, un optimum et un maximum. Si le courant est trop faible, les infusoires ne réagissent pas; s’il est trop fort, les infusoires sont en quelque sorte paralysés et ne peuvent se déplacer.

Les expériences réussissent très bien avec les infusoires du Fig. 65.— Paramécie. genre paramecium (fig. 95): si l'on en met plusieurs sous D sic nui es la lamelle, aussitôt que le courant passe, on les voit se dis-

de cils visratiles qui : : ' Gr DES

lui permettent de se dé poser en lignes plus ou moins arrondies qui réunissent les

Dre deux pôles : sous cette forme, la position des bactéries est tout à fait semblable à celle des grains de limaille dans l'expérience classique du spectre magnétique (fig. 94, D). Puis, peu à peu, cet ordre disparaît et les paramécies (fig. 94, Ë) vont s’accumuler au pôle négatif. On remarque aussi un autre fait. Quand la paramécie n’est soumise à aucun courant, elle se déplace non en ligne droite, mais en décrivant de larges sinuosités ( fig. 94, F). Si l’on fait passer un courant faible, ces sinuosités deviennent plus manifestes (fig. 94, G). Enfin, si le courant est très fort, la paramécie décrit des sinuosités encore plus marquées (fig. 94, H).

Tous ces mouvements peuvent s'expliquer par le mouvement des cils vibratiles qui garnissent le corps de la paramécie.

Les organismes dont nous venons de parler sont tous négativement électrotactiques. Il en est aussi qui le sont positivement, c’est-à-dire qui vont du pôle négatif

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