‹ Les animaux victimes des infections humainesChapitre 22 sur 30 · MALADIE DE CARRÉ · texte numérisé non relu

MALADIE DE CARRÉ

L'hypothèse de la réceptivité de l’homme pour la Maladie de CARRÉ fut émise d’abord par ZIELINSKI, puis par Ch. NICOLLE.

Il était difficile d'admettre l’idée de Z1ELINSKI. A-t-on entendu dire que l’espèce humaine pouvait être atteinte de la maladie du jeune chien? Quels sont donc les symptômes de ce nouveau mal?

Le mal n’est pas nouveau pour nous, il n’est pas grave, mais il ne se traduit par aucun symptôme appréciable : c’est une maladie inapparente.

Cette maladie s’est éteinte chez l’homme, comme s'éteint actuellement, chez lui, la fièvre jaune. Elle n’est plus nocive, æ c’est le chien qui en a'‘hérité.

« Quand deux espèces sont sensibles — dit Ch. NicOLLE — à un virus, l’une sous forme nette, l’autre sous forme atténuée ou inapparente, la maladie est plus ancienne dans le secénd cas. »

Pour mieux comprendre le triste rôle que nous jouons pour l’espèce canine dans son fléau, suivons cette expérience : injectons le virus de CARRÉ à un jeune chien. La fièvre apparaît, dure deux jours, la maladie classique évolue. Prenons 5 cc. de sang défibriné d’un chien malade, inoculons-les à un homme, un jeune singe et un jeune chien. Ni l’homme, ni le singe ne présentent aucun symptôme. Prélevons ensuite le sang de l’homme et du singe et inoculons-le aux jeunes chiens neufs. Le sang du singe ne sera pas virulent. Mais le chien inoculé avec le sang de l’homme contractera la maladie du jeune âge typique qui pourra être transmise aux autres jeunes témoins de l’espèce canine.

C'est la fameuse expérience de Charles NicoLcEe. L'homme contaminé par un chien malade devient un magasin du virus de CARRÉ d’autant plus redoutable qu’on ne le soupçonne pas, parce qu'il ne présente aucun symptôme. Peut-être est-ce la raison

principale pour laquelle la maladie est tellement répandue parmi les chiens.

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