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CHAPITRE XXVII

Les roulottiers.

Les tortues auraient dû, logiquement, être comprises parmi les « chevaliers du moyen âge ». puisqu'elles sont revêtues d’une armure presque typique; mais elle: méritent une étude spéciale, car cette armure leur sert en même temps de maison.

En outre de leur aspect extérieur et de leurs mœurs, sur lesquelles nous reviendrons plus'loin, les tortues présentent au point de vue anatomique et physiologique des particularités fort curieuses. Ainsi, cette vaste carapace où l'animal peut rentrer pattes et tête, véritable maison qu'il porte toujours avec lui, déroute toutes nos notions d'anatomie comparée : c'est un peu comme si la bête était rentrée à l'intérieur de sa cage thoracique — vulgo poitrine. D'autre part, savez-vous de quels autres animaux les tortues se rapprochent le plus, anatomiquement ? Des serpents ? Non. Des lézards ? Point. Des crocodiles ? Pas davantage. Des grenouilles ? Encore moins. Alors ? Tout simplement des oiseaux, qui semblent on ne peut plus différents des tortues par leur légèreté, leurs plumes et leur mode de vie. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences.

Les tortues sont encore remarquables par leur extrême vitalité, ainsi que nous le verrons plus loin au sujet des animaux qui ont la vie dure.

Presque toutes sont d’un naturel apathique et se traînent péniblement sur le sol. Leur force musculaire est cependant très grande. Une tortue de moyenne taille traîne facilement un enfant et même un homme. Quant aux tortues marines, il faut se mettre à plusieurs pour en venir à bout. Si l’on fait mordre un bâton à une tortue de marais, on peut la soulever : elle reste suspendue pendant plusieurs heures sans lâcher prise, même lorsqu'on exerce sur elle les plus fortes tractions.

Au point de vue intellectuel, les tortues sont peu intéressantes, Le seul trait à signaler est que les espèces élevées en captivité ne tardent pas à reconnaitre leur maître et à venir manger dans sa main au moindre appel. Quant aux espèces sauvages, la plupart mènent une vie de brute, se contentant de manger les victuailles qu’elles rencontrent. Cela n’a rien d'étonnant, étant donnée la facilité avec laquelle elles se défendent de leurs ennemis en rentrant tout simplement à l’intérieur de leur carapace. Cette protection: est, en effet, très efficace, mais il ne faudrait pas croire qu’elle fût absolue. C’est ainsi que les jaguars et différents autres félins savent, à l’aide de leurs griffes, extraire l’animal de sa carapace pour le dévorer. On a vu des bancs de tortues disparaître d'îles où l’on avait introduit des chats. Les porcs mangent aussi, en les engloulissant in toto, de petites tortues encore moiles.

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Enfin, plusieurs oiseaux de proie, et notamment le vautour barbu, savent fort bien enlever dans les airs des tortues et les laisser tomber, pour les briser, sur des rochers. et parfois sur des crânes chauves qu’ils prennent pour tels, à en croire certain auteur grec.

Rappelons enfin, pour terminer ces considérations générales, que c’est aux tortues que l’on doit... indirectement l'invention de la lyre. On rapporte que Mercure — d’aucuns disent Apollon — rencontrant une carapace vide, eut l’idée d’y

Fig. 152. — Tortue éléphantine.

Elle rappelle l'éléphant par sa grande taille, mais non par son nez qui est plutôt camus.

tendre des cordes et fut frappé de l'harmonie des sons que l’on en pouvait tirer. Le plus ancien instrument à cordes était inventé.

Les tortues vivent dans trois habitats différents, et dans chacun d’eux elles présentent des caractères particuliers : la terre, les eaux douces, la mer.

Les tortues terrestres sont surtout caractérisées par leur carapace très bombée et à l'intérieur de laquelle la plupart peuvent rentrer entièrement, pattes et cou. L'espèce que l’on élève en France et que l’on vend dans des petites voitures à Paris est la tortue grecque, facilement reconnaissable à ses plaques jaunes et noires, et qui vient du pays auquel elle doit son nom. Elle vit surtout de plantes et, en hiver, se cache dans la terre pour y dormir toute la saison froide. Elle est assez peu farouche et ne rentre

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dans sa maison que lorsqu'on l’agace fortement. À côté d'elle, parmi les tortues de petite taille, il faut citer la tortue bordée, la tortue étoilée, la tortue charbonnière, qui, à peu de chose près, ont les mêmes mœurs.

D'autres tortues terrestres sont remarquables par leur taille gigantesque et sont d’autant plus intéressantes qu’une chasse inconsidérée les a presque entièrement décimées, et que, comme le dodo et la rhytine, elles n’existeront bientôt plus que comme souvenir. La plus connue est la tortue éléphantine (Jig. 152), qui pullulait jadis aux Mascareignes ; on l'y rencontrait par troupes de deux à trois mille. Comme

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Fig. 153. — Tortue d’Abington.

Animal moins bien cuirassé qu'on ne le croirait, car sa carapace est à peine de la consistance du carton.

sa chair était exquise, on lui fit une chasse terrible: aujourd’hui, il ne reste plus que les quelques individus protégés par le gouvernement. Sa chair est en effet comparable à celle du mouton, de même que le foie. On a rencontré des exemplaires pesant 200k£, Un exemplaire de 175Ke avait 1°,36 de longueur sur 2,05 de circonférence, avec une patte antérieure de 0",54 de circonférence.

Les tortues étaient autrefois si abondantes aux Galapagos qu’on appelait celles-ci « les îles des tortues ». Aujourd’hui elles y sont presque rares. Elles comprennent plusieurs espèces : l’une des plus intéressantes est la tortue d’Abington ( Jig.153), remarquable par son long cou et sa carapace de la consistance du carton, largement ouverte en avant. Dans son célèbre voyage à ces îles, Darwin eut l’occasion d’observer ces curieuses bêtes.

J'ai rencontré sur ma route, écrit-il, deux grandes tortues qui devaient peser chacune au moins cent kilogrammes. L'une d’elles, qui déchirait un morceau de cactus, me

284 LES ROULOTTIERS PR RER SP TRE M NT ee P'ALEPU ER RENOR EUR our IS RER RE ERE L .

regarda lorsque j'approchai et s’éloigna tranquillement; l’autre fit entendre un sifflement profond et rentra sa tête. Ces énormes reptiles, entourés de laves noires, de buissons dépourvus de feuilles et de cactus gigantesques, me firent l'effet de créatures antédiluviennes.

Ces animaux, qu’on trouve probablement dans toutes les îles du groupe, se rencontrent certainement dans le plus grand nombre d’entre elles. Ils vivent, de préférence, dans les endroits humides et élevés, mais ils visitent aussi les lieux bas et secs. Quelquesups atteignent des dimensions énormes : l'anglais Lawson qui, à l’époque de notre séjour, avait des projets de colonisation, nous parla de quelques spécimens tellement grands qu'il fallait six ou huit hommes pour les soulever et qu'on pouvait en retirer jusqu’à cent kilogrammes de viande. Les mâles, qui diffèrent principalement des femelles par la plus grande largeur de leur queue, arrivent à une taille supérieure à celle qu’atteignent ces dernières.

Les tortues qui vivent sur les îles dépourvues d’eau ou qui habitent les pays bas et secs se nourrissent principalement du suc des cactus; celles qui résident dans les lieux élevés et humides mangent les feuilles de différents arbres, des baies acides et âcres appelées guagarita et des lichens d’un vert pâle qui pendent en festons aux branches des arbres. Toutes ces tortues aiment l’eau, dont elles boivent de grandes quantités; beaucoup d’entre elles se plaisent dans la vase. Les îles les plus grandes ont seules des sources, qui se trouvent toujours vers leur partie centrale et à une assez grande altitude ; il en résulte que, pour boire, les tortues qui habitent les endroits bas doivent parcourir d’assez longs trajets; du passage incessant de ces tortues à travers les broussailles, il résulte des sentiers larges et parfaitement battus qui s'étendent dans tous les sens, depuis les sources jusqu'au rivage ; c’est en suivant ces sentiers que les Espagnols ont découvert les sources. Lorsque je parcourais pour la première fois l’il Chatham, je ne pouvais m'expliquer tout d’abord par quel animal des chemins si bien entretenus avaient été tracés; j'eus bientôt l'explication du fait en les suivant, car je trouvai près des sources un grand nombre de grandes tortues; les unes s’avançaient en hâte, leur long cou étendu; les autres, après avoir bu avec avidité, s’en retournaient vers le rivage. Lorsque la bête arrive à la source, elle plonge sa tête dans l’eau jusqu'au-dessus des yeux, sans s’effrayer de la présence d’un étranger, et déglutit avec rapidité. Les habitants du pays racontent que ces animaux demeurent trois ou quatre jours dans le voisinage de l’eau et qu'ils ne retournent qu’alors dans les endroits où ils ont l’habitude de se tenir. Les époques auxquelles les tortues viennent boire ne sont pas exactement connues; il est probable que cela doit dépendre du mode d’alimentation de l’animal. Il est du reste constant que certaines tortues vivant sur des îlots privés de sources ne boivent qu’à des intervalles très irréguliers et assez éloignés, alors seulement qu'il pleut assez pour que l’eau du ciel puisse s’accumuler dans quelque cavité.

On sait que la vessie urinaire des grenouilles leur sert surtout de réservoir à eau pour maintenir l'humidité dont ces animaux ont besoin; il semble en être de même pour les tortues. Les habitants des Galapagos connaissent cette particularité et la mettent à profit; lorsqu'ils sont poussés par la soif, ils sacrifient quelques-uns de ces animaux el boivent le contenu de la vessie urinaire composée d’eau presque pure. Je vis tuer une de ces tortues de grande taille; le liquide était absolument clair et n’avait qu’un faible goût d’amertume; les indigènes boivent aussi le liquide péricardique.

Quand les grandes tortues se mettent en marche pour se rendre vers les sources, elles marchent nuit et jour et se transportent beaucoup plus rapidement qu'on ne le supposerait vers le but qu’elles veulent atteindre. D’après des observations faites sur les lieux, les gens du pays affirment que ces tortues peuvent parcourir environ 8 milles en deux ou trois jours. Une grande tortue que j'ai été à même d'observer cheminait avec une vitesse de 60 yards en 10 minutes, soit 360 aunes à l’heure, ce qui ferait 4 milles anglais par jour.

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Porter a remarqué qué, la nuit, elles paraissent sourdes et aveugles ; les bruits les plus retentissants, les détonations même d'une arme à feu ne produisent sur elles aucune impression.

Un très grand nombre de tortues vivent dans les eaux douces ou tout au moins dans les marais et se font remarquer par leur carapace aplatie. En France, nous en avons même une espèce assez commune, la cistude d'Europe. Elle nage assez facilement, mais préfère rester immobile au fond de l’eau. Elle pond sur les bords des marais. On la voit sortir du liquide et creuser dans le sol une excavation conique avec sa queue d’abord et ses pattes postérieures ensuite. Au bout d’une heure, le trou a atteint dix centimètres de diamètre. Cela fait, on voit saillir un œuf qui aussitôt est délicatement recueilli par une patte et doucement descendu jusqu'au fond du trou. Un secord œuf arrive ; il est descendu de même avec l’autre patte. Ce n’est qu'au mois d'avril de l’année suivante que les jeunes

Fig, 164. — l'ortue scrpentine. È La plus méchante et là plus cruelle des tortues, À part peut-être le torlues éclosent el se

. -x féroce. “ À ÉRPPCNUES rendent à l’eau comme

de petits canards, avec cette différence que l’œil maternel ne les surveille pas.

Les tortues sont en général d’un naturel paisible ; mais ce n’est pas là une règle générale. Ainsi la chélydre, appelée aussi serpentine (Jig. 154), qui vit dans les fleuves des États-Unis, est très méchante et, par suite, très redoutée. « À peine a-t-on posé dans le canot une chélydre capturée, raconte Weinland, que l'animal furieux s’arc-boute sur ses membres de derrière, prend un formidable élan, fait un bond de plus d'un demi-mètre pour se jeter sur nous et mord furieusement la rame qu'on lui présente. » Et, comme le remarque Müller, tandis que l’œil de la plupart des tortues dénote une sorte de bienveillance stupide, le regard de la serpentine brille de méchanceté ; bien des gens rencontrant cette bête pour la première fois s'en méfient immédiatement et l’évitent.

La serpentine ne vit d’ailleurs que de proies vivantes, de poissons et de batraciens notamment. Elle ne se fait pas faute non plus d’aller à terre pour s'emparer des canards et poulets appartenant aux riverains. Il lui arrive souvent aussi de causer de cruelles blessures aux baigneurs qui viennent dans ses parages.

L'hyâroméduse de Maximilien (/ig. 155) n'est pas moins curieuse. Son cou long et mobile ressemble plulôt à celui d’un serpent. Au repos, l'animal cache sa

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tête, non en la rétractant, mais en la repliant, à gauche, dans une gouttière de la carapace. Quand elle aperçoit un ennemi ou une proie, elle darde sa tête sur lui

Fig. 155. — Hydroméduse,

Serpent par la tête, tortue par la carapace, c'est un mélange qui étonne, de même que sa vivacité au réveil et la curieuse manière dont elle «s'arrange » pour dormir.

avec une vitesse étonnante et lui fait une cruelle morsure.

Si singulière que soit l'espèce précédente, elle l’est encore moins que la matamata (/ig. 156) qui vit dans l’Amérique du Sud. Sa carapace est surmontée de bosses coniques et son cou long et relevé porte des franges pendantes. Le museau est pointu. La matamata exhale une très mauvaise odeur ;

mais cela n'empêche pas les Caraïbes ut inanger sa chair avec délices. Elle vit dens les Guyanes, restant constamment enfoncée dans la vase des marais et ne

Fig. 156. — Malamata,

À considérer la gravure, la bête semble jolie à voir et agréable à manier. En réalité, elle est affreuse et puante, et, disent les voyageurs, produit un effet repoussant.

laissant émerger de l'eau que sa tête et une partie de son cou. Les membranes frisées qui garnissent ce dernier servent d'appäts pour les poissons qui les prennent pour des petits vers, la matamata en profite pour les capturer et les manger sans autre forme de procès.

Citons enfin les

tortues molles — deux mots qui semblent jurer ensemble — que l’on trouve surtout en Asie. Voici ce que dit Brehm de ces tortues molles, qui comprennent surtout

le genre trionyx (Jig. 157):

ke

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Ce groupe comprend des espèces essentiellement aquatiques et ne sortant guère de l’eau que pour effectuer la ponte ; bien qu'elles ne soient pas maladroites sur la terre ferme et que, d’après Baker, elles puissent courir assez rapidement, elles n’entreprennent néanmoins jamais de grands voyages. Lorsque les cours d’eau qu’elles habitent ordinairement viennent à se dessécher, elles ne passent que rarement dans les fleuves voisins, mais s’enterrent généralement dans la vase en attendant le retour des pluies. On a parfois pris des trionyx en.

pleine mer, et à une certaine distance du rivage, ces animaux ayant été certainement entrainés hors de leur habitat habituel.

Il paraît, nous apprennent Duméril et Bibron, que, pendant la nuit et:

lorsqu'elles se croient à l'abri des dangers, les potamites ou tortues molles viennent s'étendre et se reposer sur les petites.iles, sur les rochers, sur les troncs d'arbres renversés sur les rives ou sur ceux que les eaux charrient, d’où elles se précipitent à la vue des hommes aux moindres bruits qui les alarment.

Pendant le jour elles se tiennent le plus habituel-

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ST = Re T 4 x . r EE — © lement à demi enfoncées = alien, RE dans la vase, surtout dans Fig. 157. — Trionyx féroce. les points où l'eau peu

Une pe molle, ces deux mots ne jurent ils pas ensemble ? Le contraste profonde laisse facilement eu 8 pu 1Y , ns : »& » Q n x i 14 LA P e poursuivre, car quoique « molles » ces tortues sont fort agiles pénétrer les rayons du

ettrès dangereuses.

soleil.

Toutes les tortues molles sont fort voraces et très agiles ; elles poursuivent à la nage les poissons et les batraciens. Lorsqu’elles veulent saisir leur proie, elles projettent leur tête et leur cou avec la rapidité d’une flèche. Indépendamment de l'alimentation animale, qui forme le fond de leur alimentation, on rapporte que les trionyx ne dédaigneraient pas des aliments végétaux ; Rüppellrapporte, en effet, qu’il n’a trouvé dans l'estomac du trionyx d'Égypte, qui vit dans le Nil, que des débris de dattes, de pastèques, de courges et de végétaux analogues. I! ne faudrait pourtant pas conclure de cette observation de Rüppell que les trionyx soient exclusivement herbivores ou frugivores, car on ne les voit jamais se nourrir que de proies vivantes ou de viande dans les ménageries.

Ce qui vient encore à l'appui de ce que nous venons de dire pour le goût manifeste que les tortues molles ont pour une nourriture animale, c’est le courage dont elles font preuve lorsqu'elles sont capturées, surtout lorsqu’elles ont été blessées. Tous les ohservateurs qui ont été à même d’observer ces tortues s'accordent à dire qu’elles sont extrèmement dangereuses et qu’il faut les manier avec beaucoup de précautions. Elles mordent| vivement avec leur bec tranchant et arrachent le morceau; elles ne lâchent la proie qu'en enlevant la partie saisie, de sorte qu’elles occasionnent de cruelles blessures. |

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D’après Duméril et Bibron, les mâles semblent être en moindre nombre que les femelles, ou bien ils s'approchent moins des rivages que celles-ci, qui viennent pour y pondre les œufs, qu’elles déposent dans des trous creusés pour en contenir cinquante ou soixante. Le nombre varie suivant l’âge des femelles, qui sont d'autant plus fécondes qu'elles sont plus jeunes. Les œufs sont de forme sphérique, leur coque est solide, mais membraneuse ou peu calcaire.

Nous avons élé à même, à la ménagerie des reptiles du Muséum de Paris, d'observer plusieurs fois des trionyx de grande taille provenant de l’Indo-Chine. C’étaient des animaux très batailleurs, donnant la chasse aux nouveaux venus et molestant de toutes les manières des serpentines, d'humeur cependant peu patiente, qui se trouvaient en leur compagnie. Ils se cachaient presque toujours pendant le jour, mais sortaient cependant assez souvent pour venir recevoir l’eau chaude à l’aide de laquelle on réchauffait l'eau des bassins ; ce n’était qu’exceptionnellement qu’on les voyait se reposer sur la plage, cependant chauftée.

Leur nourriture se composait de poissons morts, soit de mer, soit d’eau douce, et de viande coupée en morceaux.

Contrairement aux assertions de voyageurs qui rappor tent que les trionyx dédaignent absolument toute proie morte ou privée de mouvement, les animaux que nous avons pu observer mangeaient la proie qu'on leur jetait au fond de l’eau.

La plupart des tortues, soit terrestres, soit aquatiques, déchirent leur proie: les trionyx, à l’aide de leurs mâächoires tranchanies, la coupent et la divisent.

En raison de la taille considérable à laquelle ils peuvent parvenir (certains individus pèsent jusqu’à cent kilogrammes et au-dessus), en raison de la délicatesse de leur chair très savoureuse, on chasse les trionychidés dans les endroits où ces animaux sont communs. On les pêche à la ligne avec des.hameçons que l’on amorce avec des poissons ou d’autres animaux vivants ou que l’on agite dans l’eau ; on les entoure de filets; on les tue au fusil et on les transperce à l’aide de piques. Pour s'emparer du trionyx du Gange, écrit Théobald, on emploie une longue fourche en fer; on enfonce cet instrument le long du fleuve dans la vase molle ou dans les amas de feuilles à demi pourries. Le pécheur qui a ainsi capturé une tortue attache, suivant la taille de l’animal, un nombre plus ou moins considérable de forts crochets dans la partie postérieure et comme cartilagineuse de la bête. Il tire alors fortement sur les crocs et extrait ainsi la tortue qui se débat furieusement et cherche à mordre avec rage tout ce qui est à sa portée. Lorsqu'on à capturé une tortue de forte taille qui se trouve dans une can un peu profonde, on lui enfonce en outre, à l’aide d’un lourd marteau, un épieu pointu dans le dos et on la tire alors sur lc rivage.

Mais malheur à l’imprudent qui se trouve à portée des mâchoires de l’animal capturé, car j'ai vu un trionyx enlever d’un seul coup de son bec tous les orteils du pied d’un pêcheur. Il est prudent d'envoyer une balle dans la tête de la Die ou de lui trancher la tête d’un coup de hache.

Les Mongols qui ont grand’peur des trionyx habitant-leurs cours d’eau et qui savent, souvent par expérience personnelle, combien ils sont méchants et dangereux, ont agrémenté leurs récits de fables plus ou moins nombreuses.

Nos cosaques, dit Przevalski, refusaient absolument de se baigner dans la rivière Tachylga. Ils attribuaient aux trionyx divers pouvoirs magiques et invoquaient à l'appui de leurs dires les caractères thibétains que ces animaux portent sur la partie postérieure de leur carapace. Les habitants du pays avaient effrayé nos cosaques en leur affirmant que les tortues en question s’incorporent dans la chair de l’homme, et que les malheurcux auxquels pareil accident arrive ne peuvent plus reconnaitre la route qu'ils sont habitués à suivre. La seule chance d'échapper à un semblable sortilège est la suivante : si un chameau blanc et un chevreuil blanc viennent à passer dans le voisinage et se mettent à crier en apercevant la tortue, celle-ci lâche alors sa victime et le charme est

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rompu. Il n'existait pas autrefois de trionyx dans la rivière Tachylga; mais ces terribles animaux apparurent brusquement, et les habitants des environs, aussi surpris qu'effrayés, ne surent d'abord que faire. Ils s’adressèrent enfin, pour suivre ses conseils, à l'abbé du monastère voisin; l'abbé leur apprit que la tortue qui venait de faire ainsi son apparition devait désormais rester maitresse du cours d’eau dans lequel elle s'était introduite et compter parmi les animaux sacrés. Depuis cette époque on vient faire tous les mois des prières commémoratives à la source de la rivière Tachylga.

Fig. 158. — Tortue platysterne.

La nature à un peu aplati sa carapace, mais toute sa force vitale s'est réfugiée dans la tête. Et voilà comment, pourrait-on croire, un macrocéphale a été créé.

La chair des tortues molles ne se mange pas partout, mais elle est fort appréciée de tous ceux qui en ont goûté. D’après Baker, cette viande donne une soupe exquise. Les œufs ne passent pas pour être savoureux.

Non moins bizarre est le platysterne à grosse tête (fig. 158). qui est excentrique dans toute l’acception du mot, avec sa tête énorme, cuirassée, beaucoup trop volumineuse pour rentrer sous la carapace. Celle-ci est déprimée, aplatie comme si on l'avait écrasée d’un coup de pied. Quant à la queue, garnie de fortes écailles imbriquées, sa longueur atteint celle du reste du corps, soit environ 20 centimètres.

Le platysterne se trouve au Siam et au sud de l'Afrique, mais ses mœurs sont inconnues.

Ac COUPIN. — ANIM, EXCENTR. 19

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2go LES ROULOTTIERS

Pour terminer ce qu’il y a à dire des tortues de marais, il n’y a plus qu’à citer les podocnémydes, qui vivent surtout dans l’Amérique du Sud et où elles donnent lieu à une industrie assez particulière, la confection d’huile d'œufs de tortues. Alexandre de Humboldt nous a laissé d’intéressants détails sur cette industrie, qui, comme tout ce qui touche aux tortues — un groupe qui s’en va, — est en déclin :

Vers onze heures du matin, écrit-il, nous débarquâmes sur une île située au milieu du fleuve (l’Orénoque), que les Indiens considèrent comme leur propriété dans la mission de l’Uruana. Cette île est renommée pour la chasse qu’on y fait aux tortues, ou comme on dit, pour la récolte des œufs qu’on y fait chaque année. Nous y trouvàmes plus de trois cents Indiens couchés sous des huttes en feuilles de palmier. Outre les Guanos, les Otomaques de l'Uruana qui passent pour un peuple sauvage et réfractaire à toute civilisation, nous vimes des Caraïbes et d’autres Indiens du cours inférieur de l’Orénoque. Chaque peuplade s’installait à part et se reconnaissait à la couleur et à la forme des tatouages. Au milieu des groupes bruyants d’Indiens se trouvaient quelques blancs et notamment des commerçants d’Angostura qui avaient remonté le fleuve pour acheter aux indigènes l'huile d'œufs de tortue. Nous rencontrâmes aussi le missionnaire de l’Uruana; il nous raconta qu’il était venu pour se procurer l’huile nécessaire à la lampe de l’autel; mais son principal but était de maintenir l’ordre au milieu de ce mélange d’'Indiens et d’Espagnols.

En compagnie de ce missionnaire et d’un marchand qui se vantait d'assister à cette récolte depuis dix ans, nous parcourümes cette île, qu’on visite ici comme les foires dans nos pays. Nous nous trouvions sur une étendue de sable bien aplanie. « Aussi loin que s'étend le regard le long des bords, nous dit-on, la terre recouvre des œufs de tortues. » Le missionnaire portait à la main une longue perche ; il nous montra comment on s’en servait pour rechercher jusqu'où s'étend la couche des œufs, et procéda à la façon des mineurs qui veulent délimiter un gisement de marne, de fer ou de charbon minéral. En enfonçant verticalement la perche dans le sol, on sent, lorsque la résistance fait défaut, qu’on atteint la cavité, ou la couche terrestre meuble dans laquelle gisent les œufs.

Cette couche est si uniformément répandue que, dans un rayon de dix toises autour d'un point donné, la perche exploratrice la rencontre sûrement. Aussi ne parle-t-on ici que de perches carrées d'œufs ; on divise le sol en lots qu’on exploite comme on ferait d’un terrain riche en minerais. Il s’en faut cependant que cette couche d’œufs recouvre l’île dans son entier ; elle cesse dans tous les points où le sol se relève brusquement, parce que les tortues ne peuvent grimper sur ces petits plateaux. Je parlai à mes guides des descriptions hyperboliques du Père Gumilla, d’après lequel les rives de l’Orénoque contiendraient moins de grains de sable que le fleuve ne renferme de tortues, à ce point que les bateaux se trouveraient arrêtés dans leurs courses si les hommes et les tigres n’en tuaient annuellement une quantité suffisante. Mais ce ne sont là que des contes, ainsi que le fit remarquer en souriant le marchand d’Angostura. Les Indiens nous affirmèrent que, depuis l'embouchure de l’Orénoque jusqu’au confluent de l’Apure, on ne trouve ni une ile ni un rivage où l’on puisse recueillir en quantité des œufs de tortues. Les points sur lesquels presque toutes les tortues de l’Orénoque semblent se rassembler chaque année s'étendent entre le confluent de l’Apure et de l'Orénoque et les grandes cataractes ; c’est là que se trouvent les points les plus renommés. L'une des espèces, la podocnemys expansa, parait ne point remonter au-dessus des cataractes; d'autre part, on nous a affirmé qu’au-dessus de l’Apure et du Maypure on ne trouve que les tortues dites terekay.

La podocnémys est connue des indigènes sous le nom d’arraou. L'époque à laquelle pond cette espèce coïncide avec celle du niveau le plus bas des eaux. Comme l’Orénoque

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commence à monter à partir de l’équinoxe du printemps, les rives les plus basses se trouvent à sec depuis le commencement de janvier jusqu’au 29 mars. Les arraous se rassemblent en troupes nombreuses dès le mois de janvier ; elles sortent de l’eau et se chauffent au soleil ; d’après les Indiens, une forte chaleur est nécessaire à l’éclosion des œufs. Pendant le mois de février on trouve les arraous sur la rive pendant presque toute la journée. Au commencement de mars, les troupes disséminées se réunissent pour nager vers les îles sur lesquelles elles ont l'habitude de pondre ; il est probable que les tortues reviennent chaque année exactement au même point. Peu de jours avant la ponte, on voit ces animaux disposés en longues rangées sur les bords des iles Cucuruparu, Teruana et Pararuna; elles tendent leur cou et tiennent leur tête hors de l’eau pour s’assurer qu'elles n’ont rien à craindre ni des tigres ni des hommes. Les Indiens, qui ont'grand intérêt à ce que ces troupeaux rassemblés demeurent agglomérés, disposent le long de la rive des sentinelles dont le but est d'empêcher ces animaux de se disperser, et de veiller à ce que leur ponte puisse s'effectuer paisiblement. On ordonne aux embarcations de se maintenir au milieu du fleuve et de ne pas effaroucher les tortues par des cris.

Les œufs sont toujours pondus pendant la nuit, mais cette ponte commence immédiatement après le coucher du soleil. A l’aide de ses pattes postérieures, munies de griffes très longues et recourbées, l'animal creuse un trou d’un mètre de largeur et de soixante centimètres de profondeur, dont il arrose les parois de son urine, afin de consolider le sable, ainsi que le disent les Indiens. Ces tortues sont parfois tellement pressées de pondre que plusieurs d’entre elles déposent leurs œufs dans les trous que d’autres ont creusés sans avoir pu encore les recouvrir de terre; elles forment ainsi une seconde couche d'œufs superposés à une première couche également fraiche. Dans leur précipitation elles cassent un tel nombre d'œufs que la perte qui en résulte équivaut, d’après ce que nous a montré le missionnaire, au tiers de toute la récolte. Nous trouvàmes du sable quartzeux et des débris de coquilles agglomérés au milieu du jaune répandu hors des œufs. Le nombre des animaux qui creusent la rive pendant la nuit est si grand que plusieurs d’entre eux sont surpris par le jour avant d’avoir pu terminer leur ponte. Ils se hâtent alors davantage de se débarrasser de leurs œufs et de recouvrir les trous, afin que les tigres ne puissent les voir. Ces tortues retardataires ne songent alors aucunement au danger qui les menace elles-mêmes ; elles achèvent leur travail sous les yeux des Indiens qui arrivent de bonne heure et qui les appellent « les tortues folles. » Malgré la brusquerie de leurs mouvements on s’en empare aisément à l’aide des mains.

Les trois campements d’Indiens dans les endroits précités se forment dans les derniers jours de mars ou dans les premiers jours d’avril. La récolte des œufs se fait chaque fois de la même manière et avec la régularité qui règne dans tout ce qui dépend des institulions monacales. Avant l’arrivée des missionnaires auprès de ce fleuve, les indigènes recueillaient en quantité moindre ce produit que la nature fournit ici en si grande abondance. Chaque peuplade fouillait la rive à sa guise; un grand nombre d'œufs étaient brisés volontairement parce que les forages élaient exécutés sans précaution et qu'on découvrait plus d'œufs qu’on n’en pouvait emporter. On aurait dit une mine exploitée par des mains inhabiles. Les jésuites ont eu le mérite de régler cette exploitation. Ils s’opposèrent à ce qu’on fouillât la rive entière; ils en firent respecter toujours une parlie, craignant que les tortues soient notablement réduites en nombre, sinon anéanties. Aujourd’hui on remue le rivage entier sans aucun égard pour cette considération, et l'on pense que les récoltes diminuent d'année en année.

Une fois le campement établi, le missionnaire nomme un représentant qui répartit en Jots l'étendue de terrain où reposent les œufs, suivant le nombre des tribus indiennes. Il commence son travail en explorant avec sa perche l'étendue de la couche d'œufs dans le sol. D’après nos mesures, cette couche s'étend jusqu’à quarante mètres du bord et présente une épaisseur moyenne d’un mètre. L’employé en question délimite le terrain dans lequel chaque tribu devra travailler. Ce n’est pas sans surprise qu’on entend parler

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ici du rapport de la récolte des œufs estimé comme celui d’une récolte de moisson. Une étendue sur dix mètres de large fournit de l’huile pour une centaine de cruches, c’est-àdire un millier de francs. Les Indiens creusent le sol avec leurs mains et entassent leurs œufs dans de petites corbeilles appelées mappiri; ils les portent ainsi dans leurs camps et les jettent dans de grandes auges en bois remplies d’eau. Là-dedans ils broient ces œufs et les remuent à l’aide de pelles, puis ils les exposent au soleil jusqu’à ce que la partie huileuse, le jaune de l'œuf, qui surnage, soit devenue épaisse. Ils puisent cette huile et la cuisent sur un bon feu; plus elle est cuite et mieux elle se conserve. Bien préparée, elle est claire, sans odeur, à peine jaunâtre. Les missionnaires l’apprécient autant que la meilleure huile végétale, On l’emploie non seulement pour l'éclairage, mais encore , et de préférence, pour la cuisson, car elle ne donne aucune espèce de saveur désagréable aux mets. Toutefois il est fort difficile d'obtenir une huile de tortue parfaitement pure ; le plus souvent elle conserve une odeur de pourriture; cela tient à ce que parmi les œufs on en emploie parfois dans lesquels les tortues ont déjà atteint un degré de développement avancé.

Les rives de l’Uruana fournissent annuellement mille cruches d'huile; la cruche vaut à Angostura de 2 piastres à 3 piastres et demie. La quantité d'huile fabriquée s’élève annuellement à 5000 cruches ; comme il faut 200 œufs pour obtenir une bouteille d'huile, 500 œufs donnent une cruche d'huile ; en admettant que chaque tortue ponde de r00 à 116 œufs et qu’un tiers de ces œufs se trouve brisé pendant la ponte, surtout par les « tortues folles », on peut conclure que pour remplir 3 000 cruches d'huile, 30300 arraous ont dù pondre sur les trois îles où se fait la récolte, environ 33 millions d'œufs.

La quantité d'œufs qui éclosent avant l’arrivée de l’homme est si considérable que j'ai vu dans le gisement d’'Uruana, sur toute la rive de l’'Orénoque, grouiller de jeunes tortues, d’un pouce de large, qui échappaient à grand'peine aux poursuites des enfants indigènes.

Les jeunes tortues brisent leur coquille pendant le jour ; mais on ne les voit émerger du sol que pendant la nuit. D’après les Indiens, elles craignent la chaleur du soleil. Les indigènes voulurent nous montrer comment les petites tortues trouvent immédiatement le chemin le plus court vers la rivière, alors même qu’on les a transportées dans un sac loin du bord et qu’on les a posées à terre, tournant le dos à la rive. J'ai constaté que cette expérience, que le Père Gumilla a déjà rapportée, ne réussit pas toujours également bien ; néanmoins il m’a semblé qu'ordinairement ces jeunes animaux, alors même qu'ils se trouvaient très loin du bord ou dans une île, pouvaient flairer d’où soufflait l'air le plus humide. Quand on songe à quelle distance la couche d'œufs s'étend presque sans interruption sur la rive et à combien de milliers s'élève le chiffre des tortues qui vont à l’eau aussitôt après leur éclosion, on ne peut guère admettre que toutes les mères qui ont creusé leurs nids dans le même lieu puissent retrouver leurs petits et les conduire dans les lacs de l’Orénoque comme font les crocodiles. Ce qui est certain, c’est que la tortue passe les premières années de sa vie dans les lacs les moins profonds, et qu’ellene va dans le grand lit du fleuve qu'à sa maturité. Comment donc les petits trouvent-ils ces lacs? Y sont-ils menés par les tortues femelles qui accueilleraient les premiers qu'elles rencontrent ? L’arraou reconnaît sûrement aussi bien que le crocodile l’endroit où elle a fait son nid ; mais comme elle n’ose s'approcher du bord quand les Indiens commencent à exploiter ces gisements, comment pourrait-elle distinguer le sien de ceux des autres ? Les Otomaques prétendent avoir vu de petites tortues femelles, à l’époque des hautes eaux, suivies d’un nombre assez considérable de petits; c’étaient des tortues qui avaient pondu seules sur une rive isolée et qui avaient pu y revenir. Les mâles sont rares maintenant parmi les arraous : on en trouve à peine un parmi plusieurs centaines. On ne peut expliquer le fait ici comme on le fait pour les crocodiles, qui se livrent à l’époque du rut des combats sanglants.

La récolte des œufs et la préparation de l'huile durent trois semaines, et c’est pen-

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