LES INOCULATIONS ET LES OBSERVATIONS
1° En 1926, CARPENTER (5) a étudié 10 cas de fièvre ondulante chez l’homme. Au moyen d’hémoculture et d’agglutination, il trouve à l’origine la Brucella abortus.
À 5 génisses pleines et neuves, provenant d’étables indemnes,
- il inocule par voie intraveineuse 10 ce. d’une suspension en solution saline de 5 souches de ces germes, isolés des hommes
malades.
Résultat : toutes les 5 femelles avortent dans l’espace du 5° au 20° jour, après l’ inoculation. Le bacillus fut retrouvé dans chaque cas dans le collostrum, dans le fœtus, et dans la placenta. Une génisse gardée au 231° jour après l'avortement éliminait Brucella en grand nombre par le lait.
2° BrrcH et GILMAN (3) isolent Brucella bovis dans quatre cas typiques de la fièvre ondulante de l’homme. Leurs souches servent à l'infection expérimentale de 7 génisses gravides et une non gravide.
Résultat : 4 femelles avortent, la cinquième met bas dans
266 jours, la sixième dans 274 jours. Toutes les 7 éliminent Bru-
cella bovis dans le colostrum, 6 dans l’exsudat utérin. Les 4 avortons contiennent ces germes. On n’a pas examiné les sécrétions de la génisse non gravide. Les auteurs ont fait par la méthode de coloration de HUDDLETON l'identification des souches utilisées pour infecter les animaux et des germes éliminés par ses émonctoires. C'était toujours Brucella abortus bovis. Le titre du sérum après l'infection fut au début de 1 pour 50, puis s’éleva à un
maximum de 1 p. 6.400, 1 pour 51. 200, 1 pour 800, 1 pour 400,
1 pour 1.600, 1 p. 200, 1 pour 6.400 et 1 pour 3.200. Les expérimentateurs ont constaté que « les syndromes pro-
RTE NE
voqués chez les génisses furent identiques à ceux observés dans l'infection par Brucella bovis dans les conditions naturelles et à
ceux causés par l'infection artificielle d’autres BRPUReS par des
souches de Brucella isolées du bovin ». ’ 8° PoppE cite une autre démonstration de virulence des cul: tures humaines, faite par BANG; l’inoculation a provoqué l’avortement de la vache pleine dans un délai de 5 à 29 jours. Les bacilles ont été retrouvés dans le fœtus, le placenta et le lait. 4° A. Evans (cité par RINJARD, 17) avait inoculé une vache au
4° mois de sa gestation, avec un tube de culture de micrococcus
melitensis provenant de l’homme malade. Elle a provoqué l’avortement dans un mois et demi. Le microcoque était retrouvé dans le colostrum, dans l’estomac du fœtus et le liquide péritonéal.
O. HuzTEN en 1933 (10) fait l’examen du sang d’un troupeau qui n’a jamais été touché par la brucellose; l’examen donne des résultats négatifs, tous les animaux sont indemnes. On les pro-
tège contre la contamination « par toutes les précautions indi-
quées », de façon à ce que l'infection de la ferme puisse être faite ni par la contagion directe ou indirecte.
Malgré toutes les précautions, cinq mois plus tard, on diagnos-
tique la brucellose chez une vache, qui avorte. Bientôt c’est une autre qui avorte. Huit mois après le premier avortement, l’examen est positif chez 6 animaux sur un troupeau de 43.
HULTEN cherche les causes de contamination et il trouve que « cinq mois avant le premier cas d’avortement, une nouvelle vachère avait été engagée dans l’exploitation. Quelques mois auparavant, elle était restée longtemps à l’hôpital par suite de fièvre ondulante. Elle était encore en traitement pour de l’anémie lors de son entrée en service, et un an après la première atteinte de la maladie elle présente un nouvel accès dans la ferme ».
6° Le P' J. SENDRAIL nous cite une autre contamination des animaux par l’homme observée par ZAMM1r, le Directeur de l’hô-
pital à l'Ile de Malte. Ici étaient soignés les militaires anglais”
atteints de la fièvre ondulante. En promenade, ils venaient souvent uriner sur l'herbe du pâturage. Les troupeaux de chèvres venaient paître cette herbe souillée. ZAMMITr notait cette observation et bientôt, il démontrait qué c'était un mode de contagion pour les chèvres.