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rée basse, d’inimenses taches
vertes que l’on est tenté de prendre pour des amas d’algues. En portant un fragment de ces taches sous le ee de ET les petites planaires courir dans tous les
sens avec une grande rapidité. Leur teinte est d’un beau vert émeraude.
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Non moins variée est la position de la matière verte chez les animaux ; dans les uns, elle se trouve dans la peau même ou à une faible distance au-dessous, tandis que chez d’autres, elle est placée dans les profondeurs mêmes des tissus. Ce dernier cas se rencontre chez divers mollusques, où l’entérochlorophylle est localisée dans le foie ou dans l'intestin.
Fig. 99. — Elysie verte.
Par sa couleur on croirait voir ramper une feuille pleine de souplesse.
Nos figu.-s reproduisent quelques-uns des animaux les plus remarquables qui
présentent une couleur verte due à de la chlorophylle. La plus jolie de toutes est certainement l'élysia viridis (fig. 99) que l’on prendrait au premier abord pour un ver plat, mais qui est en réalité un mollusque. Les deux larges expansions que l’on voit sur les côtés sont ordinairement relevées et recouvrent l'animal comme d’un toit. La teinte générale est d’un vert sombre ; de place en place apparaissent des taches blanchâtres et des points bleu-verdâtre qui semblent autant de pierres précieuses enchâssées dans la peau. Ce bel animal se trouve sur presque toutes nos côtes ; il rampe lentement à la surface des rochers submergés et des algues, en laissant derrière lui une longue traînée mucilagineuse, à la manière des escargots.
Une question intéressante à résoudre consiste à savoir comment la matière colorante est fixée, à quel état elle se trouve chez les animaux qui en possèdent.
Le cas où la chlorophylle est diffuse à l’intérieur de l'animal est très rare, mais il est très important, car il prouve que la matière appartient bien en propre à l'organisme et qu’elle est un des produits de son activité. Ce cas a été signalé chez plusieurs protozoaires, notamment la vorticella campanula, le stentor mulleri, le freia producta. |
Bien plus souvent, la chlorophylle est fixée sur de petits corps arrondis parfaitement nets et bien distincts des tissus ambiants. Ils ressemblent aussi bien à des algues vertes qu'aux grains de chlorophylle si abondants dans les feuilles, de telle sorte qu'il est impossible a priori de dire si l’on a affaire à des algues parasites ou à des chloroleucites produits par l'animal. Pour résoudre ia question, il est nécessaire de suivre ces corps verts dans leur structure et leur évoiution. Leur forme est généralement ovalaire ou arrondie; ils sont cependant allongés chez l'acanthocystis pectinata, réniformes chez l’hydre, irréguliers chez l’élysie ; leur diamètre ne varie pas au delà de 1,5 à 13 centièmes de millimètre. Chacun de ces corps verts est entouré d’une membrane qui est rarement cellulosique, parfois imprégnée de cellulose, le plus souvent mucilagineuse ; à l’intérieur, on rencontre un noyau clair et un chloroleucite cupuliforme. Les corps verts ne paraissent pas exister dans les embryons des animaux, qu'ils n’envahissent que plus tard, à la façon des algues parasites. Ils se reproduisent ensuite par divisions successives. Séparés de leurs hôtes, ils se cultivent, quoique difficilement, dans des milieux appropriés, mais non dans le liquide où vit l'animal ; on peut alors les inoculer artificiellement à un animal de la même espèce, mais on n’a pas encore réussi à les inoculer à des animaux d'espèces différentes.
Tout se passe, en un mot, comme si les animaux étaient contaminés par des algues vertes, auxquelles on a donné le nom de zoochlorelles. On admet aussi que celles-ci vivent dans les animaux par un phénomène non de parasitisme, mais de symbiose : c’est une association amicale où chacun des conjoints tire un profit quelconque de leur réunion. On a démontré, en effet, que la matière verte des corps verts était chimiquement et spectroscopiquement identique à la chlorophylle végétale, et que, comme elle, elle décompose le gaz carbonique de l’air, en fixant le carbone et en rejetant de l'oxygène. On sait que les animaux ne possèdent pas celle propriété.
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En somme, l'animal reçoit de l’algue l'oxygène et l’amidon qui sont le résultat, direct ou indirect, de la fonction chlorophyllienne; l’algue reçoit de son hôte l'humidité qui lui est nécessaire, un abri, le gaz carbonique exhalé et probablement aussi certains produits azotés d’origine animale. « Mais, dit M. Bouvier, l'influence de l'adaptation se fait sentir bien plus fortement sur l’algue que sur l'animal ; l'algue peut difficilement se passer de l'animal, mais ce dernier peut, le plus souvent, sinon toujours, se passer complètement de l’algue. L'animal se reproduit normalement, qu’il soit ou non associé à l’algue, mais celle-ci ne forme pas de zoospores et ressemble en cela aux algues des lichens. »
On voit, en résumé, que la plupart des animaux verts sont colorés accidentellement par des algues qui vivent en symbiose avec eux. Quelques-uns, cependant, peuvent produire eux-mêmes de la chlorophylle et se comportent ainsi tout à fait comme des plantes,