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dant cette période seulement que les missionnaires sont en relation avec la côte et les pays civilisés dans le voisinage. Les franciscains, qui vivent au sud des cataractes, viennent assister à cette récolte, moins pour se procurer de l'huile que pour voir quelques visages blancs. Les marchands d'huile gagnent 60 à 70 °/,, Car les Indiens leur vendent la cruche 1 piastre, et les frais de transport ne s'élèvent qu’à un cinquième de piastre par cruche. Tous les Indiens qui prennent part à cette récolte rapportent aussi des masses d'œufs séchés au soleil ou légèrement cuits. Nos rameurs en avaient toujours dans leurs corbeilles ou dans leurs petits sacs en coton. Ces œufs, tant qu'ils sont bien conservés, n'ont pas une saveur désagréable. ”
Ce qui caractérise surtout les tortues marines (Jig. 159), dont nous avons à nous occuper maintenant, c'est le grand développement et la structure spéciale de leurs = —— — — = membres qui, au lieu
ch a —— dé OrMmem desk mois gnons arrondis, sont représentés par de larges palettes, sans doigts distincts, en un mot par de véritables nageoires. En outre, la carapace n’est pas uniformément bombée, comme chez les espèces terrestres, mais très aplatie et plus élargie en avant qu'en arrière, de manière à figurer un
Fig. 159. — Tortue caret, Une victime de la coquetterie des femmes... et des hommes. On la chasse Cœur. Cette carapace
pour son écaille si brillante et dont on fait de si jolis objets. est, par rapport au
reste du corps, fort réduite ; ni les membres, ni la tête ne peuvent se cacher à son intérieur.
Ces animaux, quoique aquatiques, ne peuvent respirer que l'air en nature. Quand ils veulent absorber de l'oxygène, ils sont obligés de venir à la surface. La provision une fois faite, ils replongent : les orifices externes de leurs narines sont pourvus d’une soupape qui se rabat sur elles et ne permet pas à l’eau de pénétrer dans les poumons.
Quant à la tête, elle a une forme toute spéciale, presque quadrangulaire dans la région des yeux. Les mâchoires sont extrêmement robustes, mues par des muscles puissants et garnies d’un rebord corné, crochu en avant, qui les a fait comparer à un bec d'oiseau de proie. Leur nourriture consiste surtout en herbes marines, ainsi qu'en crustacés et mollusques.
Les tortues marines vivent’souvent par bandes, nageant en pleine mer et ne se rapprochant des côtes que pour y déposer leurs œufs. On les rencontre parfois à plusieurs centaines de kilomètres des continents. Elles nagent non loin de la surface
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avec une rapidité sans pareille, s'enfonçant à la moindre alerte, mais cherchant peu à se défendre quand on les a prises.
Au moment de la ponte, toute la bande des tortues se rapproche d’une côte, toujours la même, ordinairement celle d'un îlot inhabité et sablonneux. Les mâles restent dans l’eau ; les femelles seules se rendent à terre. Après avoir choisi un endroit favorable, elles se mettent en devoir de creuser le sol avec leurs pattes de derrière et d'y déposer environ une centaine d'œufs. Pendant tout le temps que dure cette opération, les tortues se montrent aussi peu craintives et aussi peu méfiantes qu'elles l’étaient plus auparavant. Le prince de Wied, qui a eu l’occasion d’assister à une de ces pontes, raconte que sa présence et celle des matelots ne les gênaient nullement ; on pouvait les toucher et les soulever, crier à côté d’elles, sans qu’elles manifestassent aucun sentiment hostile. Quand les œufs sont déposés dans le trou qu’elles ont creusé, les femelles les recouvrent de sable et retournent vers la haute mer.
Le soleil des régions torrides suffit à l’éclosion des œufs. En moins de trois semaines, les petites tortues éclosent, et poussées par le même instinct qui conduit les canards à l’eau, elles se rendent à la mer. Beaucoup d’entre elles périssent dévorées qu'elles sont par les crocodiles, les oiseaux carnassiers et les poissons, contre la voracité desquels ne peut les protéger leur carapace encore molle. Sans nul doute, c'est pour neutraliser en partie ces dangers multiples de destruction que la ponte est si nombreuse.
La chasse des tortues marines est très lucrative. Beaucoup d’indigènes de la zone torride les recherchent pour leur chair, leur graisse, leurs œufs, leur carapace et leur écaille. Quelquefois, ils vont les chasser en pleine mer, en les capturant à l’aide de filets à larges mailles, désignés sous le nom de folles, ou en les harponnant quand elles viennent respirer à la surface de la mer. Plus souvent, on profite du moment où les femelles viennent pondre à terre ; les endroits et les époques sont connus depuis fort longtemps. Les chasseurs se cachent et quand les tortues ont suffisamment pénétré dans les terres, ils sortent et se hâtent de les retourner sur le dos, à l’aide de leviers. Dans cette position, l’animal a beau s’agiter, il ne peut se sauver. Le lendemain, on les transporte sur les navires où on les laisse sur le dos, pendant une vingtaine de jours, en les arrosant de temps à autre avec de l’eau de mer. Après quoi, on les dépose dans des parcs pour les retrouver au besoin.
On transporte les tortues en Europe, vivantes, sur le dos, sans leur donner aucune nourriture. À l’arrivée, on leur coupe la tête et on laisse le sang s’écouler ; elles sont dèslors bonnes pour faire ces fameuses soupes à la tortue, si appréciées des gourmets. De la graisse on retire une huile qui sert aux usages alimentaires ou à la préparation des cuirs. Enfin, la principale matière que l’on extrait des tortues de mer est l’écaille. Voici les détails que donnent Duméril et Bibron sur la manière de travailler les écailles que l’on détache à l’aide de la chaleur :
D'abord les lames de l’écaille, au moment où on les détache de la carapace, présentent différentes courbures ; elles sont d’épaisseur inégale et, malheureusement, elles sont souvent trop minces, au moins dans une grande partie de leur étendue.
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Pour les redresser, il suffit de les laisser plonger dans de l’eau très chaude ; après quelques minutes de cette immersion, on peut les retirer et les placer entre des lames de métal ou entre des planchettes d’un bois compact, solide et bien dressé, : au milieu desquelles, au moyen d’une pression convenable, on les laisse refroidir ; dans cet état elles conservent la forme plate que l’on désire. Après les avoir ainsi étalées, on les gratte, on les aplanit avec soin, à l’aide de petits rabots, dont les lames dentelées sont disposées de manière à obtenir, par leur action bien ménagée, des surfaces nettes avec la moindre perte de substance qu’il est possible d’obtenir.
Quand ces plaques sont amenées à une épaisseur et à une étendue suffisantes, elles peuvent être employées chacune séparément, mais cependant le plus souvent sn on les soumet encore "à à une préparation que nous allons faire con-
naître. Par exemple, quand elles sont trop
minces ou quand elles n'ont pas la longueur et la largeur désirables, on emploie des procédés à l’aide desquels, tantôt, pour obtenir de plus gran- SN RE EE des lames, on en soude LS BR spa ce deux entre elles, de Fig. 160. — La luth. manière que les par- Une tortue marine singulièrement corsetée. : ; 3 lies minces de l’une correspondent aux plus épaisses de l’autre et réciproquement; tantôt, en taillant les bords de deux ou trois pièces en biseaux réguliers de 2 ou 3 lignes de largeur, on place ces bords avivés les uns sur les autres. Dans cet état, on dispose les lames légèrement rapprochées à l’aide d’une petite presse, dont on augmente l’action quand le tout est plongé dans l’eau bouillante, et, par ce procédé, on les fait se confondre ou se joindre entre elles, de telle sorte qu’il devienne impossible de distinguer la trace de cette soudure.
C'est presque constamment au moyen de la chaleur de l’eau, en état d’ébullition, qu'on obtient ces effets. La matière de l’écaille se ramollit tellement qu'on peut agir sur elle comme sur une pâte molle, mais une pâte flexible et ductile à laquelle on imprime par la pression dans des moules métalliques toutes les formes désirables ; des goujons ou repères, reçus dans des trous correspondants, maintiennent les pièces en rapport. Quand elles sont arrivées au point convenable, on retire l'appareil et on le plonge dans l’eau dont la température est très basse et où il reste assez longtemps pour que la matière conserve, par le refroidissement, la forme qu'elle a reçue.
L'opération de la soudure s'obtient par un procédé qui dépend de la même propriété dont jouit l’écaille de se ramollir sous l’action de la chaleur. L'ouvrier taille